L’affaire Amaglobeli examinée par la Cour européenne
Les poursuites judiciaires concernant le cas de la journaliste géorgienne Mzia Amaglobeli restent à l’examen devant la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg.
Amaglobeli purge une peine de deux ans de prison après qu’un tribunal l’a reconnue coupable d’avoir giflé un policier. L’Association géorgienne des jeunes avocats (GYLA) a fait état de cette mise à jour.
Tous les détails de l’affaire contre la journaliste géorgienne Mzia Amaglobeli
L’audience a duré neuf heures. L’avocat a qualifié le procès d’historique et a évoqué des falsifications dans l’affaire. Le verdict dans l’affaire Mzia Amaglobeli est attendu le 4 août
La première candidature, Amaglobeli contre Géorgie (No 13661/25), concerne l’arrestation et la détention provisoire de Mzia Amaglobeli en janvier 2025. Selon l’Association géorgienne des jeunes avocats (GYLA), les autorités ont violé plusieurs articles de la Convention européenne des droits de l’homme. Ceux-ci incluent le droit à la liberté et à la sécurité, le droit à un procès équitable, le droit à la vie privée, la liberté d’expression et le droit à un recours effectif. Les avocats ont déposé la requête auprès de la Cour européenne des droits de l’homme le 28 avril 2025.
Le 31 octobre 2025, le gouvernement géorgien a soumis ses observations écrites au tribunal. Il a rejeté toutes les allégations. Le gouvernement a déclaré que l’arrestation et la détention provisoire qui a suivi étaient conformes aux obligations de la Géorgie en vertu de la Convention.
Amaglobeli a été arrêté lors d’une manifestation à Batoumi en janvier 2025.
GYLA souligne que l’État géorgien n’a jamais nommé la personne qui a procédé à l’arrestation. Cela vaut tant au niveau national que devant le tribunal de Strasbourg. L’organisation affirme que le gouvernement n’a pas non plus fourni de motifs raisonnables permettant de soupçonner un crime. Il ajoute que les autorités n’ont présenté aucune preuve justifiant la détention.
Du point de vue de la défense, les arguments de l’État manquent de cohérence. D’une part, le gouvernement lui-même reconnaît que la qualification juridique dépend non seulement du préjudice causé mais aussi du contexte et de l’intention présumée. D’un autre côté, elle n’a produit aucune preuve neutre pour étayer les allégations concernant l’intention d’Amaglobeli. Selon GYLA, les séquences vidéo soumises ne permettent d’identifier ni l’infraction elle-même ni « l’intention de l’auteur ».
Le Département d’État américain exprime son inquiétude face à la répression contre les critiques du gouvernement en Géorgie
Le Département d’État américain réagit à la condamnation de la journaliste géorgienne Mzia Amaghlobeli

Le recours à la détention provisoire à titre préventif a suscité des critiques particulières. L’État continue de répéter les arguments avancés au niveau national. Il s’agit notamment des risques de fuite, de pressions sur les témoins et de commission de nouveaux délits. Au niveau international, cependant, aucune preuve n’est venue étayer ces affirmations.
De plus, les autorités se sont appuyées sur des dossiers administratifs pour justifier la détention. À l’époque, ces affaires n’avaient ni abouti à une décision définitive ni achevé la procédure judiciaire.
L’Association des jeunes avocats géorgiens affirme que les autorités ont violé la présomption d’innocence dans ces circonstances. Selon l’organisation, Mzia Amaglobeli a en effet dû prouver son innocence dans des affaires parallèles toujours pendantes.
Des documents supplémentaires soumis par la défense à Strasbourg suggèrent également un possible motif politique. GYLA fait référence aux déclarations publiques des représentants du parti au pouvoir en Géorgie. Dans ces déclarations, ils ont qualifié Amaglobeli de coupable même si aucune décision définitive dans son affaire n’avait été rendue à l’époque.
Le dossier comprend également une expertise du téléphone portable d’Amaglobeli. Selon GYLA, les autorités l’ont fait illégalement. Après près de neuf mois d’enquête, l’examen n’a pas permis de confirmer l’affirmation du parquet selon laquelle l’attaque contre le policier avait été planifiée à l’avance. Les avocats des droits de l’homme affirment que le processus a violé le droit d’Amaglobeli à la vie privée et à la liberté d’expression. Ils soutiennent également que cela l’a privée d’un recours juridique effectif.
La journaliste géorgienne Mzia Amaglobeli marque un an de détention alors que l’UE demande à nouveau sa libération
La délégation de l’UE en Géorgie a réaffirmé la position commune de 24 missions diplomatiques, qui ont décrit le cas d’Amaglobeli comme un symbole d’intimidation et de persécution des journalistes en Géorgie.

L’affaire Amaglobeli examinée par la Cour européenne