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Géorgie et France : Guiorgui Kvinitadzé (1874-1970), général


KWINITADZE GIORGI
mardi 15 janvier 2013, par Mirian Méloua

Guiorgui Kvinitadzé est né en 1874 au Daghestan, dans la famille Tchikovani ; il entre à l'école militaire des cadets en 1884 à Tiflis, puis à l'école d'infanterie Saint Constantin à Saint-Pétersbourg.

 

Une carrière militaire de premier plan


Ses affectations successives sont l'Ossétie du Nord, la Pologne et la guerre du Japon avant d'entrer à l'Académie militaire en 1910. Il est promu colonel durant la Première Guerre mondiale sur le front ottoman. Après la révolution russe de février 1917, il devient ministre adjoint à la guerre du Haut-Commissariat de la Transcaucasie (présidé par Evguéni Guéguétchkori).

Après la restauration de l'indépendance de la Géorgie, le 26 mai 1918, le gouvernement de la Ière République l'appelle à plusieurs reprises

-  en mai 1918, comme commandant en chef de l'armée géorgienne (limogé par le social démocrate Noé Jordania en juin),

-  en décembre 1918, comme commandant des forces géorgiennes lors du conflit avec l'Arménie,

-  en février 1919, comme commandant des forces géorgiennes lors de la révolte pro-ottomane d'Akhaltsikhé et de l'occupation d'Artvin,

-  en août 1991, comme commandant de l'Ecole militaire géorgienne à Tiflis,

-  en avril 1920, comme commandant en chef de l'armée géorgienne lors de troubles bolcheviques. A Tiflis, une vingtaine de francs-tireurs attaquent l'Ecole militaire qu'il dirige : les élèves officiers les neutralisent. Aux frontières azerbaïdjanaises, "Tsitéli Khidé", des éléments de l'Armée rouge s'infiltrent : il les fait repousser (limogé en septembre),

-  en février 1921, comme commandant en chef de l'armée géorgienne, lors de l'attaque de la Russie soviétique et de l'Empire ottoman contre la Géorgie.

 

L'invasion de la Géorgie par l'Armée rouge


Le 11 février 1921, les armées de la Russie soviétique, fortes de 50 000 hommes attaquent la Géorgie sur plusieurs fronts, au Sud à partir de Karakilis en Arménie, à l'Est à partir de Zakalata, au Nord à partir de Grozny et de Vladikavkaz, à l'Ouest le long de la mer Noire à partir de Sotchi.Elles disposent même de blindés (1).

L'armée ottomane en profite pour envahir deux districts promis par la Russie soviétique, Artvin et Ardahan, et pour menacer le district de Batoumi.

Disposant de 15 000 hommes, avec les effectifs d'une Garde nationale mal préparée aux combats militaires, le général Guiorgui Kvinitadzé résiste deux semaines avant d'évacuer Tiflis et de replier l'armée géorgienne vers l'Ouest. La supériorité numérique et le manque d'armes et de munitions (promis par la Grande-Bretagne et la France) l'obligent à cesser les combats à mi-mars. Le détachement du général Mazniachvili a pu sauver le district de Batoumi en battant l'armée ottomane et le remettre au pouvoir soviétique en Géorgie.

Guiorgui Kvinatadzé prend le chemin de l'exil, avec la classe politique, d'abord vers Constantinople, puis vers la France.

Dans ses mémoires, il attribuera la défaite géorgienne non seulement à l'isolation internationale, mais aussi au manque de préparation à la guerre et aux erreurs de son organisation. La dualité entre l'armée géorgienne (sous contrôle du ministère de la Défense, et tardivement de Guiorgui Kvinitadzé) et la Garde nationale (sous contrôle du Parlement, et de Valiko Djouguéli) a été à ses yeux un facteur fondamental d'inefficacité (2).

 

L'exil


Comme tous les émigrés géorgiens, il a une vie difficile, avec l'espoir que le régime soviétique ne tiendra pas longtemps (3).

Dans les années vingt et trente, il est président de l'Association des officiers géorgiens en France.

Le groupe "Caucase"

A la fin des années trente, il est l'un des dirigeants du groupe "Caucase" (4), soutenu par le Japon et l'Allemagne et dont l'objectif politique est de constituer une Confédération d'Etats indépendants (Géorgie et Nord Caucase dans un 1er temps), au détriment de l'URSS. Il publie dans le journal "Kavkasia", "Le Caucase", plusieurs articles sur les questions militaires et politiques géorgiennes et entraîne l'adhésion d'autres émigrés. Le groupe "Caucase" envoie en Géorgie plusieurs missions clandestines de renseignement et d'activation de cellules de résistance à l'occupation soviétique. Il s'oppose ainsi au Mouvement Prométhée (5), soutenu par la Pologne.

L'Union des Traditionnalistes

En 1942, Guiorgui Kvinitadzé participe à la constitution de l'Union des Traditionalistes, dont les objectifs sont la restauration de l'indépendance de la Géorgie et l'instauration d'une monarchie constitutionnelle.

Il meurt en 1970.

 

De riches archives personnelles


Deux de ses filles, Ida et Tamar, épousent des officiers supérieurs géorgiens. Sa troisième fille, Nano, remettra le 17 octobre 2007 les archives personnelles de son père (lettres, mémoires, notes et documents) au Centre National des Manuscrits de Tbilissi.

Entre temps, la rue Khvamli de Tbilissi, où réside le ministère géorgien de la Défense, avait été rebaptisée rue du Général Kvinitadzé (12 avril 2006).

 

Notes


(1) L'Armée rouge dispose de chars britanniques Mark V substitués aux armées blanches tsaristes durant la guerre civile russe.

(2) Moi Vaspominaniia 1917 - 1921, de Georgii Ivanovitch Kvinitadze, Edition YMCY PRESS, Paris, 1985 (en langue russe).

(3) Souvenir : " ... c'était l'époque où le très aristocratique ancien commandant en chef de l'armée géorgienne, le général Kwinitadzé, qui habitait Chatou, fabriquait, pour vivre, des yoghourts que ses proches allaient vendre au marché ..." (Claude de Kémoularia, "Une vie à tire d'ailes", Fayard, 2007).

(4) Le groupe "Caucase" (1934-1939) et la confédération caucasienne

(5) Le Mouvement Prométhée (1926-1939) et la confédération caucasienne

 

Sources multiples


-  Géorgie, bibliographie : histoire, témoignages et romans historiques

-  "Les combats indépendantistes des Caucasiens entre URSS et puissances occidentales. Le cas de la Géorgie (1921-1945)" de Georges Mamoulia. L'Harmattan, Paris, 2009,

-  Internet dont David Marshall Lang, Levan Urushadze, Marxists, Wikipedia.

Remerciements à Nano d'Abo.

Voir aussi :

-  Géorgie : les partis politiques avant 1991

-  La Ière République de Géorgie (1918-1921)

-  photographie du général Kvinitadzé et du colonel Tcholokhachvili en exil en France http://samchoblo.org/agf_kvinitadze.htm



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