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Législatives en Azerbaidjan : malgré un recul d'audience, le parti du président reste au pouvoir


lundi 7 novembre 2005, par Hervé Collet

Les électeurs azerbaïdjanais se sont rendus aux urnes dimanche 6 novembre pour élire un nouveau Parlement de 125 membres, le Milli Mejlisin.

Le vote a été précédé de manifestations durant des mois dans les rues et aussi par des arrestations. Les militants de l'opposition ont tenu des réunions à Bakou presque chaque fin de semaine.

Avec 28 % des votes comptabilisés, le parti qui soutient le président Ilham Aliev, Nouvel Azerbaïdjan (Yeni Azerbaijan), a remporté 58 des sièges, a annoncé lundi le président de la Commission électorale centrale, Mazakhir Panakhov, lors d'un point de presse. L'Alliance de l'opposition Azadliq, qui regroupe le Parti Musavat, le Front populaire et le parti démocratique, n'a obtenu que 5 sièges. Les candidats indépendants ont remporté 33 sièges, a indiqué M. Panakhov, qui a ajouté que "les élections se sont déroulées dans une atmosphère démocratique". Ce que contestent les partisans de l'opposition, qui compte organiser des rassemblements pacifiques pour protester contre la falsification des résultats. Certains redoutent de violents accrochages avec les policiers, qui ont prévenu qu'ils ne tolèreraient aucun désordre. Ali Kerimli, dirigeant d'Azadlik, a fait état de cas de bourrages d'urnes, d'intimidation policière et d'arrestations de partisans de l'opposition. "Nous allons entamer un combat pacifique pour que les résultats de ces élections truquées soient invalidées", a-t-il déclaré.

Le score de 58 sièges représente pour le parti du président une perte de 17 sièges par rapport aux 75 qu'il contrôlait dans la chambre sortante. Mais, font remarquer les analystes, l'équilibre du pouvoir n'en sera pas modifié fondamentalement, étant donné que ce recul bénéficie aux petites formations pro-gouvernementales.

Selon certains observateurs, il est peu probable que se reproduise en Azerbaïdjan le scénario qu'ont connu la Géorgie et l'Ukraine, où, à la suite de fraudes électorales, les pouvoirs en place sont tombés. Les analystes font valoir qu'à Bakou, l'opposition ne jouit pas d'un soutien populaire à la mesure de celui qu'avaient les contestataires à Tbilissi et Kiev. L'Occident, d'autre part, aspire à ce que l'Azerbaïdjan, pays riche en pétrole, demeure politiquement stable.

Hervé Collet, d'après des dépêches d'agences de presse.



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