« Le procès de Mzia Amaglobeli n’a pas respecté les normes internationales d’équité, suscitant des inquiétudes quant à la situation des droits de l’homme, de la liberté d’expression et de l’indépendance des médias en Géorgie. » » a déclaré la Fondation Clooney pour la Justice dans son évaluation du dossier contre le journaliste géorgien.
Le 16 janvier, la fondation a publié son rapport final TrialWatch sur cette affaire.
TrialWatch est une initiative internationale qui surveille les affaires judiciaires à travers le monde afin d’identifier les violations du droit à un procès équitable, en particulier dans les affaires impliquant des poursuites à caractère politique. Le projet a été lancé en 2019 par la Clooney Foundation for Justice. Elle a été fondée par l’avocate des droits de l’homme Amal Clooney et l’acteur George Clooney. Depuis sa création, TrialWatch a suivi des procédures judiciaires dans plus de 40 pays et suit actuellement les cas impliquant près de 60 journalistes dans 10 pays.
- Sénateur italien : « Mzia Amaghlobeli et Nino Datashvili ne sont pas des criminels, mais des prisonniers politiques »
- 24 pays demandent la libération de la journaliste géorgienne Mzia Amaghlobeli dans une déclaration commune
- La journaliste géorgienne emprisonnée Mzia Amaglobeli remporte le prix Sakharov
Le 12 janvier, un an après l’arrestation de Mzia Amaglobeli, la fondatrice des médias Batumelebi et Netgazeti. Elle a été condamnée à deux ans de prison pour avoir giflé le chef de la police de Batoumi lors d’une manifestation.
Mzia Amaglobeli est depuis devenue un symbole du mouvement pro-européen géorgien et a reçu de nombreux prix internationaux, dont le prix Sakharov du Parlement européen.
Tous les détails de l’affaire contre la journaliste géorgienne Mzia Amaglobeli
L’audience a duré neuf heures. L’avocat a qualifié le procès d’historique et a parlé de falsifications dans l’affaire. Le verdict dans l’affaire Mzia Amaglobeli est attendu le 4 août
Dans un communiqué de presse accompagnant le rapport de la Fondation Clooney, les poursuites contre Mzia Amaglobeli sont décrites comme particulièrement préoccupantes, car elles se déroulent dans un contexte de restrictions plus larges de la liberté des médias et de l’indépendance judiciaire par le parti pro-russe au pouvoir, Georgian Dream.
« La procédure pénale contre Mzia Amaglobeli a révélé de nombreuses violations des normes internationales des droits humains, qui ont gravement compromis l’équité de sa détention et de son procès, ainsi que sa condamnation en vertu d’un article qui n’a jamais été formellement retenu contre elle. » a déclaré l’avocat britannique Nicolas Bratza, ancien président de la Cour européenne des droits de l’homme. Il a évalué le procès en tant qu’expert pour TrialWatch.
Dans son rapport final, la Clooney Foundation for Justice pointe une erreur judiciaire dans le cas du journaliste et expose en détail les lacunes de la procédure. Le rapport met en avant des violations des droits de la défense, notant notamment que l’accusée n’a pas été autorisée à communiquer librement avec ses avocats pendant le procès. En outre, le tribunal a refusé à la défense l’accès aux éléments de preuve et aux témoins clés.
« Je pourrais passer des années en prison parce que le régime le veut » – Le procès de la journaliste géorgienne Mzia Amaghlobeli touche à sa fin
Lors de son témoignage, la journaliste a évoqué les mauvais traitements qu’elle a subis pendant et après son arrestation.

Mzia Amaglobeli a été initialement accusée d’avoir agressé un policier, un délit passible de quatre à sept ans de prison. Cependant, le jour du prononcé du verdict, le juge a requalifié l’accusation en résistance à un policier.
Le rapport de la Clooney Foundation for Justice souligne que cette soudaine reclassification a privé Amaglobeli d’une réelle opportunité de se défendre contre la nouvelle accusation pour laquelle elle a finalement été condamnée.
La journaliste géorgienne Mzia Amaghlobeli condamnée à deux ans de prison
Le fondateur de Batumelebi et Netgazeti avait déjà été condamné à quatre à sept ans de prison.

Le rapport soulève également des inquiétudes quant à l’équité de la peine. Selon la fondation, le verdict du tribunal ne justifie pas suffisamment la condamnation et la peine de prison imposée. Il qualifie la peine privative de liberté de disproportionnée, estimant qu’il existait des motifs suffisants pour infliger une amende ou assigner le prévenu à résidence.
Selon la fondation, cela témoigne d’un abus de la procédure judiciaire et d’une intention de punir le journaliste afin d’intimider les autres personnes ayant des opinions dissidentes.
Le rapport fait également référence à une violation de la présomption d’innocence, citant des déclarations de hauts responsables qui ont publiquement qualifié Mzia Amaglobeli de coupable bien avant le prononcé du verdict.
La Fondation Clooney pour la Justice considère que l’affaire est politiquement motivée, affirmant que cela est également démontré par le climat politique plus large de la Géorgie et l’état de sa démocratie.
La fondation appelle les autorités géorgiennes à annuler la condamnation de Mzia Amaglobeli, à obtenir sa libération immédiate et à garantir que les tribunaux fonctionnent à l’abri de toute influence politique.
La Fondation Clooney sur le procès Amaglobeli