La CEDH se prononce contre la Géorgie
La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé que la Géorgie avait violé les droits à la liberté de réunion et à la liberté d’expression de Zurab Karchava lorsque les autorités l’ont arrêté pour avoir dressé une tente devant le bâtiment de la Cour constitutionnelle à Batoumi.
La décision a été annoncée par l’Association géorgienne des jeunes avocats (GYLA). Le tribunal a condamné l’État géorgien à verser à Karchava 1 000 € en réparation du préjudice moral.
L’affaire découle des événements survenus en 2022. À l’époque, Karchava faisait campagne pour la gratuité des repas scolaires pour les enfants. Il a tenté d’installer une tente près de la Cour constitutionnelle, à côté du monument à Memed Abashidze. La police l’a arrêté peu de temps après et un tribunal l’a ensuite reconnu coupable d’une infraction administrative.
Étude GYLA : Les lois adoptées en Géorgie depuis 2024 affectent les droits fondamentaux
Selon l’Association des jeunes avocats géorgiens, bon nombre de ces changements ont servi à consolider le pouvoir politique et à restreindre les voix critiques.
Le gouvernement géorgien a fait valoir que la tente pourrait perturber les travaux de la Cour constitutionnelle. Il a également évoqué le risque de dommages au monument et les problèmes de sécurité potentiels liés à l’utilisation de feux d’artifice pendant les vacances du Nouvel An.
La Cour européenne a cependant jugé ces arguments insuffisants. Dans son jugement, le tribunal a déclaré que les autorités nationales n’avaient pas réussi à démontrer pourquoi une telle ingérence dans les droits de Karchava était nécessaire.
Le tribunal a également noté que la tente n’était pas située suffisamment près pour constituer une véritable menace pour le monument. Elle n’a trouvé aucune preuve d’un risque réel de dommages et a souligné qu’aucun événement spécifique impliquant des feux d’artifice n’était prévu sur le site.
« 41 pas vers la Russie » – Rapport de Transparency International sur la politique du Rêve géorgien
Répression, consolidation du pouvoir et éloignement de l’Europe

La CEDH a également souligné que la détention administrative d’une journée de Karchava pourrait avoir eu un effet dissuasif sur d’autres personnes, décourageant les citoyens de participer à des manifestations ou d’exercer leur droit d’exprimer leur désaccord.
La CEDH se prononce contre la Géorgie