Selon un reportage exclusif de CNN, pendant la guerre avec l’Iran, Israël a déployé des unités des forces spéciales, des agents du Mossad et des hélicoptères dans le sud de l’Azerbaïdjan, en particulier près de la frontière iranienne, à environ 100 kilomètres de Tabriz.
Le rapport indique que les forces ont été utilisées pour la reconnaissance, l’installation d’équipements de surveillance, les opérations de drones et les missions de sauvetage. Les préparatifs des opérations auraient commencé en janvier et leur mise en œuvre aurait eu lieu en février et mars. Le 4 mars, le chef des renseignements du Corps des Gardiens de la révolution islamique iranien, Rahman Moghadam, aurait été tué lors d’une opération lancée depuis le territoire azerbaïdjanais.
Le 5 mars, des drones arrivant d’Iran ont frappé l’aéroport international du Nakhitchevan et une école du village de Shekerabad, dans la République autonome du Nakhitchevan. Plusieurs personnes ont été blessées.
Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a qualifié l’attaque d’« acte terroriste », de « frappe perfide » et d’« acte sale, lâche et éhonté ». Il a exigé des excuses et des explications de la part de l’Iran, ainsi que la responsabilisation des responsables.
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, Aliyev a demandé aux forces armées de préparer et d’appliquer des mesures de représailles, affirmant que les responsables seraient punis.
Le président azerbaïdjanais déclare que l’Iran a commis un « acte terroriste » contre le pays
Aliyev affirme que l’Iran a fait preuve d’une « grande ingratitude » et prévient que les attaquants « le regretteront »
Les services de sécurité de l’État azerbaïdjanais ont déclaré avoir contrecarré les plans du Corps des Gardiens de la révolution islamique visant à cibler les infrastructures critiques en Azerbaïdjan, ainsi que les sites israéliens et juifs du pays.
Israël a confirmé plus tard que l’opération avait été menée conjointement par le Mossad, les Forces de défense israéliennes et le Shin Bet.
Commentant ces informations, l’ambassade d’Azerbaïdjan à Washington a déclaré : « Nous rejetons catégoriquement les allégations infondées selon lesquelles le territoire azerbaïdjanais aurait été utilisé pour des opérations contre des pays tiers ».
Comment Israël a aidé l’Azerbaïdjan à découvrir le complot iranien visant à attaquer l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan
Les agences israéliennes – le Mossad, le Shin Bet et les Forces de défense israéliennes – auraient participé conjointement à l’opération visant à découvrir le réseau terroriste lié au CGRI.

Lors d’un entretien téléphonique avec Ilham Aliyev le 11 mars 2026, le président russe Vladimir Poutine a exprimé sa gratitude particulière aux dirigeants azerbaïdjanais.
Poutine a salué l’aide de l’Azerbaïdjan dans l’évacuation des citoyens russes d’Iran, ainsi que son rôle dans la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire russe à l’Iran via le territoire azerbaïdjanais. L’aide consistait principalement en fournitures médicales s’élevant à des centaines de tonnes.
Les expéditions humanitaires ont été transportées par chemin de fer via la gare de Garadagh. Selon Poutine, cela démontre le rôle important de l’Azerbaïdjan dans la logistique régionale et la coopération humanitaire.
L’équilibre de l’Azerbaïdjan sous pression
L’Azerbaïdjan se trouve face à un dilemme sécuritaire classique et démontre actuellement l’un des exemples les plus frappants de politique étrangère multi-vecteurs. D’une part, son partenariat stratégique avec Israël – englobant la fourniture d’armes, la coopération en matière de renseignement, les systèmes de défense antimissile et le soutien au lobbying aux États-Unis – a effectivement créé un front nord contre l’Iran et fait de Bakou un partenaire important pour Israël dans la région.
D’un autre côté, la frontière directe de l’Azerbaïdjan avec l’Iran, la présence de la République autonome du Nakhitchevan et les menaces émanant du Corps des Gardiens de la révolution islamique, y compris les plans présumés visant à cibler l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, créent des risques de sécurité tangibles. L’enquête de CNN a effectivement révélé au grand jour ce qui était jusqu’alors une stratégie jusqu’alors méconnue, obligeant Bakou à expliquer sa position à la fois à Téhéran et à la communauté internationale.
