Géorgie, Russie, URSS : biographie de Joseph Djougachvili (1879 - 1953), dit Staline
jeudi 3 septembre 2009, par Mirian Méloua
Joseph Djougachvili est né à Gori, en Géorgie, en 1879. Il effectue des études au "petit séminaire" sous la conduite de pères chrétiens orthodoxes.
En 1898, il rejoint le Parti ouvrier social démocrate de Géorgie, où après la fusion de ce dernier avec le Parti social démocrate de Russie, il s'engage dans la fraction bolchévique dirigée par Vladimir Oulianov, dit Lénine. Cette fraction défend la dictature du prolétariat par la révolution et le parti unique, par opposition à la fraction menchévique, réformiste, prônant un régime parlementaire et le multipartisme.
Après la révolution d'octobre 1917, à Pétrograd, il devient Commissaire du Peuple aux Nationalités.
En 1922, il devient Secrétaire général du Parti communiste et progressivement évince ses rivaux avant et après la mort de Lénine (Kamenev, Zinoviev, Trotski, Boukharine, Rykov ...).
La police politique, la Tchéka, puis le Guépéou, puis le NKVD (qui deviendra le KGB en 1954), met en place un régime de terreur : la pratique de la torture, les procès truqués et l'enfermement dans les camps, les goulags, annihilent les récalcitrants.
L'idéologie soviétique, la collectivisation des terres, le développement de l'industrie lourde et la deuxième guerre mondiale lui fournissent des prétextes à la déportation des gêneurs ; parfois des peuples entiers sont envoyés en Sibérie lors d'opérations militaires de grande envergure.
Au final, plusieurs dizaines de millions de citoyens soviétiques trouvent la mort.
Après avoir conclu un pacte de non agression avec Hitler (1939 à 1941) et devant l'attaque allemande impromptue (opération Barbarossa), il est dans l'obligation de rejoindre les Alliés. L'Armée rouge subit d'énormes pertes et fait subir d'énormes pertes, mais elle gagne la guerre germano-russe.
En 1945, à Yalta, il fait entériner à Roosevelt et à Churchill l'extension du périmètre d'influence de l'URSS en Europe orientale et en Europe centrale (Bulgarie, Hongrie, Moldavie, Pays baltes, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, ...) ainsi que dans les Balkans (création de la Fédération de Yougoslavie), la neutralité de l'Autriche et de la Finlande, le partage de l'Allemagne.
Il organise ensuite "la guerre froide" contre les pays occidentaux, afin d'essayer de s'assurer une certaine hégémonie mondiale. il engage un effort d'armement important, met en place un système de propagande élaboré et finance les partis communistes nationaux à l'étranger.
Il meurt en 1953. Les obsèques du "petit père du peuple" sont grandioses.
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Dans un premier temps, le dictateur n'est regretté ni à l'extérieur de l'URSS, ni à l'intérieur de l'URSS (à l'exception de sa ville natale de Gori qui abrite un musée à sa mémoire) : son action est condamnée, non seulement par les démocraties occidentales, mais par l'ensemble des partis communistes du monde entier.
Plus récemment, le pouvoir russe n'hésite pas à rappeler les symboles de l'époque stalinienne, époque durant laquelle la Russie -par le biais de l'URSS- constituait une puissance mondiale de premier plan :
en 2000, la Banque centrale russe émet plusieurs centaines de pièces de collection en argent à l'effigie de Staline,
en 2003, Sergueï Mikhalkov, auteur des paroles de l'hymne soviétique en 1944 et de celles de l'hymne russe en 2000, "stalinien" convaincu, est décoré,
en 2009, lors de la restauration du métro de Moscou, la station Kourskaïa retrouve son inscription gravée dans la pierre : "Staline nous a inspiré la foi dans les peuples, le travail et les exploits".
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