L’opposition arménienne conteste les résultats des élections
Les tensions post-électorales se poursuivent en Arménie, l’alliance d’opposition Arménie Forte ayant annoncé avoir déposé une requête auprès de la Cour constitutionnelle visant à faire invalider les résultats des élections.
En vertu de la loi arménienne, les partis politiques et les alliances électorales ayant participé aux élections ont le droit de contester les résultats devant la Cour constitutionnelle. Les candidatures doivent être déposées dans les cinq jours suivant la publication officielle des résultats.
La Commission électorale centrale a annoncé les résultats définitifs le 14 juin. Plusieurs autres groupes politiques ont également déclaré leur intention de suivre l’exemple d’Arménie Forte et de faire appel à la Cour, notamment le Parti Arménie Prospère, les Ailes de l’Unité, la Démocratie, le Droit et la Discipline, la Force Nouvelle, ainsi que l’alliance Arménie et le bloc Pour la République-Union des Défenseurs de la Démocratie.
Avant que la Cour constitutionnelle puisse examiner le recours de l’Arménie Forte, plusieurs étapes procédurales doivent toutefois être franchies. Dans les deux jours suivant le dépôt, le tribunal tiendra une audience de procédure pour déterminer si la demande est recevable.
« Si la demande est acceptée pour examen, un juge rapporteur est nommé pour préparer le dossier au contrôle judiciaire. La Cour constitutionnelle est tenue d’examiner l’affaire et de rendre une décision au plus tard 15 jours après l’enregistrement de la demande », a indiqué le tribunal.
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La Cour constitutionnelle entendra l’affaire lors d’une procédure orale
En vertu de la loi arménienne sur la Cour constitutionnelle, la Cour connaît des affaires concernant les résultats des élections législatives par le biais d’une procédure orale.
La Commission électorale centrale est automatiquement impliquée dans le processus en tant que défendeur. La Cour constitutionnelle peut également, soit à la demande d’une partie, soit de sa propre initiative, impliquer, si nécessaire, des institutions de l’État ou des collectivités locales comme codéfendeurs.
Le tribunal peut faire appel à des tiers à tout stade de la procédure.
Il s’agit notamment des partis politiques ou des alliances électorales dont les droits ou les intérêts pourraient être affectés.
« Si une décision de la Cour constitutionnelle affecte directement des tiers, le tribunal doit les impliquer dans la procédure », précise l’article 77 de la loi.
La Cour constitutionnelle a également le pouvoir de :
- demander des preuves aux organes de l’État, aux autorités locales, aux tribunaux et aux parquets ;
- établir un groupe de travail réunissant des experts dans les domaines concernés.
Le tribunal rend ses décisions en séance publique dans tous les cas. Les audiences sont également publiques, à moins qu’une majorité des juges ne vote pour clôturer la procédure.
Toute décision de clôture d’une audience doit être motivée. Une telle mesure peut être prise pour protéger :
- la vie privée des participants à la procédure ;
- les intérêts des mineurs ou l’administration de la justice ;
- sécurité de l’État;
- l’ordre public ou la moralité publique.
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Quelles décisions la Cour constitutionnelle peut-elle prendre ?
En vertu du droit arménien, la Cour constitutionnelle peut rendre une ou plusieurs décisions après avoir examiné un litige électoral.
Il peut :
- Maintenir la décision adoptée sur la base des résultats des élections ;
- Annuler la décision basée sur les résultats des élections et : a) déclarer les résultats des élections invalides ; b) déclarer les résultats des élections invalides et déterminer une nouvelle répartition des mandats parlementaires ; c) ordonner un second tour des élections.
La Cour constitutionnelle a le pouvoir d’invalider les résultats des élections si elle constate des violations des droits électoraux garantis par la Constitution.
L’article 7 de la Constitution arménienne stipule que les élections à l’Assemblée nationale et aux conseils locaux, ainsi que les référendums, doivent respecter les principes du suffrage universel, égal, libre et direct au scrutin secret.
La loi sur la Cour constitutionnelle autorise le tribunal à invalider les résultats des élections si :
- bien qu’il ait épuisé tous les moyens légaux pour obtenir des preuves, le tribunal ne peut pas établir le résultat réel de l’élection ;
- des preuves crédibles montrent que les acteurs ont commis des violations généralisées, systématiques ou organisées, et que ces violations faisaient partie d’un schéma plus large de fautes.
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Renouvellement du vote ou nouvelles élections : que se passe-t-il si le tribunal invalide les résultats ?
En vertu du Code électoral arménien, les autorités peuvent organiser un nouveau vote impliquant la même liste de partis au plus tôt 15 jours et au plus tard 30 jours après l’entrée en vigueur d’une décision de justice invalidant les résultats des élections.
L’article 101 du code stipule que les autorités doivent organiser de nouvelles élections législatives si le tribunal invalide également les résultats du nouveau vote. Ils doivent le faire au plus tard 70 jours après l’entrée en vigueur de la décision.
Si le tribunal ordonne de nouvelles élections, le président doit publier un décret fixant la date du vote dans les sept jours suivant la décision.
La commission électorale arménienne lève l’immunité de l’ex-président Robert Kocharyan
Les procureurs n’ont pas encore révélé les accusations qu’ils entendent porter contre Kocharyan, qui dirige l’alliance arménienne. Le bloc a remporté des sièges au Parlement lors des récentes élections, ce qui signifie que seule la Commission électorale centrale avait le pouvoir de décider de lui retirer son immunité ou de rejeter la demande.

Que se passe-t-il si un nouveau parlement n’est pas en place avant l’expiration du mandat en cours ?
Si la Cour constitutionnelle confirme les résultats des élections, la première séance du parlement nouvellement élu aura lieu le 2 août.
En vertu de l’article 90 de la Constitution arménienne, le mandat d’un parlement nouvellement élu commence le jour de l’expiration du mandat de la législature précédente.
En toutes circonstances, le mandat de l’Assemblée nationale sortante se termine comme prévu
Le mandat de la législature actuelle peut expirer avant qu’un nouveau parlement ne soit en place. Dans ce cas, le parlement nouvellement élu commencera ses travaux une fois formé.
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La Russie allègue des violations électorales malgré les évaluations positives des observateurs. Le politologue Areg Kochinyan estime que Moscou pourrait préparer une nouvelle vague d’attaques hybrides contre l’Arménie par l’intermédiaire de ses alliés locaux

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