Étude du FNUAP sur la fécondité
Les jeunes d’Europe de l’Est et d’Asie centrale ne se détournent pas de la vie familiale ni ne perdent le désir d’avoir des enfants. Au contraire, le mariage et la parentalité restent parmi leurs objectifs de vie les plus importants. Mais une nouvelle étude du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) montre que l’écart entre ce que veulent les jeunes et ce qu’ils sont capables de réaliser se creuse.
Les résultats régionaux, publiés à l’approche de la Journée mondiale de la population le 11 juillet dans le cadre de l’étude du FNUAP sur les tendances démographiques mondiales et les perspectives démographiques futures, remettent en question l’hypothèse largement répandue selon laquelle la baisse des taux de natalité est le résultat de choix personnels des jeunes.
L’étude soutient plutôt que les principaux obstacles sont les barrières économiques, sociales et institutionnelles qui empêchent les jeunes de concrétiser leurs projets.
La Géorgie reflète la même tendance. L’étude révèle que les jeunes Géorgiens restent optimistes quant à l’avenir, même si l’incertitude économique reste l’une de leurs plus grandes préoccupations.
L’enquête a été menée en 2025 dans 11 pays et territoires d’Europe de l’Est et d’Asie centrale : Azerbaïdjan, Bosnie-Herzégovine, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Macédoine du Nord, Serbie, Ukraine, Ouzbékistan et Kosovo. Plus de 13 500 internautes âgés de 18 à 39 ans y ont participé. L’enquête fait partie de l’étude du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) sur les tendances démographiques mondiales et les perspectives démographiques futures.
Les jeunes restent optimistes quant à l’avenir
Selon l’étude, les jeunes d’Europe de l’Est et d’Asie centrale sont plus optimistes quant à leur avenir que leurs pairs d’Europe occidentale et d’Asie de l’Est.
Bien que de nombreux habitants de la région expriment leurs inquiétudes face aux crises économiques, aux conflits et au chômage, environ 65 % déclarent considérer leur avenir de manière positive, contre seulement 50 % dans les autres régions interrogées.
Les résultats montrent également que la famille reste au centre des valeurs des jeunes dans toute la région. Quelque 79 % des personnes interrogées ont déclaré vouloir se marier, un chiffre nettement plus élevé que les 63 % enregistrés ailleurs.
Pour 87 % des personnes interrogées, la principale raison qui les pousse à avoir des enfants était le bonheur et la joie qu’ils apportent. Une écrasante majorité a déclaré espérer avoir deux enfants ou plus.
En Géorgie, la taille moyenne souhaitée de la famille était de 2,6 enfants pour les femmes et de trois enfants pour les hommes, dépassant le niveau nécessaire au remplacement de la population.
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De nombreuses personnes âgées de 35 à 39 ans n’ont pas atteint leurs objectifs familiaux
L’une des principales conclusions de l’étude est que de nombreuses personnes âgées de 35 à 39 ans ont déclaré ne pas avoir été en mesure de réaliser leurs projets de vie de famille.
Parmi les femmes de cette tranche d’âge, 22 % n’ont pas d’enfants, même si dans presque tous les cas ce n’est pas un choix. Environ 95 % des femmes sans enfants ont déclaré avoir souhaité devenir mères.
En Géorgie, l’étude a révélé une conviction particulièrement forte selon laquelle certaines étapes doivent être franchies avant d’avoir des enfants. Environ 60 % des personnes interrogées estiment qu’il est essentiel de terminer leurs études avant de fonder une famille, tandis que 58 % estiment qu’il est tout aussi important d’atteindre une stabilité professionnelle. Posséder une maison était également largement considéré comme une condition préalable essentielle.

Un écart important entre la taille souhaitée et la taille réelle de la famille
L’étude a révélé un écart important entre les aspirations des jeunes et la réalité démographique.
En moyenne, les femmes ont déclaré avoir 1,25 enfant de moins que ce qu’elles souhaiteraient idéalement, tandis que pour les hommes, l’écart était proche de deux enfants.
En Géorgie, les résultats suggèrent que cet écart est étroitement lié aux rôles de genre.
De nombreuses femmes géorgiennes ont déclaré qu’elles s’attendaient à assumer la plupart des responsabilités liées à la garde des enfants après la naissance d’un enfant. Même si les hommes parlent généralement de partage égal des tâches parentales, ils sont plus susceptibles de considérer que leur rôle principal consiste à fournir un soutien financier à la famille.
Les femmes ont également déclaré que l’indépendance financière était essentielle pour éviter de devenir économiquement dépendante d’un partenaire.
L’étude a en outre révélé que les attitudes négatives à l’égard des mères travaillant à temps plein alors que leurs enfants ont moins de trois ans restent répandues dans la société géorgienne.
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L’insécurité financière est le plus grand obstacle
L’insécurité financière est apparue comme l’un des principaux obstacles à la fondation d’une famille.
Parmi les autres obstacles majeurs identifiés par les répondants, citons :
- Manque de logements abordables ;
- Problèmes de santé ;
- Difficulté à trouver un partenaire approprié ;
- Partage inégal des responsabilités liées à la garde des enfants et au ménage.
L’étude a révélé que les jeunes voient la vie selon une séquence claire : d’abord un emploi stable, puis une maison à eux, suivi d’un partenariat à long terme et, enfin, d’avoir des enfants.
Si une étape ne peut être franchie, la suivante est souvent reportée ou carrément abandonnée.
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UNFPA : Augmenter le taux de natalité ne résoudra pas à lui seul le problème
Florence Bauer, directrice régionale de l’UNFPA pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, a déclaré que les résultats montrent que les jeunes ne se détournent pas de la vie familiale : il leur manque simplement les conditions nécessaires pour réaliser leurs aspirations reproductives.
Elle a fait valoir que les tentatives visant à lutter contre le déclin démographique au moyen d’incitations financières ou de campagnes encourageant les gens à avoir des enfants ont peu de chance de réussir si les obstacles sous-jacents ne sont pas résolus, notamment le chômage, le manque de logements abordables, l’accès limité aux soins de santé et le partage inégal des responsabilités familiales.
Selon Bauer, relever ces défis structurels devrait être la priorité des gouvernements qui cherchent à aider les jeunes à réaliser leurs projets familiaux.
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