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Législatives en Géorgie : sondages à la sortie des urnes et résultats provisoires favorables à Mikheïl Saakachvili (22 mai 2008)


jeudi 22 mai 2008, par Mirian Méloua

Le 21 mai, les premiers sondages à la sortie des urnes donnaient (1)
-  63, 2% au Parti du Mouvement national uni (majorité sortante),
-  14,2% au Conseil national - Opposition unie - Nouvelles Droites (coalition de 9 partis d'opposition),
-  9,1% au Parti démocrate chrétien,
-  5,8% au Parti travailliste,
-  3,6% au Parti républicain.

Le 22 mai au matin, la Commission centrale des élections publiait les premiers résultats provisoires (979 bureaux de vote sur 3558) (2)
-  63% au Parti du Mouvement national uni,
-  13,2% au Conseil national - Opposition unie - Nouvelles Droites,
-  8,4% au Parti démocrate chrétien,
-  6,1% au Parti travailliste,
-  3,4% au Parti républicain,
-  moins de 1% aux autres partis.

La participation, à hauteur de 55%, avait mobilisé 1 905 960 électeurs sur 3 465 736.

Initialement les conditions étaient réunies pour entamer la suprématie de la majorité sortante issue de la Révolution des Roses, situations économiques individuelles difficiles avec un taux d'inflation galopant à 12,3%, libertés d'expression écornées en novembre 2007 par l'instauration de l'état d'urgence durant une dizaine de jours et par l'interruption de chaînes de télévision privée, accusations personnelles contre le président en place par certains de ses anciens ministres, réélection présidentielle en janvier 2008 lors d'un premier tour contesté, regroupement politique de neuf partis d'opposition, adhésion différée de la Géorgie à l'OTAN et regain de tension avec la Russie.

Pourtant il semble que les électeurs géorgiens ne s'y soient pas attardés. La tension avec la Russie, au sujet de l'Abkhazie et des troupes russes supplémentaires déployées, aura en définitive réveillé un élan national et servi à regrouper les indécis autour du pouvoir sortant. L'adhésion différée à l'OTAN aura été présentée comme une victoire stratégique à moyen terme. Les oppositions politiques, multiples et changeantes, n'auront pas su trouver le leader charismatique derrière lequel les ambitions personnelles se seraient effacées et qui aurait pu représenter une alternative à Mikheïl Saakachvili. Les accusations à l'encontre de ce dernier auront fait long feu, dans une opinion publique qui se souvient des premiers pas du futur président et de sa lutte contre la corruption établie ; son autoritarisme, supposé ou réel, aura été ressenti comme un mal nécessaire. L'épisode de novembre 2007 aura, semble-t-il, été vite oublié. L'espoir de voir les sorts économiques individuels s'améliorer, dans une économie libérale dont les indicateurs macro-économiques sont au vert selon les organismes internationaux, aura une fois de plus prévalu.

Avant les élections, si les premiers sondages ne donnaient qu'une vingtaine de points au Mouvement national uni, les derniers lui attribuaient 54%, contre 19% au Conseil national - Opposition unie - Nouvelles Droites.

Le jour du vote, les 11 organisations d'opposition (partis ou coalition de partis) dénonçaient des intimidations ainsi que des fraudes, tant durant les opérations de vote que durant les comptages. Des incidents physiques se seraient même produits en province.

Le soir du vote, une manifestation de protestation était organisée à Tbilissi par le Conseil national - Opposition unie - Nouvelles Droites : elle réunissait plusieurs milliers de personnes dont les leaders Lévan Gatchétchiladzé et Davit Gamkrélidzé.

Par ailleurs, Mikheil Saakachvili annonçait qu'il espérait retrouver une majorité des deux tiers en sa faveur au futur Parlement, qui sera composé de 75 sièges élus à la proportionnelle et 75 sièges élus au scrutin majoritaire.

Au final, s'il est vraisemblable que les milliers d'observateurs d'organisations non-gouvernementales géorgiennes relèvent certaines irrégularités, les missions de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe
-  concluront certainement à un scrutin conforme "aux standards internationaux" et à une nature d'irrégularités constatées ne changeants pas les résultats obtenus,
-  proposeront des recommandations sur la voie du progrès démocratique, comme ce fut le cas lors de l'élection présidentielle de janvier 2008.

Notes :

(1) Le 22 au matin, la Commission centrale des élections annulait le vote dans 13 bureaux pour irrégularités (urnes endommagées et expulsion d'observateurs).

(2) Un autre sondage partiel (district de Vaké) à la sortie des urnes, publié par l'ONG géorgienne "New Generation - New Initiative", donnait
-  39,47% au Conseil national - Opposition unie - Nouvelles Droites,
-  37,8% au Parti du Mouvement national uni,
-  5,81% au Parti républicain,
-  6,5% au Parti travailliste,
-  6,16% au Parti démocrate chrétien.

Voir aussi

-  Géorgie : élections législatives à risques pour la majorité sortante (21 mai 2008).



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