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La Suisse s'ouvre à l'Europe de l'Est (2005)


lundi 26 septembre 2005

Dimanche 25 septembre 2005, les Suisses ont approuvé par référendum l'extension de la libre circulation des personnes aux dix nouveaux Etats membres de l'Union européenne (UE). D'après l'institut de sondage GFS, les Suisses ont voté à 56 % en faveur de l'ouverture de leur marché du travail.

Une ouverture largement plébiscitée

L'accord sur la libre circulation avec l'UE est entré vigueur en 2002 et la question était de savoir si le peuple suisse acceptait qu'il soit aussi valable pour les dix pays nouvellement arrivés dans l'UE en 2004, soit l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie la Hongrie, la Slovénie, Malte et Chypre. Cet accord permet d'ores et déjà aux Suisses de travailler plus facilement dans l'UE et aux ressortissants communautaires de faire de même dans la Confédération helvétique pour autant qu'ils aient un contrat de travail. Le fameux plombier polonais est donc le bienvenu en Suisse. C'est un beau "oui", plus franc que celui qu'avaient pronostiqué les sondages, quatre mois seulement après le "oui" à Schengen. La preuve que les relations privilégiées avec l'Union européenne ont pesé plus lourd que les peurs distillées par la droite populiste de l'UDC et l'extrême gauche qui ont brandi la menace du dumping social et d'un vol de l'emploi suisse par des travailleurs venus de l'Est. Ce "oui" était voulu par le gouvernement - sauf l'UDC -, le patronat et les syndicats. Il s'agissait aussi de ne pas perdre la manne des marchés émergeants. Le oui de ce dimanche est réparti de manière homogène entre les communautés linguistiques. Seuls 7 sur les 26 cantons ont dit "non".

Réactions enthousiastes à Bruxelles

Du côté de Bruxelles, c'est la surprise qui dominait hier, en ces temps où l'on est beaucoup plus habitué aux mauvaises nouvelles, les « non » français et néerlandais au projet de Constitution européenne ayant sérieusement ébranlé l'activité des 25. « Ce vote largement positif constitue une très bonne surprise » , a déclaré tout sourire Françoise Le Bail. « Il s'agit d'un vote de confiance dans les relations entre la Suisse et l'UE » , a ajouté la porte-parole du président de la Commission européenne. José Manuel Barroso s'est, quant à lui, empressé de « féliciter » le président de la Confédération. « Ce vote démontre que la Suisse et l'Union européenne travaillent ensemble avec succès pour promouvoir l'intégration de nos peuples et de nos économies et pour renforcer la cohésion de l'Europe » .

Et maintenant, quel avenir pour les relations UE - Suisse ?

L'avenir s'annonce donc plus rose que prévu. C'est là l'avis d'un grand nombre. On va pouvoir rouvrir les dossiers en cours et poursuivre les discussions. Et les dossiers ne manquent pas :
-  D'abord, la Suisse comme l'UE doivent achever le processus de ratification des accords Schengen/Dublin et de l'accord sur la fraude, qui appartiennent au deuxième « paquet » des bilatérales.
-  Ensuite, Berne et Bruxelles vont discuter de l'éventuelle ouverture du marché de l'électricité, un gros sujet.
-  Enfin, les Suisses essayent d'obtenir une participation au système de navigation par satellite Galileo et la reconnaissance mutuelle des AOC (appellation d'origine contrôlée). Quant à l'UE, elle attend le feu vert des autorités suisses pour ouvrir une représentation à Berne.

Cependant, malgré cette bonne nouvelle que constitue le vote positif de ce dimanche, la Suisse et l'UE devront réfléchir à l'avenir de leurs relations. C'est là encore l'avis d'un certain nombre de personnalités européennes. « La voie des bilatérales est épuisée » , estime ainsi l'eurodéputée libérale Diana Wallis, qui préside la Commission du Parlement européen chargée des relations avec la Suisse. « Une pause doit être décrétée » , affirme la députée britannique pour qui l'ouverture d'un troisième « paquet » de négociations bilatérales est impensable. La voie bilatérale, selon elle, est « beaucoup trop compliquée » : si la Suisse veut s'intégrer davantage dans l'UE, il faut qu'elle songe à devenir un membre à part entière. Diana Wallis n'est pas la seule de cet avis, à Bruxelles !

Synthèse de dépêches de Euronews, AP et swissinfo (25/09/2005), réalisée par Bénédicte Gramond / COLISEE



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