Azerbaïdjan : Ilham Aliev réélu président avec 88,73% des suffrages exprimés
mardi 21 octobre 2008
Président depuis octobre 2003, à la suite de son père Haïdar Aliev, Ilham Aliev (1) est réélu à la satisfaction apparente des gouvernements occidentaux, de la Russie et de l'Iran.
Les résultats
L'élection présidentielle azerbaïdjanaise du 15 octobre 2008 n'a pas apporté de surprise : 75,12 % des électeurs se sont rendus aux urnes et le président sortant, Ilham Aliev a recueilli 88,73 % des suffrages exprimés, soit 3,232 millions de voix. Il avait obtenu 77% des suffrages exprimés à l'élection présidentielle d'octobre 2003.
Les autres candidats de l'élection présidentielle d'octobre 2008 ont obtenu
Igbal Agazadé, parti Espoir : 2,86%,
Goulamgousseïn Alibeïli, indépendant : 2,48%,
Fazil Gazanfaroglou, parti Grande construction : 2,47%,
Goudrat Gassagouliev : 2,28%,
Fouad Aliev : 0,78%,
Khafiz Gadjiev : 0,65%.
Les réactions
Les principaux dirigeants de l'opposition, dont Isa Gambar président du Musavat, qui s'était présenté à l'élection présidentielle d'octobre 2003 et avait obtenu 12% des suffrages exprimés, avaient appelé au boycottage et ont dénoncé les atteintes à la démocratie et à la liberté de la presse.
L'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE), qui avait fortement critiqué l'élection présidentielle d'octobre 2003, a estimé que "les autorités azerbaïdjanaises ont essayé de réunir cette fois des conditions plus équitables pour les candidats" malgré "l'absence de débats contradictoires dans les médias". Ses 400 observateurs ont également relevé le jour du vote des anomalies lors des dépouillements et des présentations de résultats.
Les gouvernements occidentaux ont besoin de stabilité sur la partie azerbaïdjanaise de la mer Caspienne afin de pouvoir bénéficier de ses hydrocarbures ; les compagnies pétrolières internationales s'accommodent au mieux de la "dynastie Aliev" avec laquelle les rapports sont anciens. Le vice-président des Etats-Unis, Dick Cheney, était venu soutenir le "candidat" Ilham Aliev en septembre 2008.
La Russie ménage un Azerbaïdjan devenu concurrent pour les hydrocarbures et qui pourrait constituer une "tête de pont" plus vindicative de la stratégie occidentale. Le président russe Dmitri Medvedev fut l'un des premiers à féliciter téléphoniquement Ilham Aliev pour sa réélection.
L'Iran (70 millions d'Iraniens dont près de 20 millions d'Azeris, tous majoritairement chiites) observe avec intérêt son voisin du Nord l'Azerbaïdjan (8,3 millions d'Azerbaïdjanais, majoritairement chiites), concurrent pour les hydrocarbures, mais qui pourrait devenir un allié dans le "grand jeu" de la mer Caspienne.
La situation intérieure
Sur un plan intérieur, si la manne des hydrocarbures a permis un essor économique exceptionnel durant le premier mandat d'Ilham Aliev, elle a aussi contribué à une corruption sans précédent : Transparency International classe l'Azerbaïdjan au 150ème rang (sur 180) des pays, du moins au plus corrompu (2).
Par ailleurs, le Stockholm International Peace Research Institute classe l'Azerbaidjan comme l'un des pays ayant fait le plus d'effort sur le plan des dépenses militaires (3) : la sécession du Karabakh, avec le soutien de l'Arménie et de la Russie, laisse toujours planer une menace de réveil de ce "conflit gelé" dans le Sud Caucase.
Mirian Méloua
Notes :
(1) Portrait d'Ilham Aliev, président de l'Azerbaïdjan
(2) La corruption à l'Est de l'Union européenne en 2007
(3) Les dépenses militaires augmentent à l'Est de l'Union européenne
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