La complexité de cet exercice d’équilibre est particulièrement évidente dans plusieurs domaines.
Relations avec la Russie. L’expression publique de gratitude de Poutine semble loin d’être fortuite. L’Azerbaïdjan constitue une voie de transit fiable pour les expéditions d’aide humanitaire russe vers l’Iran. Ce rôle offre à la fois des avantages économiques grâce à la logistique et des dividendes politiques. Cela contribue à renforcer les relations avec Moscou tout en signalant à Téhéran que Bakou ne mène pas une politique exclusivement pro-israélienne. Dans le même temps, une telle approche facilite indirectement le soutien russe à l’Iran, même sous couvert humanitaire, augmentant potentiellement le risque que l’Azerbaïdjan se retrouve mêlé à une compétition géopolitique plus large entre grandes puissances.
La dimension israélo-américaine. Selon CNN, l’Azerbaïdjan a élargi la capacité d’Israël à mener des opérations de collecte de renseignements et à mener des opérations en profondeur sur le territoire iranien. Cela offre à Bakou des avantages politiques supplémentaires en Occident, notamment aux États-Unis, ainsi qu’un accès aux technologies avancées. Cependant, les démentis officiels et les déclarations insistant sur le fait que le territoire azerbaïdjanais n’est pas utilisé pour des opérations contre des pays tiers soulignent la double nature de cette relation – une relation qui combine une coopération étroite et une distanciation publique.
Le facteur iranien. Les frappes sur le Nakhitchevan et les prétendus complots du CGRI suggèrent que Téhéran considère l’Azerbaïdjan comme un avant-poste israélien et est prêt à prendre des mesures de représailles. Cela peut être considéré comme une continuation des tensions qui ont caractérisé les relations azerbaïdjano-iraniennes entre 2020 et 2023, notamment l’attaque contre l’ambassade d’Azerbaïdjan et la confrontation diplomatique qui a suivi.
Les conséquences économiques et politiques intérieures sont tout aussi complexes. Les menaces contre le pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan suscitent des inquiétudes quant à la sécurité énergétique. Dans le même temps, le transit de l’aide humanitaire vers l’Iran via le territoire azerbaïdjanais peut apporter des bénéfices à court terme, mais le risque à long terme d’une nouvelle détérioration des relations avec Téhéran demeure.
Sur le plan intérieur, l’administration d’Aliyev a renforcé son image de gouvernement fort. La démonstration d’une réponse ferme aux menaces iraniennes perçues a été bien accueillie par de nombreuses personnes au sein de la société azerbaïdjanaise. Dans le même temps, la possibilité que l’Azerbaïdjan soit entraîné dans un conflit régional plus large reste une source d’inquiétude pour une partie de la population.
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Perspectives à long terme
Si le conflit s’étend, l’Azerbaïdjan pourrait soit devenir lui-même une cible directe, soit se trouver contraint d’activer des mécanismes d’alliance impliquant la Turquie en tant que membre de l’OTAN ou la Russie par le biais de l’Organisation du Traité de sécurité collective. Mais dans les deux cas, la marge de manœuvre de Bakou serait plus limitée.
Le principal risque réside dans l’échec potentiel de la politique azerbaïdjanaise consistant à maintenir des liens étroits avec toutes les parties. Le pays pourrait subir des pressions de la part de l’Iran et de l’Occident, notamment par le biais de sanctions ou de menaces militaires.
Dans le même temps, la crise offre à Bakou l’opportunité de renforcer son statut de hub régional en se positionnant comme un acteur incontournable dans les domaines de l’énergie, de la logistique, de la coopération en matière de renseignement et de l’aide humanitaire.
En fin de compte, l’Azerbaïdjan tente de trouver un équilibre délicat : maintenir une coopération approfondie avec Israël, poursuivre une politique de dissuasion à l’égard de l’Iran, préserver des relations viables avec la Russie et démontrer son adhésion au droit international.
Il s’agit d’une stratégie à haut risque, mais qui pourrait rapporter des bénéfices importants. L’enquête de CNN et l’incident du drone au Nakhitchevan illustrent clairement à quel point cet équilibre reste fragile. Le succès futur de l’Azerbaïdjan dépendra de sa capacité à gérer ces pressions concurrentes. Les observateurs affirment que cela nécessitera à la fois une préparation militaire et une flexibilité diplomatique considérable.
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