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Géorgie, Allemagne et Belgique : Guia Kantchéli, compositeur
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GIYA KANTCHELI

jeudi 25 avril 2013, par Mirian Méloua

Guia Kantchéli naît à Tbilissi le 10 août 1935.

En 1959, il entre au Conservatoire de la capitale géorgienne et en sort diplômé en 1963.

En 1967, il compose sa première symphonie, et se fait connaitre par ses musiques destinées au théâtre.

En 1971, il devient directeur musical du Théâtre Rustavéli de Tbilissi.

En 1976, il reçoit un prix national pour sa quatrième symphonie, qui est créée en janvier 1978 aux États-Unis par Iouri Temirkanov et l'Orchestre de Philadelphie.

En 1991, en pleine guerre civile géorgienne, il quitte son pays pour Berlin.

En 1995, il rejoint la Belgique, à Anvers.

Guia Kantchéli par lui même

« Rien n'est lié à l'émigration dans ma musique ! Je n'ai jamais émigré de Géorgie. Je suis toujours un citoyen géorgien. Quand j'ai quitté la Géorgie, il était déjà possible d'en partir et d'y revenir. Ce qui n'était pas le cas avant 1991 : vous ne le pouviez pas et vous saviez qu'en franchissant la frontière vous vous condamniez à l'exil. Je partage donc simplement ma vie entre la Belgique et la Géorgie. Je ne me suis jamais senti un immigrant. […]

Ma musique n'est pas une plaidoirie contre l'ignorance et la bêtise qui répètent les mêmes erreurs à travers l'histoire. C'est pourquoi j'essaie de contrer cette obstination imbécile, non par la turbulence d'un courant contraire, mais par le silence qu'évoque la surface d'une eau tranquille. J'essaie de prévenir les émotions négatives, nées de la terreur et des conflits sans fin, par la sérénité et la patience. Je tente, avec des sons nés aux frontières du silence, de nous préserver de l'environnement de plus en plus bruyant dans lequel nous vivons. De contrer les avances technologiques de plus en plus complexes par un langage musical le plus clair et le plus simple possible. De calmer le rythme trépidant de notre quotidien par des tempi exagérément lents. D'opposer au fanatisme religieux, aux manifestations extatiques de patriotisme, de glorification et de fétichisation du passé, des contrastes intensément dynamiques. Car après tout, hormis en griffonnant des notes sur un morceau de papier, je n'ai aucun autre moyen de protestation. Cependant, dans ma tâche quotidienne de création musicale, mes pensées et mes émotions, plus que de refléter tout cela, se concentrent sur un vaste espace invisible qui, dans mon imagination, détient la clef des concepts intemporels de beauté, de douceur et d'amour. Je rêve seulement que ceux qui écoutent ma musique n'en perçoivent pas les défis et s'y sentent libres.

Je serais heureux que, dans le futur, mes œuvres (à moins qu'elles ne sombrent dans l'oubli) soient perçues comme une tentative de sortir des ténèbres vers la lumière » (1)

Son œuvre

Guia Kantchéli commence par écrire une musique inspirée de la musique traditionnelle géorgienne, de Béla Bartok et de Dimitri Chostakovitch : « Riche en cuivres et en violence, […] son œuvre évolue ensuite vers une musique tonale, avec souvent des harmonies très simples, […], épurée avec le plus souvent peu de notes, peu d'instruments, très intériorisée, presque désertique, souvent d'une tristesse et d'une mélancolie sans fin » (2).

Connu essentiellement pour ses sept symphonies, il a composé plusieurs pièces pour orchestre, un opéra et de la musique de chambre. Il est aussi l'auteur de plusieurs musiques de films.

-  1961 : Concerto pour orchestre
-  1967 : Symphonie n° 1
-  1970 : Symphonie n° 2 Songs
-  1973 : Symphonie n° 3
-  1974 : Symphonie n° 4 À la mémoire de Michelangelo
-  1977 : Symphonie n° 5 À la mémoire de mes parents
-  1978-1980 : Symphonie n° 6
-  1982-1984 : Music for the Living, opéra en deux actes
-  1986 : Symphonie n° 7 Épilogue
-  1989 : Wom Winde beweint, liturgie pour grand orchestre et alto solo
-  1990-1990 : Morning prayers, pour orchestre de chambre, voix et flûte alto
-  1990 : Midday prayers, pour clarinette solo et 19 instruments
-  1991 : Evening prayers, pour orchestre de chambre, voix et flûte alto
-  1992 : Night prayers, pour quatuor à cordes
-  1994 : Caris Mere, pour soprano et alto
-  1994 : Lament, pour violon, soprano et orchestre
-  1994 : Trauerfarbenes Land (Paysage en couleur de deuil), pour orchestre symphonique
-  1995 : Exil, pour soprano, instruments et bande magnétique, (d'après le psaume 23, Celan et Sahl)
-  1995 : V & V, pour violon, voix enregistrée et orchestre à cordes
-  1995 : A la Duduki, pour orchestre symphonique
-  1995 : Simi, "Pensées sans joie" pour violoncelle et orchestre
-  1996 : Valse Boston, pour piano et cordes
-  1997 : Time... and again, pour violon et piano
-  1997 : Diplipito, pour violoncelle, contreténor et orchestre
-  1997 : In l'istresso tempo, quatuor avec piano
-  1997 : Magnum Ignotum, pour flûte, 2 hautbois, 2 bassons, 2 cors, contrebasse et bande magnétique
-  1998 : Music of mourning à la mémoire de Luigi Nono, pour violon, soprano et orchestre
-  1999 : Rokwa, pour grand orchestre symphonique
-  1999 : Styx, pour alto, chœur mixte et orchestre
-  2000 : A little Daneliade, pour orchestre
-  2003 : Little Imber, pour petit ensemble, voix soliste et chœur d'hommes et d'enfants
-  2005 : Amao Omi, pour chœur mixte et quatuor de saxophones
-  2011 : Chiaroscuro, pour quatuor à cordes.

Notes :

(1)Interview du compositeur, Revue Musiques Nouvelles

http://www.musiquesnouvelles.com/fr...

(2) Xavier, Blog Classik


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