Défense territoriale en Azerbaïdjan
Selon une étude du Caspian Research and Analysis Center, des modifications de la «loi sur la défense», adoptée par le Parlement le 14 juillet et signée par le président le 11 août, élargissent la portée du modèle de défense territoriale.
Depuis 1993, l’article 17 a défini la défense territoriale en grande partie comme la responsabilité des forces armées et des structures militarisées. Dans le cadre de la nouvelle version, cette tâche doit être effectuée par les forces armées en coordination avec les organismes publics, les autonomies locales et les entités juridiques. De cette façon, une base juridique est créée pour l’implication systématique des acteurs civils dans le mécanisme de défense.
Bien que l’amendement ait été adopté sans débat public, son échelle et sa logique soulèvent des questions: le modèle représente-t-il une évolution vers la «défense totale» avec la responsabilité démocratique, ou concerne-t-il la militarisation de la sphère civile et l’approfondissement du contrôle centralisé?
Le Caspian Research and Analysis Centre évalue que l’amendement établit un cadre juridique pour un modèle de défense multi-acteurs avec une composante civile et ouvre la voie à la «défense totale». Vous trouverez ci-dessous les extraits clés de l’étude.
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Que change l’amendement?
- Portée plus large: la défense territoriale impliquera désormais non seulement les troupes de l’armée, des frontières et internes, mais aussi des organismes d’État, des municipalités et des entités juridiques en action coordonnée.
- Combler une lacune – en partie: depuis 1993, l’article n’a pas défini le concept lui-même; La nouvelle version présente une définition conceptuelle. Cependant, le «règlement sur la défense territoriale» envisagé depuis longtemps n’a toujours pas été adopté – un sous-document clé nécessaire pour que le nouveau système fonctionne.
- La coordination en temps de paix: la loi «sur la loi martiale» a déjà établi des mécanismes de mobilisation. L’amendement indique la préparation de ces ressources de manière coordonnée, même en temps de paix.
Contexte régional: une vague parallèle
L’étude note que le mouvement de l’Azerbaïdjan n’est pas unique dans la région et coïncide avec les tendances similaires de 2023-2025:
- Kazakhstan (30 juin 2025): La loi «sur la défense territoriale» a créé un modèle civil-militaire mixte, impliquant des troupes territoriales, des forces de l’ordre, des unités spéciales et des groupes d’autodéfense. En cas d’urgence, les bénévoles peuvent bénéficier du statut militaire.
- L’Arménie (février 2025): «Les unités d’autodéfense des gens» ont été transformées en «forces de défense territoriales», formées volontairement des réserves, avec des priorités sur le soutien de l’armée régulière et la lutte contre le sabotage.
- Ukraine (loi 2021; modification de 2024): Dans le cadre de la «résistance nationale», la défense territoriale est définie comme un système de mesures national, avec une coopération civile-militaire soulignée comme un élément clé.
Ces parallèles reflètent deux logiques: (1) l’adaptation aux menaces hybrides et la nécessité d’une réponse locale rapide, et (2) un apparition plus large – et souvent moins cher, plus flexible – un potentiel de mobilisation.
Cadre conceptuel: Défense territoriale – «Défense totale»
Dans la littérature internationale, la défense territoriale est généralement décrite comme un concept défensif et non offensif, basé sur la résistance interne et la mobilisation. Au 21e siècle, l’OTAN et surtout la pratique scandinave a élevé cela au modèle de «défense totale»: l’État, le secteur privé, les municipalités, la société civile et le public soutiennent les «fonctions vitales» de la sécurité au sein d’un réseau – leadership, la sécurité interne, les chaînes d’approvisionnement, l’infrastructure, la résilience psychologique, et ainsi de suite.
La nouvelle version de l’Azerbaïdjan, en apportant officiellement des acteurs civils, est un pas dans cette direction. La différence est que dans la pratique de la Scandinavie et de l’OTAN, le système est construit sur la surveillance parlementaire, la transparence et le débat public, tandis que dans l’espace post-soviétique, le processus a tendance à être plus militarisé et centralisé.
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La question de la gouvernance: surveillance ou centralisation démocratique?
Dans le contexte du solide modèle présidentiel et de la concurrence politique limitée de l’Azerbaïdjan, le nouveau cadre pourrait conduire dans deux directions très différentes:
Scénario positif – Transformation démocratique:
- Véritable contrôle parlementaire sur les budgets et les opérations;
- Adoption de la «réglementation tant attendue sur la défense territoriale» avec des rôles clairs, des droits / responsabilités, de la transparence et de la surveillance civile;
- Autonomiser les municipalités et les communautés locales avec autorité et ressources;
- Stratégies ouvertes pour la préparation civile (sécurité de l’offre, infrastructures critiques, cyber-résilience);
- Les systèmes de personnel, de formation et de réserve alignés sur le bénévolat, les garanties légales et les normes humanitaires.
Scénario négatif – durcissement autoritaire:
- La militarisation de la sphère civile et les restrictions sur les informations sous la bannière de la «sécurité nationale»;
- De larges puissances concentrées de manière non transparente et centralisée;
- L’autonomie gouvernementale locale a réduit à un participant en jeton;
- La baisse de la confiance du public et une éventuelle coordination s’effondrent dans une véritable guerre.
En fin de compte, le même modèle juridique peut à la fois renforcer la dissuasion et resserrer le contrôle politique – le facteur décisif est la qualité de la gouvernance.
Exigences pratiques: ce qui est nécessaire pour que le modèle fonctionne?
- Cadre réglementaire: adoption d’un règlement sur la défense territoriale, avec des règles claires sur le statut, la formation, l’assurance, la rémunération et la responsabilité des citoyens.
- Suppression parlementaire et public: suivi des dépenses de défense, mise en œuvre des plans locaux et examen juridique des décisions d’urgence.
- Planification locale: plans de résilience secteur par secteur (énergie, eau, transport, santé, communications) pour les municipalités et les entités juridiques.
- Préparation civile et sécurité de l’offre: stocks, production à double usage, redondance des infrastructures critiques et mécanismes de récupération rapide.
- Environnement cyber et de l’information: coordination civile-militaire contre la désinformation, avec des protocoles de communication clairs.
- Volunteariat et droits de l’homme: La participation à la participation est volontaire, la formation répond aux normes de sécurité et les garanties juridiques existent pour l’interaction civil-militaire.
- Communication transparente: Réponses publiques claires à «Pourquoi, comment, avec qui»; La confiance est la véritable force de la défense.
Conclusion
L’amendement juridique signale un changement dans l’architecture de défense de l’Azerbaïdjan vers un modèle multi-acteur coordonné impliquant des civils, et il ouvre la voie potentielle vers la «défense totale». Sa synchronicité avec des étapes régionales similaires suggère une intention de s’adapter aux menaces hybrides. Pourtant, ce modèle ne peut assurer la sécurité et la dissuasion que si les institutions démocratiques fonctionnent correctement, avec une surveillance parlementaire et publique, une base réglementaire transparente et des capacités locales. Sinon, le mandat élargi pourrait plutôt conduire à la militarisation de la sphère civile, à une centralisation plus profonde et à l’efficacité en baisse.