Human Rights Watch sur la Géorgie
Selon un rapport de Human Rights Watch de 2026, la situation des droits humains en Géorgie s’est considérablement détériorée au cours de l’année écoulée. L’organisation accuse le gouvernement de faire preuve de pressions systématiques sur la société civile, les médias indépendants et les manifestants pacifiques.
Le rapport fait référence à l’adoption de lois répressives, aux violences policières et à la persécution des personnalités de l’opposition et des journalistes. Selon les évaluations internationales, ces évolutions ont effectivement bloqué le processus d’intégration de la Géorgie à l’Union européenne.
Human Rights Watch conclut qu’en 2026, le parti au pouvoir, Georgian Dream, a adopté un ensemble de lois visant à faire taire les voix critiques parmi les ONG, les médias indépendants et les militants.
Le rapport indique que les politiques répressives du gouvernement ne se limitent plus à des incidents isolés. Au lieu de cela, elles sont devenues une pratique systémique qui porte atteinte à la liberté d’expression et de réunion, ainsi qu’aux fondements du pluralisme politique.
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Lois répressives et contrôle des subventions étrangères
Human Rights Watch s’est dit particulièrement préoccupé par les amendements apportés à la loi géorgienne sur les subventions. Selon ces changements, la réception de tout financement étranger nécessiterait l’approbation du gouvernement. L’organisation affirme que ce mécanisme permet aux autorités de saper financièrement les médias indépendants et les ONG critiques à l’égard du gouvernement.
Le rapport indique les amendements :
- restreindre le travail des organisations non gouvernementales ;
- rendre plus difficile le fonctionnement des médias indépendants ;
- réduire l’accès au soutien international ;
- créer une atmosphère de peur et d’autocensure.
Human Rights Watch conclut que de telles lois sont typiques des régimes autoritaires et sont incompatibles avec les engagements démocratiques de la Géorgie.
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Élections, manifestations et arrestations massives
Un chapitre distinct du rapport se concentre sur les élections municipales de 2025 en Géorgie, qui se sont déroulées dans un contexte de répression de la dissidence et de boycott de certaines parties de l’opposition.
Le jour du scrutin, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre la politique répressive du gouvernement. La manifestation est devenue violente après que certains manifestants ont tenté de prendre d’assaut la résidence présidentielle.
La police a arrêté plus de 60 personnes, notamment pour « incitation à un coup d’État violent et tentative de modification de l’ordre constitutionnel ».
Human Rights Watch note que l’Union européenne et ses États membres ont décrit les événements comme une « attaque contre les droits humains fondamentaux » et ont annoncé que le processus d’adhésion de la Géorgie à l’UE avait été de facto suspendu.
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Violences policières et intimidations lors des manifestations
Selon Human Rights Watch :
- la police a poursuivi et bousculé des manifestants pacifiques ;
- des détenus ont été battus lors des arrestations et dans les commissariats de police ;
- des signes de mauvais traitements et de torture ont été documentés ;
- la police anti-émeute et des groupes informels proches du gouvernement ont pris pour cible des journalistes et des militants de l’opposition.
L’organisation affirme que le recours à la force était délibéré. Il fait valoir que l’objectif était de semer la peur dans l’opinion publique et de réprimer les manifestations.
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Pression sur les médias
Human Rights Watch accorde une attention particulière dans son rapport à l’état de la liberté des médias en Géorgie.
En avril 2025, le Parlement a adopté des amendements à la loi sur la radiodiffusion. Les changements ont interdit le financement étranger des radiodiffuseurs et ont considérablement élargi les pouvoirs de censure.
En juin, le parti au pouvoir a déposé plainte contre deux grandes chaînes de télévision d’opposition, Formula et TV Pirveli, pour des reportages remettant en question la légitimité du gouvernement.
En août, un tribunal a condamné la journaliste et fondatrice des médias indépendants Netgazeti et Batumelebi, Mzia Amaghlobeli, à deux ans de prison. Les organisations internationales et les membres du corps diplomatique ont qualifié le verdict de politiquement motivé.
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Réaction internationale et risque d’isolement
Human Rights Watch affirme que les critiques à l’égard du gouvernement géorgien de la part de ses partenaires occidentaux sont de plus en plus vives.
Les représentants de l’Union européenne avertissent que le recul des principes démocratiques va à l’encontre des obligations de la Géorgie et menace l’avenir européen du pays.
Le rapport souligne qu’à moins que Tbilissi ne change de cap, la Géorgie risque de se retrouver confrontée à un isolement international plus profond et à une réduction de son soutien financier.
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Le rapport évoque également des violations de la présomption d’innocence et la sévérité injustifiée de la peine.

Contexte : pourquoi c’est important
Pendant de nombreuses années, la Géorgie a été considérée comme l’un des leaders de la réforme démocratique dans le Caucase du Sud. Depuis les années 2010, le pays a renforcé ses liens avec l’Union européenne, signé un accord d’association et obtenu l’exemption de visa pour ses citoyens.
En 2023, la Géorgie a obtenu le statut de candidat à l’UE. La décision était assortie de conditions claires, notamment une réforme judiciaire, des garanties de liberté des médias, la dépolarisation et la protection de la société civile.
Selon Human Rights Watch, les politiques menées ces dernières années vont à l’encontre de ces exigences. Les législations répressives, les attaques contre les journalistes et les violences policières n’alimentent pas seulement une crise intérieure. Ils menacent également la trajectoire géopolitique de la Géorgie, éloignant le pays du modèle européen et s’orientant vers des formes de gouvernance plus autoritaires.
Human Rights Watch sur la Géorgie