Rapport du médiateur géorgien
Le médiateur géorgien a présenté un rapport annuel au Parlement évaluant la situation des droits de l’homme en 2025, soulignant à la fois des signes de progrès et de profonds problèmes systémiques.
Le document, qui sera bientôt discuté au Parlement, formule des recommandations spécifiques à l’intention des autorités. Son message principal est toutefois que, dans plusieurs domaines, la situation nécessite non seulement une amélioration, mais aussi une action urgente.
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« L’une des principales cibles de la répression était la suppression de la liberté d’expression. »
Territoires occupés et effet de l’isolement
L’une des sections les plus sérieuses du rapport se concentre sur la situation des habitants des régions et villages occupés le long de la ligne d’occupation. Le médiateur affirme que les détentions illégales et la privation de liberté restent un problème systémique, aggravé par un climat d’impunité.
Le document décrit en détail le processus de « frontalisation », qui prive les résidents locaux de leurs droits de propriété et restreint leur vie quotidienne. Il met également en lumière les limites de l’enseignement dans les langues autochtones et les cas de discrimination ethnique.
Dans ce contexte, le rapport note une tendance croissante à la migration des jeunes en provenance des zones proches de la ligne d’occupation, accélérant le déclin démographique. Dans le même temps, la question du logement des personnes déplacées à l’intérieur du pays n’est toujours pas résolue.
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Les problèmes restent non résolus concernant les droits des personnes vivant dans les territoires occupés, l’oppression des Géorgiens de souche, l’occupation rampante, la soi-disant « frontalisation » et la sécurité des résidents locaux.

Manifestations, recours à la force et sentiment d’impunité
Le rapport examine les manifestations organisées en 2024-2025 et les violations enregistrées lors de celles-ci. Le médiateur souligne de nombreux cas de mauvais traitements et affirme que les enquêtes sur ces incidents sont souvent inefficaces.
Les données dressent un tableau clair : une part importante des personnes arrêtées lors des manifestations au cours des différentes années déclarent avoir subi des violences. Ce chiffre a fortement augmenté lors des manifestations de fin 2024 et début 2025. Selon le rapport, près de trois personnes sur quatre visitées au cours des premiers jours des manifestations hivernales – environ 75 % – ont signalé des mauvais traitements, ce qui indique une crise de confiance dans les institutions de l’État.
Dans ce contexte, le rapport aborde également les restrictions à la liberté d’expression et les licenciements présumés pour raisons politiques dans le secteur public, soulevant de nouvelles inquiétudes quant au fonctionnement des institutions démocratiques.
« Parmi les personnes arrêtées lors des manifestations des 20 et 21 juin 2019 et visitées par les représentants du Défenseur public, 30,2 % ont signalé des mauvais traitements.
Lors des manifestations du 7 au 9 mars 2023 — 20,8 %.
Lors des manifestations d’avril à mai 2024 – 51,1 %.
Parmi les personnes visitées par les représentants du médiateur entre le 28 novembre 2024 et le 1er mars 2025, 60 % ont signalé des mauvais traitements.
Dans le même temps, dans les premiers jours de la dispersion des manifestations hivernales – du 29 novembre au 2 décembre 2024 – 79,5 % des personnes visitées ont signalé des mauvais traitements. Lors des visites des 2 et 3 février 2025, 22 personnes sur 25, soit 88 %, ont déclaré avoir subi des mauvais traitements », indique le rapport.
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Dans certains cas, le chef des forces spéciales géorgiennes, Zviad Kharazishvili, aurait lui-même enregistré des vidéos montrant des détenus battus.

Système pénitentiaire et application de la loi
Le rapport met en évidence une grave surpopulation du système pénitentiaire, qui affecte négativement à la fois les conditions de détention et les possibilités de réinsertion. Il identifie également l’inefficacité des mécanismes de libération anticipée comme un problème clé.
Dans le même temps, les carences au sein du ministère de l’Intérieur sont une fois de plus décrites comme un problème chronique, notamment en termes de qualité des enquêtes et de responsabilisation.
Violence basée sur le genre et groupes vulnérables
Le rapport souligne que la prévention des meurtres motivés par le genre, y compris le fémicide, reste un défi de taille. Malgré quelques progrès législatifs, le système judiciaire et les mécanismes de prévention restent insuffisamment efficaces.
Le document aborde également les obstacles rencontrés par les minorités nationales et religieuses. Il accorde une attention particulière aux groupes vulnérables – les enfants, les personnes handicapées et les personnes âgées – dont la situation est souvent difficile et encore aggravée par la pauvreté et la faiblesse des systèmes de protection sociale.
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Pression sur les droits socio-économiques
Le rapport souligne également des lacunes systémiques dans les domaines de la santé et des droits du travail. La protection des droits des patients reste problématique, tandis que les garanties juridiques d’une rémunération équitable restent insuffisantes.
Il identifie également des logements sociaux insalubres et un accès limité à l’eau dans certaines régions, des problèmes qui affectent directement la vie quotidienne.
Selon le rapport, des recommandations spécifiques ont été préparées pour résoudre ces problèmes, le Parlement étant en dernier ressort responsable de leur mise en œuvre.
Le document sera d’abord examiné par le comité des droits de l’homme avant de passer en séance plénière. Ce processus déterminera si les résultats conduisent à un véritable changement politique.
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