La chaîne de télévision américaine Fox News a rapporté que l’Iran utilise la Géorgie comme canal pour contourner les sanctions occidentales et pour apporter un soutien financier à son infrastructure militaire.
Le rapport s’appuie sur une étude de l’Hudson Institute, qui évoque l’intérêt croissant de Téhéran pour le Caucase du Sud, et en particulier pour l’approfondissement de ses relations avec la Géorgie.
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L’affaire concerne un rapport publié par l’institut sur l’influence croissante de l’Iran en Géorgie.
Selon l’article, l’Iran, confronté à un isolement croissant dans la région, tente de développer de nouvelles voies économiques et logistiques. Dans ce contexte, la Géorgie – qui « cherche depuis des années à s’intégrer à l’Occident et est considérée comme un membre potentiel de l’OTAN et de l’Union européenne » – entre progressivement dans la sphère d’intérêt stratégique de Téhéran.
Le co-auteur du rapport, Giorgi Kandelaki, a déclaré dans une interview qu’un tel changement dans la politique étrangère de Tbilissi constitue une menace à la fois pour le développement interne de la Géorgie et pour les intérêts américains dans la région.
L’article accorde une attention particulière à une branche de l’Université Al-Mustafa en Géorgie (qui ne dispose pas d’accréditation officielle). Selon l’organisation United Against Nuclear Iran, c’est l’un des outils utilisés pour étendre l’influence idéologique iranienne.
Le Département du Trésor américain a déclaré en 2020 que le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran et sa force Quds utilisaient l’Université Al-Mustafa en Géorgie dans le cadre d’un réseau de recrutement international pour l’Iran, ainsi que comme canal de promotion des intérêts idéologiques et sécuritaires de la République islamique.
Le même communiqué du Trésor souligne également que l’université facilite les échanges d’étudiants avec des universités étrangères afin de développer des sources de renseignements pour l’Iran.
L’article de Fox News cite également plusieurs cas spécifiques dans lesquels l’Iran aurait utilisé des individus géorgiens sympathisants pour commettre des crimes internationaux en soutien à sa politique intérieure.
Bien qu’aucun lien avec le gouvernement de Tbilissi n’ait jamais été établi, il semblerait que le citoyen géorgien Agil Aslanov, qui avait des liens avec le crime organisé, ait été recruté par la Force Quds pour assassiner un éminent dirigeant juif en Azerbaïdjan en 2022.
Dans une autre affaire, en 2025, le citoyen géorgien Polad Omarov a été inculpé par un tribunal fédéral de New York et condamné à 25 ans de prison pour avoir tenté d’assassiner le célèbre militant iranien Masih Alinejad, un critique virulent du recours à la violence par l’Iran contre des manifestants pacifiques.
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L’article rappelle qu’après la « Révolution des roses » de 2003, la Géorgie a activement renforcé son partenariat avec Washington, a participé à des missions militaires internationales en Irak et en Afghanistan et a signé en 2009 la Charte de partenariat stratégique.
L’auteur note que cette période est considérée comme l’un des symboles du renforcement de l’orientation occidentale du pays.
Cependant, selon l’auteur, cette direction a progressivement changé après l’arrivée au pouvoir du parti Rêve Géorgien en 2012. L’auteur relie ce processus aux changements politiques internes en Géorgie, notamment à la redistribution du pouvoir et à la formation d’une nouvelle élite politique.
Une attention particulière est accordée au fait qu’en 2024, Salomé Zourabichvili a quitté le poste de présidente et que Mikhaïl Kavelashvili a été élu à sa place, ce qui, selon l’auteur, a également affecté l’orientation de la politique étrangère du pays.
« Le Premier ministre géorgien Irakli Kobakhidze s’est rendu en Iran en mai 2024 pour les funérailles du président iranien Ibrahim Raisi, décédé dans un accident d’hélicoptère, et de nouveau en juillet pour assister à l’investiture de l’actuel président iranien, Masoud Pezeshkian, où les agences de presse iraniennes ont rapporté que les deux dirigeants ont salué les relations croissantes entre les deux pays.», écrit l’auteur.
L’article aborde également l’aspect économique. L’organisation non gouvernementale géorgienne Civic IDEA rapporte que des dizaines d’entreprises enregistrées en Géorgie ont importé du pétrole et des produits pétroliers iraniens entre 2022 et 2025.
Selon l’organisation, certaines de ces entreprises sont liées à des sponsors du parti au pouvoir, ce qui, selon les auteurs, soulève des questions supplémentaires sur le lien entre intérêts politiques et économiques.
En conclusion, l’article note que le gouvernement géorgien n’a pas répondu aux appels téléphoniques ou aux courriels sollicitant des commentaires sur la situation. Un représentant de la mission iranienne auprès de l’ONU a refusé de commenter les relations entre l’Iran et la Géorgie.
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Contexte
L’étude intitulée « Le tournant de la Géorgie vers l’Iran : l’expansion rapide de l’influence de Téhéran dans un pays qui était autrefois un allié clé des États-Unis » a été publié le 3 mars. Ses auteurs sont Luke Coffey, chercheur principal à l’Institut Hudson, et Giorgi Kandelaki, directeur de projet au « Laboratoire d’étude du passé soviétique ».
Selon le rapport, l’influence politique, religieuse, économique et culturelle de l’Iran en Géorgie a « fortement augmenté » ces dernières années et, dans certains domaines, est devenue « systémique ». Les auteurs soutiennent que ce processus s’inscrit dans un réalignement géopolitique plus large qui inclut également des liens plus étroits avec Moscou.
Selon les auteurs, cette tendance affecte également la situation politique intérieure du pays – affaiblissant les institutions démocratiques, augmentant la pression juridique sur les ONG et les médias pro-occidentaux et sapant le partenariat traditionnel de la Géorgie avec l’Occident.
Quelques jours après la publication de l’étude, le 7 mars, les services de sécurité de l’État de Géorgie ont convoqué plusieurs hommes politiques et experts pour les interroger, notamment l’opposant Gubaz Sanikidze, l’ancienne ministre de la Défense Tina Khidasheli, le co-auteur de l’étude Giorgi Kandelaki, l’ancien député Givi Targamadze et le général de division Vakhtang Kapanadze.
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