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La vie associative de la communauté russe (avril 2003)


mercredi 30 avril 2003

 

La vie associative de la communauté russe aujourd'hui


Une distinction s'impose entre les associations héritées de la Première Guerre Mondiale et les créations récentes.

Les anciennes associations

Si les associations héritées des années 20 sont historiquement les plus importantes (elles sont encore les plus couramment citées lorsque l'on s'enquiert des associations russes en France), elles sont rarement dynamiques aujourd'hui. Cet essoufflement est très marqué pour les associations militaires. Encore très nombreuses (le Guide de Ponfilly en recense une douzaine), elles ont mal supporté la disparition de la plupart de leurs membres (anciens combattants, officiers du régiment de la Garde Impériale, anciens élèves des corps de Cadets...). Actuellement, leurs activités sont d'ordre essentiellement commémoratif ou elles sont attachées à la perpétuation d'une mémoire collective. D'autres existent encore sans n'avoir plus de réelle vie associative. C'est le cas par exemple de l'Union Cosaque, dont les activités se bornent aujourd'hui à l'entretien des tombes cosaques du cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.

Les associations professionnelles n'ont guère mieux résisté aux années. La seule dont nous ayons eu connaissance, l'Association des Ingénieurs Diplômés Russes de France, créée en 1920, subsiste comme un lieu de rencontres et d'échanges assez informels entre professionnels, sans faire preuve d'un véritable dynamisme associatif. Les membres sont relativement âgés et les jeunes générations peu intéressées par les réunions et les conférences qui y sont organisées.

Les associations de jeunesse, dont l'essentiel des préoccupations consiste à mettre en place chaque année des camps de vacances, connaissent aussi un certain déclin. Si nous n'avons pas pu rencontrer les représentants des Sokol ni ceux des Eclaireurs, les échos qui nous en sont parvenus nous ont fait augurer un sort comparable. Les Vitiaz qui mobilisèrent autrefois jusqu'à plusieurs milliers de personnes, accueillirent cette année quatre vingts enfants. L'intégration des jeunes qui, nés de mariages mixtes, ont souvent perdu l'usage du russe explique en partie cette désaffection. En outre, les motivations religieuses et patriotiques de l'organisation ont moins cours aujourd'hui. Les valeurs et les traditions transmises aux enfants durant les stages d'été ne sont plus vécues très profondément et sont davantage ressenties comme les éléments d'un folklore sympathique. D'autres considèrent qu'en restant attachée à ses engagements premiers, l'association n'a pas pu évoluer et s'adapter aux goûts et aux attentes des nouvelles générations de Français d'origine russe. La possibilité de se rendre librement en Russie a aussi porté un coup à l'association. Les Scouts russes de France connaissaient une évolution analogue avant de passer le relais aux Scouts russes de Russie. N'ayant pas la coloration religieuse ni monarchiste des Vitiaz, les Scouts expliquent cette évolution essentiellement par les progrès de l'intégration qui rendaient de plus en plus inutile la reconstitution chaque été d'un creuset russe.

Les associations caritatives connaissent également des difficultés, liées le plus souvent à l'absence de relève au niveau du personnel et au manque de moyens financiers qui les condamnent à des actions de faible ampleur, alors que les besoins, du fait notamment de la quatrième vague, sont énormes. Il faut mentionner à cet égard le Centre Culturel et Spirituel du Moulin de Senlis, dont le centre d'aide, créé après la Seconde Guerre Mondiale pour porter secours aux réfugiés, avant d'être transformé en orphelinat jusqu'aux années 70, s'efforce d'aider les derniers arrivants en provenance de Russie, en mettant à leur disposition des chambres à loyer modéré, en leur fournissant conseils et soutien. Si les associations d'entraide n'ont guère le vent en poupe, il faut réserver une place particulière à l'Action Chrétienne des Etudiants Russes, unanimement reconnue comme une des associations russes les plus importantes en France. Ses activités se partagent entre l'édition (YMCA Press - Les Editeurs Réunis), l'organisation de camps pour enfants orthodoxes, un cercle d'aide aux émigrés et un département d'aide sociale à la Russie (ACER-RUSSIE) qui se consacre au soutien d'associations caritatives russes par le financement de programmes d'aide, l'organisation de séminaires et de conférences de formation dans le domaine social, à l'édition, la formation religieuse (aide à des instituts de théologie), et à l'octroi d'une aide humanitaire à la Russie. L'activité de l'ACER-RUSSIE est très soutenue : six à sept mille donateurs soutiennent les différentes initiatives pour aider la Russie.

