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République tchèque : Karel Kosik (1926-2003), philosophe


mardi 15 avril 2003

 

Karel Kosik, philosophe tchèque


Karel Kosik, est mort, vendredi 21 février 2003 à Prague, à l'âge de 76 ans. Il est non seulement un des plus importants philosophes de la deuxième moitié du XXe siècle, mais aussi un de ceux qui ont le mieux incarné l'esprit de résistance de la pensée critique.

Karel Kosik est né à Prague le 26 juin 1926. Comme jeune militant du Parti communiste tchèque, il participe à la lutte clandestine de résistance contre le nazisme. Arrêté par la Gestapo en 1944, Kosik sera d'abord enfermé dans la prison de Pankacic et ensuite déporté au camp de concentration de Terezin, où il restera jusqu'à la fin de la guerre.

Après la libération de la Tchécoslovaquie, Kosik choisit d'étudier la philosophie. Il est devenu mondialement connu après la publication de son livre Dialectique de concret (Prague, 1962). Au cours des années 1960, Kosik va développer en Tchécoslovaquie une intense activité politico-philosophique, qui culmine dans le "Printemps de Prague" :membre de l'Institut de philosophie de l'Académie des sciences, professeur de la faculté de philosophie de l'université carolingienne de Prague, il participe aussi au conseil dirigeant de l'Union des écrivains tchèques et dirige son prestigieux périodique Literaturni Noviny.

Animateur du Club de la pensée critique, et directeur de la revue Plamen, Karel Kosik apparaît en 1968 comme une des principales figures intellectuelles du "Printemps de Prague". Suite à l'invasion soviétique d'août 1968, il est élu au comité central du Parti communiste tchécoslovaque lors de son XIVe congrès (clandestin).

Après la "normalisation" soviétique du pays à l'automne 1969, il fut exclu du Parti Communiste et de son poste à l'université, sous l'accusation de " déviationnisme de gauche ". En 1972, il est emprisonné et longuement interrogé, et en avril 1975 la police revient à la charge, perquisitionnant sa maison pendant six heures et confisquant autour de mille pages de manuscrits de deux livres en préparation, De la pratique et De la vérité. Malgré les protestations internationales, il restera un proscrit dans son propre pays, jusqu'à la chute du régime bureaucratique en 1989.

Grâce à la "révolution de velours", Karel Kosik retrouve son poste de professeur à l'Université. Mais, après vingt années d'opposition au régime bureaucratique, il devient assez vite un opposant aux nouveaux gouvernements de droite qui arrivent au pouvoir. Résultat : le nouveau régime, va l'exclure de son poste universitaire, exactement comme en 1969, mais cela n'empêchera pas Kosik de continuer à penser et à écrire : ses travaux des années 1990 - dont certains furent publiés en France dans la revue Messager européen - témoignent du renouveau de sa réflexion critique sur la modernité.

Ceux parmi nous qui ont eu la chance de le connaître personnellement ont été frappés par sa modestie, sa générosité, son sens de l'humour et l'actualité de son esprit critique face aux réalités sociales et culturelles en République tchèque et dans le monde.

(Michael Löwy, Le Monde, le 1er mars 2003)



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