Biélorussie : sévices corporels et tortures ( mars 2011)
lundi 7 mars 2011, par Nicolas Lévilidane
Au soir de l'élection présidentielle du 19 décembre 2010 et des manifestations de protestations qui avaient réuni près de 40 000 personnes à Minsk, plusieurs centaines de personnes avaient été arrêtées, dont sept des neuf candidats d'opposition.
Selon un rapport d'Human Rights Watch, qui a pu interroger 205 personnes sur les 600 placées en détention administrative,
148 personnes ont déclaré qu'elles avaient été frappées par la police, lors de leur arrestation ou lors de leur détention,
57 personnes ont déclaré qu'elles avaient été frappées avec des matraques.
Selon un quotidien français (1), le candidat de l'opposition Ales Mikhalevitch, arrêté le 20 décembre à l'aube par le KGB biélorusse et libéré le 19 février 2011, a déclaré au téléphone,
avoir été soumis à des fouilles complètes, à plusieurs reprises, nu, dans une pièce où la température ne dépassait pas 10 degrés,
avoir été contraint d'exécuter le grand écart avec les jambes, les mains appuyées sur le mur,
avoir été contraint de s'asseoir et de se relever plusieurs dizaines de fois de suite, jusqu'aux limites de l'évanouissement.
Il a ajouté que sa cellule d'emprisonnement,
avait le sol recouvert de peinture à l'acétone afin de rendre l'air irrespirable,
disposait de lampes allumées plusieurs nuits d'affilée afin d'empêcher le sommeil.
Enfin, après extraction de sa cellule par des hommes masqués, il a été ramené menotté dans les sous-sols du KGB : le visage à terre, les bras lui sont soulevés le plus haut possible, au bord de la rupture des articulations.
*
Il ne lui a pas été possible de bénéficier de l'assistance d'un avocat.
Note : quotidien "Le Monde" daté du 2 mars 2011.
Voir aussi Biélorussie : 4ème mandat présidentiel pour Alexandre Loukachenko (janvier 2011)
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