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Géorgie, France et Géorgie : Valiko Djoughéli (1887-1924), chef de la Garde nationale
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DJOUGHELI, DJURELI

lundi 14 janvier 2013, par Mirian Méloua

Intellectuel, militant social-démocrate, Valiko Djoughéli se voit confier le commandement de la garde nationale lors de l'instauration de la Ière République de Géorgie, le 26 mai 1918.

Chef de la garde nationale

Composée de miliciens et de volontaires, parfois indisciplinés et échappant au contrôle de son encadrement, la Garde nationale -parfois appelée garde populaire- est issue de la garde rouge qui s'était formée en 1905 : Valiko Djougheli rend compte directement à l'Assemblée parlementaire (provisoire, puis Assemblée constituante) et non au gouvernement.

Il se voit confier des missions "militaires" (1) et de "maintien de l'ordre", à la frontière ottomane (relevant les gardes-frontières de l'Empire russe et essayant de contenir les avancées turques), en Abkhazie (essayant de contenir les avancées de l'armée russe tsariste de Denekine), dans la région de Tskhinvali (insurrection ossète et exactions attribuées en représaille à la Garde nationale) et enfin lors de l'invasion de l'Armée rouge en février / mars 1921.

L'exil à Leuville-sur-Orge

Il émigre avec la classe politique géorgienne à Constantinople, puis à Leuville-sur-Orge : il y reste deux années avant de se voir confier -en février 1924- une mission secrète (2) sur le territoire géorgien, la préparation d'une insurrection nationale (3).

La préparation de l'insurrection nationale géorgienne d'août 1924

Selon certains témoignages, il aurait fait preuve d'imprudence dans les rues de Tiflis, aurait été reconnu et ne se serait pas caché. Selon d'autres témoignages, la lutte féroce entre la police politique transcaucasienne (Tcheka) et la police politique géorgienne (à laquelle appartenait Lavrenti Beria), disposant chacune de leurs indicateurs et de leurs personnels infiltrés au sein du mouvement social-démocrate, ne lui laissait aucune chance.

Il est arrête et emprisonné.

Plusieurs versions de témoignages se contredisent. Selon les uns, ayant compris que la préparation de l'insurrection a été éventée. il aurait proposé à la Tcheka de prévenir les conjurés afin d'annuler l'ordre insurrectionnel ; la Tcheka aurait refusé ; il serait néanmoins parvenu à faire passer clandestinement un message, reçu par ses amis comme une provocation bochévique. Selon les autres, voyant sur le terrain le peu de chance de réussite de l'insurrection, il aurait voulu éviter un bain de sang.

Il est exécuté.

Notes

(1) Les gouvernements successifs de la Ière République de Géorgie ne manifesteront pas toujours une totale confiance vis-à-vis de l'armée régulière géorgienne composée d'officiers supérieurs et d'officiers formés dans les académies militaires tsaristes. La conscription ne permetta pas de former en 32 mois une armée professionnelle ; son encadrement se plaindra à plusieurs reprises de son manque d'équipement, à l'inverse -selon lui- de la garde nationale.

(2) D'autres dignitaires sociaux-démocrates sont envoyés clandestinement en Géorgie, dont Noé Homériki (ancien ministre de l'Agriculture) et Bénia Tchkivichvili (ancien maire de Tiflis).

(3) L'insurrection nationale géorgienne des 28 et 29 août 1924.


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