Accord de l’opposition géorgienne
Neuf partis d’opposition géorgiens – Akhali, Girchi – Plus de liberté, Droa, Géorgie européenne, Parti national démocratique, Unité – Mouvement national, Place de la Liberté, Stratégie Aghmashenebeli et Fédéralistes – ont signé un document intitulé « Stratégie commune pour la victoire et règles de coopération » le 2 mars 2026.
L’accord définit à la fois une stratégie politique et un code de conduite visant à former un front d’opposition uni pour remplacer le gouvernement.
L’alliance d’opposition définit son objectif principal comme « préserver l’indépendance nationale et l’État ». Dans le document, le dirigeant de facto de la Géorgie, Bidzina Ivanishvili, et son parti Rêve géorgien sont décrits comme un « régime autocratique et criminel » qui, selon les auteurs, ne peut être renversé que par des moyens pacifiques.
Neuf partis d’opposition géorgiens forment une alliance
Ils se sont également mis d’accord sur une stratégie unifiée et des règles d’action communes.
La métaphore du « rideau de fer » et un choix historique
Les auteurs du document affirment que la Géorgie est confrontée à un choix historique. Selon eux, il ne s’agit pas simplement d’une lutte pour remplacer un mauvais gouvernement, mais d’une décision sur l’endroit où tombera le nouveau « rideau de fer » et sur le côté que prendra la Géorgie.
Le texte expose un discours clair : selon eux, préserver le système actuel conduirait à une plus grande pauvreté, à la corruption et à l’isolement international, tandis qu’un changement signifierait ramener le pays sur la voie euro-atlantique.
Une écrasante majorité et une manifestation pacifique
L’idée centrale du document est qu’un régime autoritaire ne changera que lorsqu’une « majorité écrasante » de citoyens comprendra qu’un changement politique est nécessaire pour protéger leurs intérêts les plus importants. L’opposition souligne que ce processus doit rester pacifique et se dérouler dans le cadre des droits constitutionnels.
Le document rejette ce qu’il appelle les « délais imposés artificiellement », les accords en coulisses et la participation à des processus qui légitimeraient le gouvernement. Les partis affirment plutôt que leur objectif est de mobiliser, d’organiser et d’étendre les manifestations, ainsi que d’accroître la pression internationale.
Opinion : « La Géorgie n’est plus gouvernée par l’État de droit »
Le militant Nino Dolidze : « L’affaire contre l’ancien chef du Fonds de co-investissement Bachiachvili est motivée par les intérêts personnels d’Ivanishvili »

Unité sans uniformité
L’accord n’implique pas une fusion ou une consolidation idéologique autour d’un seul leader. Les auteurs décrivent le principe de l’alliance comme « l’unité sans uniformité ». Malgré leurs opinions politiques différentes, les signataires ont convenu de ne pas saper le cadre de l’accord dans la communication publique ni de se discréditer mutuellement.
Dans le même temps, l’accord n’exclut pas la possibilité d’une unité électorale à l’avenir.
Élections, prisonniers politiques et gouvernement de coalition
Les partis de l’alliance affirment que la victoire n’est possible que si les prisonniers politiques sont libérés et si de nouvelles élections parlementaires libres et équitables sont organisées. Selon eux, de telles élections mèneraient à la formation d’un gouvernement de coalition qui mènerait des réformes visant à protéger l’indépendance, la souveraineté et l’intégration euro-atlantique de la Géorgie.
Le document déclare explicitement que la sécurité et la paix durable de la Géorgie sont impossibles sans un partenariat stratégique avec les États-Unis et une intégration à l’Union européenne et à l’OTAN.
Reconstruction d’écoles en Géorgie : comment une réforme bien intentionnée a ouvert la voie au chaos pour les enfants et les parents
Des salles de classe surpeuplées, une scolarité en plusieurs équipes et des routines quotidiennes perturbées

Code de conduite : règles internes de l’opposition
Le document souligne les principes de coopération suivants :
- aucun parti n’a le droit de se présenter comme le seul représentant de l’opposition
- le discrédit public les uns des autres ou les accusations de collusion avec le régime sont interdits
- les débats idéologiques sont acceptables s’ils ne nuisent pas à l’objectif commun
- discréditer les manifestations pacifiques est inacceptable
Le texte accorde également une attention particulière aux partis dont les dirigeants sont en prison ou en exil. Ils sont tenus de nommer un représentant officiel qui exprimera la position du parti dans un format unifié.
Un signal politique aux partenaires internationaux
L’un des objectifs du document est non seulement de renforcer le soutien à l’intérieur du pays, mais également de signaler aux partenaires internationaux que l’opposition en Géorgie représente une « alternative démocratique » au régime oligarchique.
Par sa rhétorique et sa structure, l’accord cherche à atteindre deux objectifs à la fois : réduire la fragmentation interne et obtenir un soutien public plus large.
La Géorgie à l’envers : comment une vitrine de la démocratisation post-soviétique s’est transformée en un pays doté d’un régime « fonctionnellement pro-russe »
Comment cela s’est-il produit – et surtout, peut-on encore l’arrêter ?

Accord de l’opposition géorgienne