Rapport sur la corruption en Géorgie — 2025
Le 9 décembre, Journée internationale de lutte contre la corruption, Transparency International Géorgie (TI) a publié une déclaration soulignant que les niveaux de corruption en Géorgie à la fin de 2025 sont alarmants. L’organisation estime que la Géorgie est désormais un État kleptocratique.
Un an plus tard : qu’est-ce qui a changé en Géorgie depuis le début des manifestations pro-européennes ?
Lois répressives, arrestations de manifestants et d’opposants, pressions sur les médias
« Dans de tels pays, le seul objectif et motivation de l’élite dirigeante est l’enrichissement personnel, obtenu en pillant les citoyens et l’État. Les ressources amassées grâce à la corruption sont ensuite utilisées pour maintenir le pouvoir.
Le règne de Bidzina Ivanishvili, qui dirige un État capturé, repose sur la loyauté d’un groupe spécifique, qu’il permet de s’enrichir par la corruption et utilise ensuite ces ressources pour soumettre les institutions de l’État et préserver son propre pouvoir.
La corruption et les dégâts qu’elle provoque devraient augmenter à l’avenir », écrit l’organisation.
Rapport sur la corruption en Géorgie — 2025 : Transparency International
- La captation de l’État est totale : il n’existe aucun organisme gouvernemental indépendant capable de parler ouvertement de la corruption ou de prendre des mesures significatives contre elle.
- Une kleptocratie prend forme : le nombre de cas de corruption documentés aux plus hauts échelons du pouvoir, leur nature et l’identité des personnes impliquées indiquent une corruption systémique aux plus hauts niveaux du gouvernement.
- Les efforts de lutte contre la corruption sont performatifs : les organismes d’enquête s’occupent des conflits et différends internes au sein du parti au pouvoir, tandis que des centaines de cas documentés de corruption à haut niveau restent non résolus.
- Le Bureau anti-corruption est en train d’être supprimé : l’agence, créée il y a à peine trois ans pour prévenir la corruption, est devenue un outil de répression contre le secteur non gouvernemental. Il est aujourd’hui en train d’être démantelé, ainsi que ses principales fonctions anti-corruption : contrôle des déclarations de patrimoine des fonctionnaires, contrôle du financement politique, élaboration de la stratégie nationale anti-corruption, participation aux plateformes internationales anti-corruption, protection des lanceurs d’alerte et contrôle des conflits d’intérêts.
- Les obligations et recommandations internationales en matière de corruption sont ignorées : la Géorgie rejette ouvertement les exigences anti-corruption élaborées par la Commission européenne et le GRECO. Le pays s’est également retiré des principaux processus internationaux de lutte contre la corruption, tels que les évaluations du Réseau anti-corruption de l’OCDE et le Partenariat pour un gouvernement ouvert (OGP).
- Le pays ne dispose pas d’une stratégie nationale anti-corruption pour la cinquième année consécutive, ce qui signifie que depuis plus de cinq ans, aucune institution publique n’a examiné quels risques de corruption existent, où ils augmentent et quelles mesures sont nécessaires pour les réduire.
- La collaboration entre les institutions étatiques et la société civile est interdite par la loi. La société civile, élément clé du succès des efforts de lutte contre la corruption, en particulier au niveau des élites, est persécutée et poussée au bord de l’extinction. La participation de la société civile à la prise de décision a été légalement abolie, en violation directe de la Convention des Nations Unies contre la corruption.
Transparency International : 271 cas présumés de corruption d’élite enregistrés en Géorgie sur six ans
Plus de 227 hauts responsables actuels ou anciens du parti au pouvoir, le Rêve géorgien, sont impliqués.

Rapport sur la corruption en Géorgie — 2025