Mécanisme de Moscou de l’OSCE sur la Géorgie
Matériel préparé sur la base des informations fournies par l’Association géorgienne des jeunes avocats (GYLA).
Le rapport publié le 12 mars 2026 dans le cadre du mécanisme de Moscou de l’OSCE présente un tableau inquiétant de la situation des droits humains en Géorgie.
Couvrant la période du printemps 2024 à aujourd’hui, le document décrit des violations systémiques, l’affaiblissement des institutions démocratiques et une tendance croissante à la concentration du pouvoir.
Le rapport fait largement référence aux instruments du droit international dont l’utilisation n’est généralement envisagée que dans des cas particulièrement graves – depuis la compétence universelle jusqu’au tribunal de La Haye.
Le document décrit les problèmes de la Géorgie dans les domaines clés suivants :
- Menaces sur le pluralisme politique
- Violences et mauvais traitements
- Restrictions à la liberté de réunion et d’expression
- La situation de la société civile
- Problèmes d’indépendance judiciaire
24 États membres de l’OSCE appellent la Géorgie à mettre en œuvre les recommandations du « Mécanisme de Moscou »
Le rapport détaille des cas de persécution et de répression. L’OSCE appelle à l’abrogation ou à une révision fondamentale des lois qui ne sont pas conformes aux obligations internationales et ont conduit à un recul démocratique
Qu’est-ce que le mécanisme de Moscou et pourquoi il a été déclenché dans le cas de la Géorgie
Le Mécanisme de Moscou est l’un des outils les plus puissants du système des droits de l’homme de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Son utilisation devient possible lorsqu’un groupe d’États participants de l’OSCE estime que les engagements en matière de droits de l’homme dans un pays particulier sont sérieusement menacés.
Dans de tels cas, un expert indépendant rassemble des informations et prépare un rapport qui fournit à la communauté internationale une évaluation fondée sur des faits.
Dans le cas de la Géorgie, le mécanisme a été déclenché le 29 janvier 2026, avec le soutien de 23 États participants de l’OSCE.
Bien que ces rapports ne soient pas juridiquement contraignants, ils revêtent une autorité politique et internationale significative et servent souvent de base à d’autres actions internationales.
Le rapport du Mécanisme de Moscou de l’OSCE met en garde contre une aggravation de la situation des droits humains en Géorgie
Le rapport décrit en détail la situation en Géorgie depuis le début de 2024 jusqu’à aujourd’hui.

