La France a retiré deux agents du renseignement de Géorgie après qu’une opération de contre-espionnage à Tbilissi ait exacerbé les tensions entre les deux pays, selon la publication française Intelligence Online.
Le média rapporte que la décision est liée à une opération menée par le service de sécurité de l’État géorgien. Au cours de cette opération, les autorités ont arrêté Giorgi Udzilauri, un ancien haut responsable de la police financière que le journal décrit comme un « ancien associé » de Bidzina Ivanishvili, le fondateur du parti au pouvoir, le Rêve géorgien.
Selon le rapport, les autorités géorgiennes ont choisi de ne pas déclarer les agents des renseignements français persona non grata afin d’éviter une nouvelle détérioration des relations diplomatiques.
Au lieu de cela, indique Intelligence Online, Tbilissi a demandé à Paris de rappeler les officiers. La publication ajoute que les responsables géorgiens ont prévenu qu’ils divulgueraient les informations personnelles des officiers si la France ne se conformait pas à leur demande.
Chasse à l’espionnage en Géorgie : qui est ciblé et pourquoi ?
Le service de sécurité de l’État géorgien a arrêté quatre personnes pour espionnage au cours du mois dernier.
Arrière-plan
Giorgi Udzilauri, qui dirigeait l’un des départements du service d’enquête du ministère géorgien des Finances, a été arrêté par les services de sécurité de l’État le 5 mai 2026.
Selon le bureau du procureur, une enquête menée par le département de contre-espionnage de la SSG a révélé qu’Udzilauri avait systématiquement collecté et transmis divers types d’informations pour le compte d’un service de renseignement étranger en échange d’un gain financier, nuisant ainsi aux intérêts de la Géorgie.
Les procureurs l’ont inculpé en vertu de la partie 1 de l’article 314 du Code pénal géorgien – espionnage – qui est passible d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 12 ans.
Un ancien responsable accusé d’espionnage affirme que le rêve géorgien « n’existe plus »
Un ancien haut responsable accusé d’espionnage affirme que son arrestation était motivée par des raisons politiques.

Après l’arrestation, les services de sécurité de l’État géorgien n’ont pas précisé pour quel pays Udzilauri aurait espionné. Cependant, les commentaires des responsables gouvernementaux suggèrent que l’affaire impliquait le transfert d’informations dans l’intérêt d’un État européen.
Le 8 mai, Mamuka Mdinaradze a demandé aux services de sécurité de l’État de divulguer des documents qui, selon ses propres termes, montrent « comment une personne spécifique reçoit des instructions, comment l’argent lui est remis dans une enveloppe et comment il signe le reçu correspondant ».
Le 3 juin, l’avocat d’Udzilauri a publié une lettre écrite par son client. Dans ce document, Giorgi Udzilauri affirme que l’une des principales raisons pour lesquelles il est devenu une cible était sa critique de ce qu’il décrit comme l’orientation anti-occidentale du gouvernement géorgien.
Udzilauri affirme également que le parti Rêve géorgien, qu’il dit avoir contribué à créer, n’existe plus sous sa forme originale. Selon lui, l’équipe dirigeante actuelle « sacrifie » sans hésiter ses anciens associés.
La France rappelle des agents du renseignement de Géorgie