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Le "miracle tadjik" : l'intégration des opposants dans l'armée et l'administration


mardi 22 avril 2003

 

Le "miracle tadjik" : l'intégration des opposants dans l'armée et l'administration


Le Tadjikistan est le seul Etat de l'Asie centrale (avec l'Afghanistan) qui possède une civilisation de type iranien (contrairement aux pays voisins, de tradition turcophone). Il est aussi est le plus russophile des cinq Etats de la région. Ce sont les troupes russes qui gardent, avec leurs collègues tadjiks, les 1.400 kms de frontière avec l'Afghanistan et les 300 kms avec la Chine.

La guerre civile qui a ravagé le pays de 1992 à 1997 s'est conclue par un accord de paix imposé par la communauté internationale : l'Iran, la Russie, l'ONU, l'OSCE... Le président Rachmonov a dû accepter une solution consistant à intégrer ses opposants islamistes dans l'armée et dans les hautes fonctions de l'administration, à hauteur de 30 % des effectifs. Force est de constater que, d'une manière globale, cette intégration est effective et a ramené la paix dans le pays, au point que les autorités tadjiques présentent maintenant leur "modèle" comme un exemple susceptible de résoudre les conflits dans les pays voisins (Ouzbékistan, Afghanistan...)

Tous les problèmes politiques ne sont pas résolus pour autant. Le pays est confronté, comme beaucoup d'Etats d'Asie centrale, à une menace externe d'extrémistes islamistes soutenus par les Talibans voisins d'Afghanistan et par quelques milliardaires arabes (dont le fameux Ben Laden, dont la tête est mise à prix par les Américains), qui soutiennent toutes les "guerres saintes" de la région : Tchétchénie, Asie centrale, Moyen orient, Caucase. Si, de nos jours, le pays peut être qualifié globalement de "sécurisé" (on peut y circuler librement), des attentats ou des enlèvements sporadiques, probablement perpétrés par des éléments extrémistes, cherchent à créer un climat visant à déstabiliser le pays au moment où celui-ci commence à relever la tête et se préoccupe surtout de développer son économie et de se désenclaver géographiquement et politiquement (rappelons que le Tadjikistan, dont 93 % du territoire est montagneux, est entouré de l'Afghanistan et de la Chine, dont les frontières sont fermées). Le régime "fort" du président de Dushanbé peut être tenté de durcir son attitude envers toute forme d'opposition, alors que la guerre civile a pris fin et que les Tadjiks pratiquent un islam tolérant et sont peu pratiquants. Une répression indifférenciée risquerait de radicaliser une population qui, au demeurant, est de tradition modérée.

La France, actuellement, n'a pas de représentation diplomatique à Dushanbé. Ses intérêts sont défendus par l'Ambassade de France à Moscou.. De son côté, le Tadjikistan n'a pas de représentation diplomatique à Paris, ainsi que dans la plupart des pays d'Europe. Une petite dizaine de français sont présents à Dushanbé, dont des représentants d'ONG humanitaires : Action contre la faim (branche anglaise, mais dirigée par des français), ACTED, Pharmaciens sans frontières et Scolasia (association née au début de l'année 2000, spécialisée dans le soutien scolaire aux enfants défavorisés). On trouve même dans une ville du sud, à Kurgan-Tyube, une petite mission catholique dirigée par un prêtre français, le P. Jean Luc Girard.

Hervé Collet (15 novembre 2000)



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