Allégations de torture et de mauvais traitements
L’une des parties les plus graves du rapport concerne d’éventuels cas de torture et de traitements inhumains.
Selon l’expert, il a reçu de nombreux témoignages de personnes faisant état de violences de la part des forces de l’ordre. Ces témoignages étaient souvent accompagnés de matériel photo et vidéo, ainsi que de documentation médicale.
Même si l’expert n’a pas pu vérifier de manière indépendante chaque cas individuel, le volume et la cohérence des informations créent une image globale cohérente.
Le rapport note que ces documents contiennent les principaux indicateurs de torture. Il indique également que la force utilisée lors des manifestations, contrairement aux affirmations des autorités, n’était peut-être ni nécessaire ni proportionnée.
Le fait que les enquêtes sur les cas de violences policières aient été jugées insuffisamment efficaces est particulièrement préoccupant. L’expert note que dans de telles circonstances, l’État pourrait violer ses obligations internationales interdisant la torture.
Utilisation possible du droit international
La gravité du rapport est particulièrement évidente dans ses recommandations.
Le document exhorte la communauté internationale, si nécessaire, à envisager le recours à la compétence universelle, c’est-à-dire à demander aux tribunaux nationaux des pays autres que celui où le crime a été commis d’examiner les affaires.
Plusieurs autres mécanismes internationaux sont également envisagés :
- Déposer une plainte interétatique auprès du Comité des Nations Unies contre la torture
- Soumettre le différend à la Cour internationale de Justice
- Examen de la situation à la Cour pénale internationale (CPI)
- Enquête sur l’utilisation possible d’agents chimiques dans le cadre de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC)
Ces mécanismes sont rarement utilisés, ce qui souligne encore la gravité des problèmes décrits dans le rapport.
Le rapport appelle également la communauté internationale à aider les personnes qui ont choisi de quitter le pays en raison de violations des droits humains.
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Restrictions à la liberté de réunion et d’expression
Le rapport évalue de manière critique les changements législatifs liés aux manifestations.
Selon l’expert, les sanctions imposées sont souvent disproportionnées. Les pratiques problématiques incluent le recours à la détention administrative et des règles telles que l’interdiction totale de se couvrir le visage lors des manifestations.
Le rapport souligne également une aggravation de la situation des médias. Des cas d’attaques contre des journalistes sont signalés, ainsi que des changements législatifs susceptibles de créer un « effet dissuasif », poussant les journalistes et les critiques à l’autocensure.
La loi « sur les valeurs familiales » est également critiquée, car l’expert la juge incompatible avec les libertés d’expression et de réunion.
Société civile et lois sur « l’influence étrangère »
Le rapport aborde également les lois affectant les organisations non gouvernementales et le financement international.
L’expert s’associe aux évaluations critiques de la Commission de Venise et d’autres organismes internationaux, notant que de telles lois restreignent non seulement la liberté d’association mais ont également un impact sur d’autres droits fondamentaux.
Le document appelle les autorités à abroger les réglementations pertinentes.
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Utilisation du système de justice pénale à des fins politiques
Le rapport met en lumière l’utilisation sélective des mécanismes de justice pénale à des fins politiques.
Selon l’expert, dans certains cas, les forces de l’ordre sont utilisées pour réprimer la dissidence, exerçant ainsi une pression particulière sur les opposants, les militants et les journalistes.
Le document appelle les autorités à libérer immédiatement les personnes détenues pour des raisons politiques et à éviter de telles pratiques à l’avenir.
Problèmes d’indépendance judiciaire
Le rapport accorde une attention particulière à l’indépendance du pouvoir judiciaire.
L’expert note que les vastes pouvoirs du Conseil supérieur de la justice – y compris les nominations, les promotions et les procédures disciplinaires contre les juges – créent des opportunités de contrôle systémique.
D’autres préoccupations incluent le manque de transparence dans les activités du Conseil et la perception largement répandue selon laquelle le système judiciaire est sous l’influence de groupes puissants.
Affaiblissement du pluralisme politique et risque de « capture de l’État »
L’un des termes clés du rapport est « capture de l’État », que l’expert utilise pour décrire une situation dans laquelle la force politique au pouvoir établit progressivement son contrôle sur les institutions de l’État.
Selon le rapport, ce contrôle permet au gouvernement de procéder rapidement à des modifications législatives et d’utiliser les institutions de l’État contre ses opposants politiques.
Le document identifie plusieurs pratiques contribuant à l’affaiblissement systématique de l’opposition :
- Tentatives d’interdiction des partis politiques
- Poursuites intentées contre des dirigeants de l’opposition
- Réponse inadéquate aux incidents de violence
- Campagnes médiatiques visant à discréditer les opposants
Le rapport appelle les autorités à s’abstenir de telles actions contre l’opposition.
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« L’une des principales cibles de la répression était la suppression de la liberté d’expression. »

Élections et processus démocratiques
Le rapport aborde également les élections récentes.
L’expert recommande de mener une enquête indépendante et impartiale sur toutes les allégations de violations électorales.
Il est également considéré comme important de réformer le système électoral conformément aux recommandations internationales et de garantir la pleine participation des observateurs internationaux aux futures élections.
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L’organisation affirme qu’elle criminalise davantage l’expression d’opinions critiques.

Conclusion : pourquoi la participation internationale pourrait augmenter
La dernière section du rapport souligne la nature complexe des problèmes.
L’expert appelle la communauté internationale à utiliser activement divers mécanismes spéciaux de l’ONU sur des questions telles que la détention arbitraire, la torture, la liberté d’expression, l’indépendance judiciaire et d’autres sujets.
Les recommandations en faveur d’un engagement international d’une telle ampleur sont rares et indiquent que, selon l’évaluation des experts, la situation en Géorgie ne peut plus être résolue uniquement par les institutions nationales.
La conclusion générale du document est claire : les droits de l’homme dans le pays, l’indépendance des institutions démocratiques et le pluralisme politique sont confrontés à de sérieux défis, et l’importance de la surveillance internationale de ces processus augmente rapidement.
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