Pour l'ACER, les perspectives les plus nombreuses sont liées à la religion orthodoxe, à la volonté d'obtenir pour elle une reconnaissance en tant que religion française et de créer un vaste mouvement orthodoxe (dont l'association parisienne serait une des composantes), afin de permettre une prise de position, au nom de l'orthodoxie, dans les débats et les problèmes de solidarité nationale. A cet égard, l'Institut Saint Serge manifeste une évolution comparable, considérant que son avenir est dans l'enseignement de la religion orthodoxe, entendue comme une des religions de France et non comme la seule religion de la communauté russe exilée, de moins en moins nombreuse et de plus en plus assimilée. Si celle-ci s'étiole, le peu de vie communautaire qui perdure est lié à l'Eglise et se structure autour des services, des fêtes religieuses et de la participation aux chorales organisées auprès de chaque lieu de culte. Dans ce domaine les associations sont nombreuses. Le Guide de Raymond de Ponfilly mentionne deux Unions des associations cultuelles, relevant respectivement des Patriarcats de Moscou et de Constantinople, ainsi que l'Association de l'Eglise Orthodoxe Russe à l'Etranger qui regroupe les seize organisations de l'Eglise Hors Frontières. D'autres encore ont été mises en place pour assurer le maintien et l'entretien d'un édifice consacré ou d'un institut religieux. Il faut encore évoquer les nombreux ateliers d'iconographie. De création plus récente, ces associations sont souvent culturellement et spirituellement proches de leurs aînées.

Les associations récentes

Si les descendants de l'émigration blanche se sont investis dans les associations de leurs parents et grands-parents, ils n'en ont pas moins créé leurs propres structures.

Trois d'entre elles nous ont semblé intéressantes, car très représentatives de la situation actuelle de la communauté. En interrogeant leurs responsables, nous avons souvent retrouvé le clivage entre Russes blancs et Soviétiques, réduits semble-t-il, par une histoire et une éducation sociale et politique différentes, à une totale incompatibilité. Nous avons retrouvé au sein de ces associations un souci de fidélité à l'égard des valeurs prônées par les générations précédentes.

C'est le cas par exemple de l'Association pour la Conservation des Valeurs Culturelles Russes (APCOR) ou de l'Association Européenne de Saint Vladimir. Cette dernière, mise en place en 1987 dans la perspective du millénaire du baptême de la Russie a pour but ultime, à travers l'organisation de concerts, de conférences, la restauration d'icônes, un soutien humanitaire, de rappeler le souvenir de la Russie prérévolutionnaire, de sa grandeur, de ses valeurs et de son rôle civilisateur. Malgré sa jeunesse et le nombre important de ses membres (environ huit-cents adhérents), cette association n'échappe pas au problème du bénévolat et de l'engagement associatif.

La troisième organisation, l'Association Russe d'Entraide Interprofessionnelle (AREP), a été créée dans le même esprit, pour permettre la rencontre annuelle de descendants d'émigrés ayant en commun leurs origines russes et leur réussite professionnelle. Elle édite un annuaire - une sorte de Who's who - destiné à favoriser un esprit de solidarité et de coopération entre les personnes qui y figurent.

Ces deux dernières associations appartiennent, aux côtés de quatorze autres héritées des années 20 (Sokols, Vitiaz, ACER, Association de la Garde Impériale...), à la Fédération des Associations Russes (FAR) qui est née en 1990 de la volonté de réunir forces et moyens pour fonder un musée de l'émigration russe et de son apport culturel et spirituel à la France. Ce souci de conserver un patrimoine culturel nous a semblé refléter la situation actuelle de la communauté russe, de plus en plus menacée par le risque d'assimilation.

