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Géorgie et France : Constantiné Kandélaki (1883-1958), révolutionnaire et ministre


mercredi 20 octobre 2010, par Mirian Méloua

Constantiné Kandélaki, dit Kotsia (1), est né en Géorgie en 1883.

Jeune ouvrier, il adhère au mouvement social démocrate, qui réunit encore un temps la tendance menchévique prônant la voie parlementaire avec Martov (majoritaire dans le Caucase) et la tendance bolchevique prônant la dictature du prolétariat avec Lénine.

Révolutionnaire

En novembre 1901, il accueille à Batoumi Joseph Djougachvili, dit Sosso, et participe avec lui à des réunions politiques clandestines (2).

Le 4 janvier 1902, il est le témoin de l'incendie des installations Rotschild dont il attribue la responsabilité à Joseph Djougachvili dans ses Mémoires, bien que ce dernier soit en contact secret avec la direction de ces établissements.

En janvier et février 1902, il participe à l'installation d'une presse d'imprimerie clandestine - et itinérante afin d'échapper à la police secrète du tsar Nicolas II, l'Okhrana- et distribue des tracts appelant à la grève les ouvriers de chez Rotschild.

Le 7 mars 1902, toujours à Batoumi, sous l'impulsion de Joseph Djougachvili, il conduit une garde de partisans -essentiellement des Gouriens, ouvriers d'origine paysanne- et attaque la prison de la ville afin de libérer les grévistes arrêtés. Les Cosaques chargent :

"... Des rafales de balles retentirent. Tout le monde courait et hurlait. Des gens tombaient sur le sol. C'était la panique, l'enfer absolu. La place bientôt désertée était jonchée de morts et de mourants qui gémissaient sous les yeux des soldats. Les mourants criaient de l'eau ou à l'aide ..."

30 morts et 54 blessés sont dénombrés.

Il est arrêté et emprisonné en avril. Il obtient du médecin de la prison d'être interné à l'infirmerie en compagnie de Joseph Djougachvili. Le 17 avril, il participe à une violente manifestation contre la visite aux prisonniers de l'Exarque de l'Eglise orthodoxe géorgienne.

Nicolas Tchéidzé, directeur de l'hôpital de Batoumi, l'un des fondateurs du Parti ouvrier social-démocrate géorgien, condamne ces actions estimant qu'elles font le jeu des autorités tsaristes.

Ministre

La République démocratique Géorgienne est proclamée le 26 mai 1918.

En février 1919, il est appelé au poste de ministre des Finances, du commerce et de l'industrie dans le second gouvernement du second président du Conseil des ministres, Noé Jordania, gouvernement homogène social démocrate après que les ministres sociaux fédéralistes et nationaux démocrates se soient retirés.

En violation avec le traité de non-agression du 7 mai 1920, les armées de la Russie soviétique envahissent la Géorgie en février 1921.

L'exil

Le 17 mars, Contantiné Kandélaki prend le chemin de l'exil avec le gouvernement : il rejoint bientôt la France.

Après 1933, il devient trésorier de l'Office des réfugiés géorgiens en France, et -un temps- gérant de la Société civile immobilière du Château de Leuville, résidence d'exil de la classe dirigeante géorgienne.

Il publie articles et documents, ainsi que ses mémoires, dont

"The Georgian question before the free world", Paris, 1953.

Il meurt en 1958, et repose dans le "carré géorgien" du cimetière communal de Leuville-sur-Orge.

Notes :

(1) Constantiné Kandélaki ne doit pas être confondu avec David Kandélaki, émissaire secret envoyé par Staline à Hitler en 1936 afin de préparer un accord entre l'URSS et l'Allemagne nazie, démarche qui aboutira au pacte Molotov-Ribbentrop de 1939.

(2) La ville de Batoumi compte 16 000 ouvriers géorgiens, arméniens, grecs, perses, russes et turcs oeuvrant dans l'industrie pétrolière (oléoduc reliant Bakou, raffineries, port) et dans l'exportation du manganèse, du réglisse et du thé. Les Nobel et les Rotschild -branche française- contrôlent ces activités.

(3) D'après un témoignage cité par Simon Sebag Montefiore, "Le Jeune Staline", Edition Calmann-Levy, 2008.

*

Sources multiples :

-  Archives familiales

-  Archives de l'Office des réfugiés géorgiens en France

-  Géorgie, bibliographie : histoire, témoignages et romans historiques

-  Internet dont David Marshall Lang, Levan Urushadze, Marxistes, Wikipedia.

Voir aussi :

-  Géorgie : les partis politiques avant 1991

-  La Ière République de Géorgie (1918-1921)

-  La Ière République de Géorgie en exil en France

-  photographie de Constantiné Kandélaki aux obsèques de Nicolas Tchéidzé, en 1926, à Paris

http://www.samchoblo.org/agf_gouver...

-  Le "carré géorgien" du cimetière communal de Leuville-sur-Orge



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