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Colloque : "Iconoclasme et révolutions. XVIIIe-XXIe siècles"
lundi 12 décembre 2011

Colloque international, 12-13 décembre 2012.

Université Paris-Est Créteil (UPEC), CRHEC (Centre de recherches en histoire européenne comparée), Institut Universitaire de France, Société d'histoire de la Révolution de 1848 et des Révolutions du XIXe siècle

Organisation : Emmanuel Fureix

Comité scientifique international : Sylvie Aprile (Univ. Lille 3), Florence Bourillon (UPEC), Catherine Brice (UPEC), Pierre Centlivres (Univ. de Neuchâtel), Olivier Christin (Univ. de Neuchâtel), Annie Duprat (Univ. de Cergy-Pontoise), Emmanuel Fureix (UPEC), Dario Gamboni (Univ. de Genève), Lynn Hunt (Univ. of California, Los Angeles), Dominique Poulot (Univ. Paris 1), Rolf Reichardt (Univ. de Giessen), Pierre Serna (Univ. Paris 1), Timothy Tackett (Univ. of California, Irvine), Bertrand Tillier (Univ. de Bourgogne)

Des révolutions atlantiques du XVIIIe siècle aux révolutions arabes du XXIe siècle, des révolutions « romantiques » du XIXe siècle aux révolutions est-européennes de 1989, l'iconoclasme participe de la rupture révolutionnaire : en s'attaquant aux images, et plus largement aux signes des régimes déchus, les révolutionnaires marquent le transfert de souveraineté et le changement socio-politique opérés. Naguère assimilés à du « vandalisme », selon le néologisme de l'abbé Grégoire (1794), ces gestes doivent être rattachés à des formes d'iconoclasme ou de « sémioclasme », rituel de dépollution de signes assimilés à une souillure. Toutefois, à la différence de l'iconoclasme religieux, l'iconoclasme révolutionnaire ne vise pas la nature des images comme représentations du monde créé, mais seulement certains référents, associés à une forme de domination devenue à un moment donné intolérable. Il procède par effacement sélectif d'une mémoire (damnatio memoriae) en fonction d'un projet de régénération culturelle et de nouveaux codes symboliques.

L'historiographie de l'iconoclasme en révolution a longtemps été prisonnière du prisme du « vandalisme », de la déploration des destructions ou a contrario de leur dénégation. Les historiens de l'art ont à juste titre dépassé ces querelles pour inscrire l'iconoclasme dans le processus contemporain de patrimonialisation de l'¦uvre d'art, et de distinction sélective de l'emblème et du monument. Reste à élucider davantage les logiques de l'action iconoclaste (révolutionnaire et contre-révolutionnaire), en l'intégrant à une histoire plus large des relations entre des sujets agissants et des signes de pouvoir. Plusieurs pistes pourront être explorées dans le cadre de ce colloque :

-  Les normes et seuils de tolérance : les types de violences tolérées, les procédures de sélection des signes visés (signes proprement politiques, ou religieux, ou encore de distinction sociale), les modalités de négociation entre destruction, effacement, estompage, maquillage, dissimulation ou déplacement ; la qualification juridique des déviances iconoclastes, les modalités de leur répression judiciaire ; les liens entre violences symboliques et violences physiques

-  Les formes de participation socio-politique à l'oeuvre dans l'iconoclasme (révolutionnaire ou contre-révolutionnaire) : appropriations de souveraineté (y compris à des échelles très locales), interpellations spectaculaires de l'opinion publique, sur le mode de l'attentat symbolique, ou, a minima, résistances « infra-politiques », expressions de frustrations sociales, de haine de l'autorité

-  Les interactions conduisant aux gestes iconoclastes : interactions entre institutions et groupes sociaux dans les processus d'effacement (institutions ordonnatrices, institutions temporisatrices, etc.) ; interactions entre individus, essentielles dans les multiples micro-conflits portant sur les signes exhibés (couleurs, insignes…). Le rôle de l'honneur, notamment masculin, pourra être particulièrement étudié, dans des moments de lutte pour la maîtrise de l'espace public légitime

-  Le statut des signes, leur sacralité et les effets performatifs de l'iconoclasme : les « transferts de sacralité » opérés dans les rites iconoclastes et les effets de croyance associés aux violences sur les images ; le rôle des représentations de l'iconoclasme dans la production de l'événement révolutionnaire ; l'imitation d'un répertoire de gestes connus.

Des expériences révolutionnaires très variées, dans le temps et dans l'espace, seront étudiées à la lumière de ces interrogations, dans un souci constant d'historiciser les gestes observés.



 

 
 
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