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L'évolution de l'économie géorgienne de 1991 à 2004


jeudi 18 mars 2004

Depuis l'indépendance, en 1991, la Géorgie a subi trois chocs économiques graves :

-  Une réduction immédiate des subventions de l'ère soviétique, notamment pour l'énergie, et de l'accès aux marchés russes

-  La guerre civile de 1992-1993, suivie d'une période prolongée d'hyperinflation

-  Plus récemment, la déflation et la récession dues à la crise du rouble russe de 1998-1999.

Après la réélection du président Chevardnadze, en avril 2000, le gouvernement a réaffirmé sa volonté de restructurer l'économie, d'adhérer à une gouvernance démocratique et libérale, et d'intégrer davantage la Géorgie dans l'économie mondiale. Plusieurs partis politiques partagent ces objectifs politiques généraux.

Afin d'apprécier l'ampleur du déclin économique de la Géorgie aussitôt après l'indépendance, il est bon d'examiner la situation du pays à la fin des années 1980 en combinant les statistiques offielles et ce que l'on connaît de l'économie parallèle. Celle-ci était particulièrement importante pour le tourisme et les infrastructures connexes et pour d'autres activités agricoles et industrielles très spécialisées qui répondaient aux besoins de la nomenklatura dans toute l'URSS. Ainsi, d'après les statistiques officielles, en 1989, la Géorgie a exporté près de 54 % de la production totale, mais en fait, les chiffres sont nettement plus élevés. Autrement dit, la Géorgie dépendait beaucoup plus du reste de l'URSS, et tout spécialement de la Russie. Donc, quand l'accès aux marchés a été réduit, l'effet a été catastrophique sur le revenu géorgien.

La fin abrupte des subventions, de l'investissement et du filet de sécurité sociale de l'ère soviétique a été l'autre effet majeur de la séparation d'avec l'URSS. Les autorités géorgiennes ont dû assumer le contrôle et la responsabilité directs de leurs propres institutions budgétaires et monétaires et adapter leur fonctionnement à la nouvelle réalité, marquée par l'effondrement de la planification centrale et l'introduction d'une monnaie nationale. En 1992, le pays a amorcé une période d'hyperinflation, et l'inflation est réapparue en 1999, après la crise du rouble de 1998. De tels taux d'inflation ont entraîné une érosion rapide de l'épargne et des revenus fixes, comme ceux des pensions de l'État non indexées, ce qui a eu pour conséquence désastreuse d'appauvrir les plus vulnérables. Afin de rétablir l'équilibre budgétaire, les dépenses publiques ont été réduites de 20 % du PIB en 1995. Le choc a été énorme, car toute une population habituée à des aides sociales importantes et à une relative égalité s'est trouvée extrêmement fragilisée.

L'effet de la crise du rouble sur la Géorgie montre bien qu'elle continue de dépendre de la Russie et d'autres anciennes Républiques soviétiques pour ses exportations. En 2002, les exportations vers la Russie, le Turkménistan, l'Azerbaïdjan, l'Arménie et l'Ukraine représentaient 55 % du total des exportations. En 2002, le PIB de la Géorgie s'élevait à 3,2 milliards de dollars américains. Comme les exportations se chiffraient en tout à 354 millions de dollars américains, cela signifie qu'elles représentent à présent 11 % environ de la production totale, soit nettement moins que les 54 % enregistrés officiellement en 1989. Le pays essaie de diversifier ses exportations, mais le Royaume-Uni, la Suisse, l'Italie et les États-Unis n'absorbent encore que 22 % de ses ventes à l'étranger. La Géorgie doit importer toute l'énergie dont elle a besoin, principalement de Russie et d'Azerbaïdjan.

Après l'indépendance, la croissance a d'abord été nettement négative. Ensuite, il y a eu un léger redressement à partir d'une base très basse et, depuis 1998, la croissance est lente et inégale, comme le montre le tableau 4. En 2001, le PIB (6,5 milliards de laris géorgiens ou 2,9 milliards de dollars américains11) équivalait à 41 % de ce qu'il était en 1990. Les conséquences pour les dépenses budgétaires et l'investissement sont évidentes : depuis l'indépendance, les infrastructures géorgiennes ne sont pas entretenues, les investissements sont négligeables et l'incidence sur le capital humain devient apparente dans la diminution de l'espérance de vie, la baisse des taux d'inscription scolaire, et la pauvreté et les inégalités croissantes. Les faits donnent à penser que les statistiques officielles ne rendent pas compte de toute l'activité économique, et il se peut que la croissance soit importante dans l'économie parallèle (estimée à 25 % du PIB). Cependant, la moitié de la population dépend directement de la terre et la production agricole a baissé à cause des sécheresses de 1998 et 2000.

D'après un rapport de l'Agence canadienne de développement international



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