Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a publié son rapport 2025 sur la mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Le rapport montre que même si certains pays ont réalisé des progrès notables, des problèmes systémiques persistent, notamment en Géorgie.
En 2025, la Géorgie a versé 748 817 € d’indemnisation en vertu des arrêts de la CEDH, une forte augmentation par rapport à l’année précédente, où ce chiffre s’élevait à seulement 85 512 €.
Affaires géorgiennes devant la CEDH : statistiques et tendances
Depuis la ratification de la Convention européenne des droits de l’homme en 1999, 202 affaires au total ont été portées contre la Géorgie devant la CEDH à Strasbourg.
Parmi ceux-ci :
- 82 sont classées comme des affaires de référence
- 120 comme cas répétitifs
Sur ce total, 125 affaires sont désormais clôturées, ce qui signifie que les arrêts ont été exécutés :
- 53 affaires phares
- 72 cas répétitifs
Auteur du rapport du « Mécanisme de Moscou » : les prisonniers politiques en Géorgie devraient être libérés
Patrycja Grzebyk a également appelé le Rêve géorgien à abroger les lois répressives
Nouveaux cas : types de violations identifiées
En 2025, 11 nouvelles affaires contre la Géorgie sont passées au stade de la surveillance de l’exécution des jugements. Cela représente une légère diminution par rapport aux années précédentes (13 en 2024 et 15 en 2023), mais la nature des problèmes reste inchangée.
Les principaux problèmes comprennent :
- Durée excessive des procédures judiciaires
- Restrictions à la liberté de réunion
- Dans un cas, recours excessif à la force par la police contre des participants à une manifestation
En attente de mise en œuvre : cas accumulés
Fin 2025, la Géorgie comptait encore 77 arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme non exécutés.
Parmi eux :
- 9 affaires de référence sous surveillance renforcée (dont 5 sont pendantes depuis plus de cinq ans)
- 20 affaires de référence selon la procédure standard (dont 9 sont également restées non résolues depuis plus de cinq ans)
Le rapport note que les autorités ont soumis :
- 7 plans d’actions
- 15 rapports d’actions
Toutefois, des informations actualisées sont toujours attendues dans quatre cas.
« Forcée de s’agenouiller, humiliée » : la Géorgie condamnée à verser des indemnités aux enfants du pensionnat de Ninotsminda
Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU appelle à réexaminer les conditions des enfants encore dans l’internat et déclare que personne n’a été tenu pénalement responsable

Rémunération et obligations financières
En 2025, la Géorgie a versé l’intégralité des indemnisations dans neuf cas. Toutefois, les retards de paiement restent un problème :
- Dans cinq cas, le paiement des indemnisations ou leur confirmation sont retardés
- Les délais fixés par la Cour européenne ont expiré depuis plus de six mois
Affaires closes et signes de progrès
En 2025, le Comité des Ministres a classé sept dossiers :
- 2 affaires phares
- 5 cas répétitifs
Une réalisation notable a été les progrès réalisés dans le domaine du droit au respect de la vie familiale. Les tribunaux se sont de plus en plus appuyés sur « l’intérêt supérieur de l’enfant », ce qui a permis de clore une affaire spécifique.
Les affaires clôturées restantes relevaient en grande partie de catégories dans lesquelles aucune autre mesure individuelle n’était nécessaire.
Problèmes systémiques : des défis majeurs demeurent
Le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe a mis en évidence cinq affaires (ou groupes d’affaires) clés sous surveillance renforcée, reflétant des lacunes systémiques du système judiciaire :
- Enquêtes inefficaces sur les mauvais traitements et les violations du droit à la vie, y compris le recours excessif à la force par la police
- Prolongation injustifiée de la détention provisoire et motivation insuffisante des tribunaux
- Absence de mécanisme juridique de reconnaissance du genre
- Faible protection contre les violences homophobes et à caractère religieux
- Violations liées aux manifestations et détentions administratives arbitraires
Les préoccupations supplémentaires incluent :
- Mécanismes insuffisants pour prévenir la violence domestique
- Durée excessive des procédures judiciaires
- Les défis pour garantir une justice impartiale
« Forcée de s’agenouiller, humiliée » : la Géorgie condamnée à verser des indemnités aux enfants du pensionnat de Ninotsminda
Le Comité des droits de l’enfant de l’ONU appelle à réexaminer les conditions des enfants encore dans l’internat et déclare que personne n’a été tenu pénalement responsable

Les obligations de la Russie et les jugements non appliqués
Le rapport aborde également la question de la Russie, notamment dans le cadre des affaires interétatiques impliquant la Géorgie.
Selon le Comité des Ministres :
- La Russie n’a pas appliqué l’arrêt concernant les arrestations et déportations massives de Géorgiens en 2006-2007
- Aucune indemnisation n’a été versée pour les violations des droits humains liées à la guerre d’août 2008
Le Comité souligne que le manque de coopération de la Russie ainsi que le manque d’informations restent l’un des principaux obstacles systémiques. Bien qu’elle ait été expulsée du Conseil de l’Europe en 2022, la Russie est toujours tenue de se conformer aux jugements des tribunaux concernant les violations survenues avant son expulsion.
L’Association des jeunes avocats géorgiens réclame une indemnisation pour les victimes de la guerre de 2008
Ces affaires concernent des violations présumées par la Russie d’articles de la Convention européenne des droits de l’homme.

Portrait européen : progrès et risques systémiques
En 2025, le Comité des Ministres a clôturé un total de 949 dossiers, soit une augmentation de 6,2 % par rapport à l’année précédente. Parmi eux, 194 étaient des cas de référence, une catégorie qui nécessite souvent des réformes systémiques.
Le rapport met en avant plusieurs exemples positifs :
- Ukraine — 97 affaires classées (dont 11 affaires de référence)
- Roumanie — qui a enregistré la plus forte réduction du nombre total d’affaires et d’affaires de référence
Des progrès significatifs ont également été constatés en Autriche, en Estonie, en France, en Allemagne et en Lituanie.
Toutefois, la situation globale reste difficile. Les problèmes clés comprennent :
- Complexité croissante des dossiers
- Un nombre croissant de cas de longue date
- Plus de 500 affaires de référence en attente d’exécution depuis plus de cinq ans
La Géorgie reste dans cette catégorie, ce qui indique que malgré certains progrès, le besoin de réformes systémiques persiste.
En six mois, la Géorgie a adopté cinq lois restreignant les médias. Voici une ventilation
Ces lois interdisent les médias financés par l’étranger, renforcent le contrôle de l’État et punissent les journalistes qui critiquent les autorités.

Comment la Géorgie met en œuvre les arrêts de la CEDH