GYLA s’inquiète du processus de sélection du juge géorgien de la CEDH

L’Association des jeunes avocats géorgiens (GYLA) a publié une publication remettant en question le concours en cours pour sélectionner le candidat géorgien à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), affirmant que le processus ne répond pas aux normes du Conseil de l’Europe en matière d’indépendance, d’équité et de transparence.

Mardi, GYLA a publié une publication soulignant que la compétition se déroule dans un contexte de recul démocratique, de contrôle politique sur les institutions de l’État et de pression sur la société civile.

Bien que la décision finale soit prise par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), la Géorgie doit d’abord soumettre une liste de trois candidats pour le mandat de neuf ans. GYLA considère donc qu’il est crucial que le processus de sélection au niveau national soit ouvert, compétitif et libre de toute influence politique.

La procédure de sélection des candidats a été établie par le ministère de la Justice en décembre 2025, qui a également créé la commission de sélection. La publication note que La Géorgie avait initialement prévu de soumettre sa liste de candidats au Conseil de l’Europe d’ici le 4 février 2026, mais le délai a été prolongé à deux reprises. La date limite finale est le 30 septembre, tandis que les candidatures se terminent le 1er septembre.

La commission est dirigée par le ministre de la Justice et comprend des représentants de diverses institutions publiques, du bureau du défenseur public, de l’association du barreau géorgien et de plusieurs universités d’État.

Dans le cadre de cette procédure, les candidatures sont d’abord examinées par le département de gestion des ressources humaines du ministère. La commission interroge ensuite les candidats présélectionnés et les évalue à l’aide d’un système de points. La liste finale de trois candidats est constituée sur la base des notes moyennes. Au moins un candidat d’un sexe différent doit figurer sur la liste, précise GYLA.

La commission compétente de l’APCE peut refuser le vote d’une liste soumise par un État si elle conclut que les candidats ne possèdent pas les qualifications requises ou si le processus de sélection national n’a pas été suffisamment équitable et transparent. Dans un tel cas, l’État devrait soumettre une nouvelle liste et répéter la procédure.

GYLA identifie quatre préoccupations clés

GYLA soutient que les règles actuelles régissant la concurrence soulèvent plusieurs questions fondamentales.

La première préoccupation est l’indépendance réelle de la commission. Bien que la commission comprenne officiellement des représentants de diverses institutions publiques et universitaires, l’évaluation de GYLA indique que, dans un contexte d’affaiblissement du contrôle démocratique et de l’influence politique sur les institutions, le fait de réunir des représentants de différentes agences au sein d’un seul organe ne garantit pas en soi le pluralisme et l’indépendance.

Le deuxième souci, selon l’organisation, est que les représentants de la société civile ne font plus partie de la commission actuelle, contrairement aux concours de 2016-2017.

Le troisième problème identifié par GYLA est l’absence de critères d’évaluation clairs.

« Bien que les règles actuelles prévoient que les candidats soient évalués selon un système basé sur des points, elles ne précisent pas les critères que les membres de la commission doivent utiliser pour évaluer l’expérience professionnelle, la connaissance du droit des droits de l’homme, les compétences linguistiques, l’indépendance, l’éthique ou d’autres compétences importantes. Ils n’exigent pas non plus que les évaluations soient justifiées. En conséquence, l’attribution des points devient difficile à contrôler et imprévisible», affirme GYLA.

La quatrième préoccupation est la transparence réduite. Les nouvelles règles n’exigent plus la publication de l’identité des participants, des documents qu’ils soumettent, des notes qu’ils obtiennent ou des procès-verbaux des réunions des commissions. Les règles ne prévoient pas non plus de réunions publiques ni la possibilité pour les médias d’y assister.

« L’évaluation du concours ne peut se limiter à la question de savoir si un poste vacant a été officiellement annoncé ou si des entretiens ont eu lieu », a souligné GYLA.

Le juge de la CEDH exerce un mandat de neuf ans au sein de l’une des institutions de défense des droits de l’homme les plus importantes d’Europe, et les décisions de la Cour affectent les droits de millions de personnes. Par conséquent, GYLA soutient que la sélection des candidats ne devrait pas devenir un processus administratif fermé ou un outil permettant de tester la loyauté politique.

GYLA a conclu sa déclaration en notant que ces problèmes ne peuvent être résolus sans des réformes systémiques plus larges et un retour à la voie démocratique. Il a également appelé à une réforme des règles de sélection des candidats avec une large participation du public, une représentation de la société civile et des experts indépendants au sein de la commission, et à l’établissement de critères clairs pour l’évaluation des candidats.