Rapport sur la liberté de la presse en Géorgie
La liberté des médias en Géorgie s’est fortement détériorée en 2025. Selon le rapport annuel de la Plateforme pour la protection du journalisme et la sécurité des journalistes du Conseil de l’Europe, le nombre d’alertes concernant des violations de la liberté de la presse a augmenté de 78 % par rapport à 2024.
Les auteurs mettent en avant la répression institutionnelle, la politisation des forces de l’ordre et le contrôle politique sur les médias financés par l’État. Selon eux, ces tendances témoignent d’un environnement médiatique profondément troublé dans le pays.
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Comment cela s’est-il produit – et surtout, peut-on encore l’arrêter ?
Cas notables de pressions sur les journalistes
- Mzia Amaglobeli, fondatrice des médias indépendants Netgazeti et Batumelebi, a été condamnée à deux ans de prison en août 2025 après une période de détention provisoire et ce que les critiques ont qualifié de procédure judiciaire politisée. Les autorités ont également menacé ses médias de pressions économiques et de campagnes de diffamation.
- Ninia Kakabadze, journaliste à Mediachecker, a été arrêtée en novembre alors qu’elle couvrait des manifestations pro-européennes. Les autorités ont pris des mesures similaires contre Mamuka Mgaloblishvili, journaliste de Publica.
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Une législation répressive
- Le 1er avril 2025, les législateurs du parti au pouvoir, le Rêve géorgien, ont adopté une nouvelle version de la loi sur les « agents étrangers », intitulée « Loi sur l’enregistrement des agents étrangers ». La législation prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 25 000 lari et des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans.
- Le 12 juin 2025, le Parlement a adopté des amendements à la loi sur les subventions. Les changements exigent que les donateurs étrangers obtiennent l’approbation préalable des autorités exécutives avant d’accorder des subventions.
- Les modifications apportées à la loi sur la radiodiffusion, entrées en vigueur en juin 2025, ont élargi les pouvoirs du régulateur national des médias, la Commission nationale géorgienne des communications (GNCC). Le régulateur peut désormais superviser l’exactitude des faits, l’objectivité et la confidentialité – des domaines auparavant régis par l’autorégulation. Selon les nouvelles règles, le GNCC peut imposer des amendes allant jusqu’à 3 % des revenus annuels d’un radiodiffuseur ou révoquer sa licence en cas de violation.
Contrôle de l’État sur les médias
- La chaîne publique géorgienne a fait preuve de parti pris politique et a encouragé une rhétorique anti-européenne.
- L’ingérence de la direction a conduit au licenciement de plusieurs journalistes et à l’annulation de plusieurs programmes.
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Restrictions imposées aux journalistes étrangers
La Géorgie a refusé l’entrée à plusieurs journalistes étrangers, notamment :
- le journaliste indépendant britannique Will Neal ;
- le photojournaliste français Jérôme Chobeaux ;
- le journaliste italien Giacomo Ferrara ;
- Le photojournaliste suisse Gregor Sommer.
Des informations indiquent également que les autorités ont infligé des amendes aux journalistes, confisqué leur équipement et restreint leur travail de différentes manières. Malgré cette pression, les médias indépendants continuent de fonctionner.
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Contexte
Les restrictions à la liberté des médias en Géorgie se déroulent dans un contexte de profonde polarisation politique, les institutions étatiques utilisant des outils juridiques et administratifs contre les journalistes indépendants.
Les organisations internationales et les gouvernements occidentaux ont exprimé à plusieurs reprises leur inquiétude. Cependant, en l’absence de pressions efficaces, la résilience du secteur des médias géorgiens reste sérieusement menacée.
Rapport sur la liberté de la presse en Géorgie