Fusion universitaire en Géorgie
L’Université technique géorgienne affirme qu’une éventuelle fusion avec l’Université d’État de Tbilissi, dans le cadre d’une réforme de l’enseignement supérieur initiée par le gouvernement, menace son autonomie si elle est réalisée sans la participation des organes directeurs de l’université.
Le conseil académique a demandé au gouvernement de suspendre le processus de réorganisation jusqu’à ce qu’un examen approfondi ait lieu et que de véritables discussions aient lieu avec la communauté universitaire.
Le gouvernement géorgien lance une réforme à grande échelle de l’enseignement supérieur dans le cadre de laquelle l’Université d’État de Tbilissi et l’Université technique géorgienne seront réorganisées par le biais d’une fusion.
Selon le gouvernement, l’objectif est d’aligner les programmes des universités publiques sur les demandes du marché du travail, de se concentrer sur la qualité de l’éducation et d’offrir aux diplômés des carrières compétitives et bien rémunérées.
Le conseil académique de l’Université technique géorgienne a déclaré qu’il soutenait le développement et la réforme du système d’enseignement supérieur, mais qu’il s’opposait fermement aux décisions prises sans tenir compte de la volonté de l’université. Le conseil estime que toute restriction de l’autonomie de l’université est contraire aux principes garantis par l’article 27 de la constitution géorgienne.
Le communiqué souligne qu’une réorganisation effectuée sans la participation du conseil académique, du sénat, des instances autonomes des étudiants, des facultés et des instituts de recherche n’est pas seulement un remaniement administratif, mais une ingérence directe dans la liberté académique.
Pourquoi et comment la Géorgie fusionne ses deux plus anciennes universités – commentaire du ministre de l’Éducation
La fusion a lieu au milieu de protestations à grande échelle des étudiants et des professeurs.
L’université a appelé le gouvernement et le ministère de l’Éducation et des Sciences à suspendre temporairement les décisions liées à la réorganisation des universités jusqu’à ce qu’une évaluation des besoins soit terminée et qu’une position commune soit formée au sein de la communauté universitaire.
Dans le même temps, l’Université technique s’est déclarée prête à engager un dialogue avec le gouvernement sous quelque forme que ce soit. Selon le conseil académique, l’objectif n’est pas la confrontation, mais le renforcement de la faculté d’ingénierie de Géorgie, déjà solide, dans le cadre d’un concept national d’enseignement supérieur.
L’université, qui a 104 ans d’histoire, espère que le gouvernement prendra en compte la situation de milliers de professeurs et d’étudiants et que la réforme sera menée non pas par des ordres imposés d’en haut, mais sur la base d’un partenariat.
La décision du conseil académique a été soutenue par 36 membres, sans objection. Le document peut faire l’objet d’un recours dans un délai d’un mois auprès du tribunal municipal de Tbilissi.
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