Nouveaux amendements ciblant les manifestations en Géorgie
Le parlement dirigé par Georgian Dream a adopté des amendements à la loi restreignant les rassemblements et les manifestations en troisième et dernière lecture. Le projet de loi a été soutenu par 79 députés, tandis que neuf ont voté contre.
Les amendements exigent que les organisateurs informent le ministère de l’Intérieur (MIA) cinq jours avant un rassemblement ou une manifestation. Le MIA a le droit de proposer une autre heure et un autre lieu pour l’événement.
« Si les participants refusent d’organiser un rassemblement ou une manifestation dans le lieu suggéré par le MIA, ils seront passibles d’une détention administrative pouvant aller jusqu’à 15 jours et, en cas de récidive, d’une responsabilité pénale, y compris d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an », a déclaré le député géorgien du Rêve, Irakli Kirtskhalia, lors d’un point de presse.
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« L’une des principales cibles de la répression était la suppression de la liberté d’expression. »
Nouveaux amendements ciblant les manifestations en Géorgie :
- Les organisateurs de rassemblements et de manifestations planifiés ou spontanés seront désormais tenus d’informer le ministère de l’Intérieur (MIA), plutôt que les autorités locales comme auparavant, si l’événement a lieu « dans des zones de mouvement public ».
- Les notifications doivent toujours être soumises au moins cinq jours avant l’événement. Dans le cas de rassemblements spontanés, l’avis doit être soumis dès que l’organisateur ou une autre personne responsable prend connaissance de l’heure et du lieu de la réunion.
- Le MIA disposera d’un délai de trois jours à compter de la réception de l’avis (ou, pour les rassemblements spontanés, immédiatement sur place) pour évaluer s’il est nécessaire de modifier le lieu ou l’heure, ou de modifier les slogans du rassemblement ou de la manifestation, et d’émettre un ordre obligatoire correspondant, soit par écrit, soit verbalement.
Auparavant, les municipalités pouvaient faire des recommandations sur la modification du lieu ou de l’heure d’un rassemblement, mais celles-ci n’étaient pas contraignantes. Les motifs justifiant l’émission de telles recommandations comprenaient : a) les menaces pesant sur le fonctionnement normal des entreprises, des organisations et des institutions ; b) un autre rassemblement prévu au même endroit.
Le nouveau projet de loi ajoute des motifs supplémentaires : les menaces à la libre circulation des véhicules et des personnes, ainsi que les menaces aux droits de l’homme et aux libertés ou à l’ordre public.
- Selon les amendements, si des participants bloquent partiellement ou totalement une route ou une « zone de circulation publique », le MIA est habilité à ordonner la réouverture de la route et/ou à rétablir la circulation publique, si le rassemblement ou la manifestation peut se dérouler d’une autre manière, en tenant compte du nombre de participants. Auparavant, cette règle s’appliquait uniquement aux barrages routiers.
- Le blocage artificiel d’une voie ou d’une « zone de circulation publique » est interdit si le nombre de participants ne l’exige pas. Auparavant, cette restriction s’appliquait uniquement aux routes.
- En cas de violation de cette règle, le MIA peut s’adresser aux participants et/ou à l’organisateur et les avertir que si l’entrave massive aux transports ou à la circulation des piétons n’est pas levée dans les 15 minutes, le rassemblement sera considéré comme illégal et prendra fin.
- Même si un participant quitte la route ou la zone dans les 15 minutes, il reste responsable de la première infraction.
- Selon les amendements apportés à l’article 174 du Code pénal géorgien, le fait de bloquer la circulation du public ou de ne pas se conformer aux ordres du MIA de modifier le lieu, l’heure ou l’itinéraire d’un rassemblement entraîne une détention administrative pouvant aller jusqu’à 15 jours (jusqu’à 20 jours pour les organisateurs). En vertu de l’article 347, les infractions répétées entraînent une responsabilité pénale pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement.
Nouveaux amendements ciblant les manifestations en Géorgie