Le Parlement européen a adopté une résolution intitulée « Le cas d’Elene Khoshtaria et les prisonniers politiques sous le régime du Rêve géorgien » par 438 voix contre 37.
La résolution condamne la « persécution systématique » des opposants politiques, des journalistes et des militants par le gouvernement géorgien et appelle à la libération immédiate de l’opposante Elene Khoshtaria et des autres personnes détenues « pour des raisons politiques » en lien avec les récentes manifestations.
Prisonniers politiques, répression et sanctions : débat sur la Géorgie au Parlement européen
Les députés européens ont protesté contre la répression politique visant des personnalités de l’opposition, des journalistes et des militants de la société civile.
Ce que dit la résolution
- Le Parlement européen « condamne fermement la détention pour des raisons politiques d’Elene Khoshtaria et de toutes les autres personnes qui ont été ciblées pour avoir exercé leur liberté d’expression et de réunion ou pour avoir manifesté pacifiquement. Il condamne également les poursuites pénales systématiques contre des opposants politiques, des journalistes et des militants par le régime du Rêve géorgien ».
- Le Parlement européen « condamne également les traitements dégradants et inhumains infligés à Khoshtaria pendant sa détention. Il appelle à sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi qu’à la libération de toutes les autres personnes détenues pour des raisons politiques. Il exige l’abandon immédiat des charges politiques portées contre eux. Il exprime également sa profonde préoccupation face au maintien en détention et à la détérioration de la santé de l’ancien président Mikheil Saakashvili, qui a effectivement été un otage politique de l’oligarque Bidzina. Ivanishvili depuis plus de quatre ans.
- Le Parlement européen « appelle en outre à une enquête indépendante et transparente sur les allégations de mauvais traitements infligés aux détenus et d’abus de la législation nationale ».
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- Le Parlement européen « appelle également à une enquête indépendante et transparente sur les informations crédibles faisant état de l’utilisation d’agents chimiques contre des manifestants ».
- Il exprime sa profonde préoccupation face à l’influence politique, économique et sécuritaire croissante de la Russie, de la Chine et de l’Iran en Géorgie, comme le soulignent plusieurs études. Il s’inquiète également des enquêtes lancées contre les auteurs de ces recherches, notamment l’étude de l’Hudson Institute menée par Giorgi Kandelaki et Tinatin Khidasheli. La résolution appelle les autorités géorgiennes à rétablir la liberté d’expression, la liberté académique et le droit à une recherche indépendante.
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- La résolution « condamne fermement l’adoption continue de lois restrictives visant à supprimer les libertés fondamentales, l’activité politique, les protestations civiques et la dissidence. Elle appelle les autorités géorgiennes à abroger ces lois restrictives, à cesser de recourir à la détention provisoire à des fins de répression politique et à garantir l’indépendance judiciaire et le respect d’une procédure régulière ».
- Le document « souligne également que l’existence de prisonniers politiques est incompatible avec les obligations contractées par la Géorgie dans le cadre de l’accord d’association ».
- Le Parlement européen « réaffirme son soutien indéfectible au peuple géorgien et à son avenir démocratique européen. Il appelle la Commission européenne et les États membres de l’UE à apporter soutien et protection aux militants, journalistes et personnalités de l’opposition géorgiens qui sont menacés ».
- Le Parlement européen « appelle également l’Union européenne et ses États membres à imposer des sanctions ciblées et des interdictions de visa aux représentants du régime et à ceux qui facilitent ses activités et qui sont responsables de détentions à motivation politique, de persécutions et de violences contre l’opposition démocratique, les dissidents, les manifestants et les journalistes ».
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Résolution du Parlement européen sur la Géorgie