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Georges Charachidzé (1930-2010), linguiste et historien du Caucase, d'origine géorgienne
http://www.colisee.org/article.php?id_article=3004vendredi 5 mars 2010, par Mirian Méloua Georges Charichidzé est né le 11 février 1930 à Paris d'une mère française, institutrice, et d'un père géorgien, député de la Ière République de Géorgie (1918-1921) (1) et exilé après l'invasion de son pays par l'Armée rouge. Très jeune, il s'initie à la langue géorgienne avec Samson Pirtskhalava (2), vice-président de l'Assemblée constituante de Géorgie, en exil à Leuville-sur-Orge en Seine-et-Oise, village dans lequel une communauté d'hommes politiques entretient la résistance contre l'occupant soviétique (3). Après de brillantes études secondaires et universitaires, il obtient un doctorat ès lettres. Il s'oriente vers la recherche dans le domaine des langues et des civilisations géorgiennes. Il retourne régulièrement à Leuville-sur-Orge, même si ses vieux maîtres ont disparu (4). Il sollicite en 1953 Georges Dumézil, qui devient son directeur de thèse, et publie son premier ouvrage "Le Système religieux de la Géorgie païenne". Il rejoint ensuite le CNRS, sous la houlette de Claude Lévi-Strauss. Il publie ses analyses dans de nombreuses revues scientifiques (5), dont la Revue de Karthvélogie "Bedi Karthlisa" dirigée par Kalistrat Salia. Devant l'impossibilité pour lui de se rendre dans le Caucase soviétique, il multiple à partir de 1965 les voyages en Turquie pour y rencontrer les descendants des Caucasiens exilés au XIXéme siècle sous la pression de l'Empire russe et au XXème siècle sous celle de l'URSS. Il apprend une dizaine de langues caucasiennes, géorgien, mingrélien, abkhaze, ossète, ... et, après Georges Dumézil, sauve la langue oubykh qui avait disparu. Il enseigne la langue géorgienne à l'Ecole pratique des Hautes Etudes et à l'Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO) de 1965 à 1998 : il forme ainsi plusieurs générations de linguistes et de chercheurs français oeuvrant sur le Caucase. En 1984, il est président de la Société de Linguistique de Paris. Il est correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres (Institut de France). Il disparaît à Paris, le 20 février 2010. Quelques témoignages :
Bibliographie :
Notes : (1) La Ière République de Géorgie en exil en France (3) Leuville-sur-Orge : la petite Géorgie (4) Témoignage de l'auteur, 20 août 2005, sollicitant Georges Charachidzé afin de participer aux journées franco-géorgiennes de Leuville-sur-Orge : "Cher Gogui. Il serait sympathique que tu viennes parler de la langue géorgienne, en souvenir aussi des étés où tu m'apprenais à jouer au poker avec Chaliko T. et à boire -un peu- de l'eau-de-vie qu'Isidore Karséladzé cachait dans son atelier de typographie". (5) Parmi les publications de Georges Charachidzé, peuvent être citées "Survivances mazdéennes chez les montagnards géorgiens" en 1964, "Vieux kabarde et parler Besleney" en 1965, "Le symbolisme de l'arbre de la vigne en Géorgie" en 1967, "Vengeance et pouvoir dans quelques sociétés extraoccidentales" avec Raymond Verdier en 1980, Les Indos-européens et le Caucase" et "Un Prométhée tcherkesse trop prométhéen" en 1986, "La roue mortelle du Narte Soslan et les rituels caucasiens" en 1987, "Derniers textes oubykhs de Hacu Osman Köyü" en 1988, "Georges Dumézil" en 1990. Voir aussi : Georges Charachidzé évoque les langues du Caucase http://www.cnrs.fr/fr/science-direc... [ Accueil ] [ Retour à l'article ] [ Haut ] |
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