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Géorgie, élections législatives : Nino Bourdjanadzé renonce


mardi 22 avril 2008, par Mirian Méloua

Dernière présidente du Parlement sous l'ère Chévardnadzé, présidente du Parlement depuis la Révolution des Roses, présidente de la République par intérim à deux reprises, chef de file historique de la Révolution des Roses avec Mikheïl Saakachvili et Zourab Jvania, Nino Bourdjanadzé renonce à conduire la liste de la majorité sortante aux élections législatives du 21 mai 2008.

En désaccord avec les décisions prises lors de la constitution de la liste des candidats de la majorité sortante, elle a déclaré publiquement le 21 avril 2008 :

"... en dépit des consultations difficiles, sérieuses et longues, un consensus n'a pu malheureusement être atteint ...".

"... j'ai essayé de promouvoir dans la liste du Mouvement National de nouvelles personnalités, de nouveaux visages, qui, selon mon opinion, pouvaient faire beaucoup de bien pour notre pays et pouvaient s'investir dans d'importantes réformes et les rendre plus humaines ...".

Elle a confirmé continuer à apporter son soutien à la majorité sortante et être persuadée que les prochaines élections législatives seront impartiales et conformes aux standards internationaux.

Reconnue sur le plan international et sur le plan national comme un chef de file modérateur, à l'écoute de la société géorgienne, Nino Bourdjanadzé a toujours affiché "sa différence" tout en soutenant les Premiers ministres successifs Jvania, Noghaïdéli, Gourguénidzé et le Président Saakachvili.

Analyse

Avec le décès de Zourab Jvania, le renoncement de Nino Bourdjanadzé, le départ du gouvernement de la plupart des ministres "historiques" de la Révolution des Roses, le passage à l'opposition d'anciens ministres comme Salomé Zourabichvili, Guiorgui Khaïndrava et Irakli Okrouachvili ou de députés de la majorité sortante, un certain vide semble s'être constitué autour de Mikheïl Sakachvili.

Pourtant à y regarder de plus près, Kakha Bendoukidzé, ministre des réformes de la première heure, est devenu responsable de l'administartion gouvernementale, Guéla Béjouachvili, ministre à plusieurs reprises, est devenu responsable des services secrets, Vano Mérabichvili tient fermement le ministère de l'Intérieur, Guiorgui Baramidzé, vice-premier ministre chargé de l'intégration européenne et euro-atlantique, est toujours là, et David Bakradzé, ministre des Affaires étrangères, poulain de Nino Bourdjanadzé, prend la tête de la liste des candidats du Mouvement National.

L'usure de l'exercice du pouvoir explique en partie le renouvellement des équipes présidentielles et gouvernementales, mais certains calculs personnels ne sont pas à exclure.

A l'été 2003, avant la Révolution des Roses, Nino Bourdjanadzé était donnée "candidate légitime" à la présidence de la République pour succèder à Edouard Chévardnadzé.

En 2006, Irakli Okrouachvili bénéficiait d'un très large soutien de l'opinion publique géorgienne et devenait un candidat potentiel aux futures présidentielles.

Å la même époque Salomé Zourabichvili affichait des ambitions présidentielles, avant de se positionner en possible Premier ministre du candidat présidentiel Lévan Gatchétchiladzé.

Les prochaines élections présidentielles sont pour 2012 : d'ici là le paysage politique géorgien aura tout loisir de se recomposer.

En attendant, les législatives du 21 mai 2008 sont des élections à risque pour la majorité sortante.

Voir aussi

-  Géorgie : les partis politiques (de 1991 à 2009)

-  Géorgie : David Bakradzé, ancien ministre et ancien président du Parlement

-  Géorgie : Guiorgui Baramidzé, ancien vice-Premier ministre

-  Géorgie : Guéla Béjouachvili, ancien ministre et responsable des services secrets

-  Géorgie, Russie et Géorgie : Kakha Bendoukidzé, oligarque et économiste

-  Géorgie : Nino Bourdjanadzé, ancienne présidente du Parlement

-  Géorgie : Vano Mérabichvili, ancien Premier ministre

-  Géorgie, France et Géorgie : Irakli Okrouachvili, ancien ministre, incarcéré et libéré sous condition (11 janvier 2013)

-  Géorgie : Mikheïl Saakachvili, président de la République

-  France, Géorgie et France : Salomé Zourabichvili, ancienne ministre géorgienne



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