Résolution du Parlement européen sur l’Azerbaïdjan
Dans une nouvelle résolution adoptée le 18 décembre, le Parlement européen a souligné le caractère systémique de la répression politique en Azerbaïdjan et a appelé le gouvernement à libérer immédiatement les prisonniers politiques.
Le document met spécifiquement l’accent sur les arrestations d’universitaires, de militants de la société civile et de dirigeants de l’opposition.
Points clés de la résolution
La résolution note que le nombre de prisonniers politiques en Azerbaïdjan a atteint environ 400. Elle affirme que la situation résulte d’une politique systématique de répression visant à démanteler les médias indépendants, la liberté académique et la société civile.
Le document met également en lumière plusieurs cas spécifiques, notamment celui du militant et chercheur pacifique Bahruz Samedov, de l’universitaire Talysh Igbal Abilov, de l’économiste Gubad Ibadoglu, du doctorant Fazil Gasymov et du chef de l’opposition Ali Kerimli.
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Bahruz Samedov a été arrêté en août 2024 et condamné en juin de cette année à 15 ans de prison pour « trahison d’État ». Les groupes de défense des droits humains affirment que les accusations sont fondées sur ses appels à la paix dans le contexte du conflit du Karabakh et sur ses critiques à l’égard des autorités. Son procès s’est déroulé à huis clos et il est actuellement en détention.
Igbal Abilov a été condamné en mai de cette année à 18 ans de prison pour « trahison d’État » et « incitation à la haine ethnique ». Selon les organisations internationales, l’affaire repose en grande partie sur ses travaux universitaires liés à la langue et à la culture talych, ainsi que sur sa correspondance scientifique avec des chercheurs arméniens. Il est actuellement en garde à vue.
Gubad Ibadoglu a été arrêté en 2023 et, après une période prolongée en détention provisoire, a été assigné à résidence en avril 2024. Bien que l’affaire pénale soit formellement suspendue, les charges retenues demeurent et une interdiction de voyager l’empêche de se rendre à l’étranger pour se faire soigner malgré de graves problèmes de santé.
Fazil Gasymov a été condamné en mars de cette année à neuf ans de prison pour « manipulation de fausse monnaie ». Il nie les accusations, affirmant que cette affaire est politiquement motivée et liée à l’affaire Gubad Ibadoglu. Il est actuellement en détention et signale des violations de ses droits dans le système pénitentiaire.
La résolution rappelle également la détention du leader de l’opposition Ali Karimli. En novembre de cette année, il a été arrêté pour « tentative de prise du pouvoir par la force » et est actuellement en détention provisoire. Karimli décrit ces accusations comme étant politiquement motivées.
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Avis et appels internationaux
Commentant la résolution du Parlement européen, le défenseur des droits humains et membre du comité directeur de la campagne « Mettre fin aux répressions », Samad Ragimli, a déclaré que le document envoie un signal politique important dans un contexte d’escalade de la répression.
« Le Parlement européen est l’une des rares institutions européennes à défendre systématiquement les droits de la société civile attaqués en Azerbaïdjan.
Cette résolution montre que la question azerbaïdjanaise n’a pas disparu de l’agenda international. Les autorités s’en prennent non seulement à l’opposition et aux médias, mais également à l’ordre international fondé sur des règles. L’UE ne peut plus se limiter aux seules déclarations.» dit-il.
La résolution souligne également que tout futur accord de partenariat avec l’Azerbaïdjan devrait être conditionné à des progrès tangibles en matière de droits de l’homme, à la libération des prisonniers politiques et à l’abrogation des législations restrictives.
Le Parlement européen n’exclut pas l’introduction de sanctions ciblées contre les responsables dans le cadre du régime mondial de sanctions de l’UE en matière de droits de l’homme.
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