D'autres associations existent encore, sans liens particuliers avec les descendants de l'émigration blanche, lesquels reconnaissent souvent ne pas avoir connaissance des nouvelles structures associatives. La majorité se consacre au développement d'échanges (culturels pour la plupart) entre les deux pays. C'est le cas du Fonds pour les Relations Economiques et Culturelles entre la France et la Russie, de la Nouvelle Académie Libre, de l'Association France-Sibérie, des organisations comme Ruslan, Rybinsk, Troïka.., pour n'en citer qu'un tout petit nombre.

La deuxième tendance s'inscrit dans une perspective de promotion de la culture : Bibliothèque Slave, Institut Russe, Association pour le Rayonnement de la Culture et de l'Art Russes... L'enseignement de la langue et l'organisation de stages linguistiques constituent aussi un pôle important : EIEC, CLCR, Association Etudes et Voyages Littéraires et Linguistiques...

La Bibliothèque Tourguéniev, outre son aura internationale et l'importance de ses activités propres, apparaît également comme un lieu essentiel, jouant un rôle culturel et social à la fois pour de nombreux émigrés récents qui n'ont pu encore réaliser leur intégration au sein de la société française. Elle a organisé à Paris en 2002 un important colloque de quatre jours sur l'émigration russe dans le monde. (d'après une étude réalisée en 1995 par Anne Landras (stagiaire) et réactualisée par H. Collet)

Les associations d'échanges et de solidarité avec la Russie et la CEI

Ce sont des organisations composées en grande majorité de personnes d'origine française, qui s'intéressent à un titre ou à un autre au développement culturel, économique ou social de la Russie, et d'une manière plus générale à l'ex URSS. On peut distinguer trois grandes catégories :
-  La majorité d'entre elles (environ quatre-vingt) sont issues de l'ancienne association France-URSS, dont les comités départementaux et locaux ont poursuivi leurs activités de façon autonome, sous de nouvelles appellations. Elles sont maintenant regroupées dans l'association France-Russie-CEI (cf. ci-après). Citons en particulier : France-Oural, Amitiés Argenteuil-Vostok, Association Melun-Russie-CEI,
-  D'autres sont des associations franco-russes, indépendantes de France-Russie-CEI, qui poursuivent des buts analogues, en développant une thématique particulière : économique (p. ex. Cercle Kondratieff, Sofarus, Conseillers techniques pour la Russie), linguistique (Association Française des Russisants), sanitaire (Aide Médico-Sociale pour la Russie, SOS Hôpitaux Russes), religieux (Comité féminin de soutien aux juifs de l'ex-URSS), environnemental (Europe-Baïkal), etc
-  Une dernière catégorie, enfin, est constituée par des organisations françaises "généralistes", qui ont lancé des programmes de coopération dans le domaine international, dont certains avec la Russie. Citons en particulier : ADELS , Association francophone d'amitié et de liaison (AFAL), AFS - Vivre Sans Frontières, AGIR, CCFD, CEMEA, Comité d'Aide Médicale "Parrainage Sans Frontières", EGEE, Guides de France, Le Pont-Neuf, Secours Catholique, Secours populaire, Scouts de France, etc.

Les centres de documentation, de recherche ou de formation :
-  Le Centre d'études et de documentation sur l'ex-URSS, la Chine et l'Europe de l'Est (Ceducee) - La Documentation francaise, 31 quai Voltaire 75344 Paris cedex 07.
-  Le Centre d'études Russes et Ex-Soviétiques (CERES) - Institut national des langues et civilisations orientales, 73 rue Broca 75005 Paris.
-  Le Centre d'études sur la Russie, l'Europe orientale et le domaine turc - École des hautes études en sciences sociales, 54 boulevard Raspail 75006 Paris.
-  Le Groupe de Recherches sur l'Émigration Russe (GRER) - c/o l'IRENISE, 9 rue Michelet 75006 Paris.
-  L'Institut d'études slaves - 9, rue Michelet 75006 Paris.



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