Un tribunal de Paris juge sept ressortissants géorgiens accusés d’avoir volé des éditions rares de livres d’auteurs russes de renom, dont Alexandre Pouchkine, dans des bibliothèques de toute la France. S’ils sont reconnus coupables, chacun risque jusqu’à 10 ans de prison.
France 24 a rapporté que cette affaire fait partie d’une série de vols similaires dans des bibliothèques à travers l’Europe, ce qui laisse soupçonner qu’un réseau organisé pourrait être impliqué.
Les prévenus ont été accusés d’association de malfaiteurs et d’intention de commettre un délit, tandis que certains d’entre eux font également face à des accusations liées au vol d’un objet culturel exposé.
Selon le rapport, deux des sept suspects sont recherchés et jugés par contumace. Deux autres personnes, identifiées comme Mikheil Z. et Beka T., ont déjà été condamnées dans d’autres pays de l’UE – le premier en Lituanie et la seconde en Estonie – pour des infractions similaires et ont été temporairement transférées en France pour y être jugées.
Dans le cas français, les suspects auraient ciblé deux bibliothèques à Paris et une à Lyon. Tous les incidents ont eu lieu en 2023.
« Selon les enquêteurs, les voleurs se sont rendus dans les bibliothèques pour consulter des œuvres rares et précieuses, les photographier et les mesurer, et sont revenus plus tard pour les remplacer par des copies pratiquement indétectables », France 24 noté.
Décrivant le cas d’un accusé, France 24 a rapporté que Mikheil Z. s’est rendu à la Bibliothèque nationale de France à Paris 40 fois en huit mois en 2023, demandant à plusieurs reprises l’accès principalement aux œuvres de Pouchkine. Il aurait affirmé travailler sur une étude sur la démocratie dans la littérature russe du XIXe siècle.
Le personnel de la bibliothèque a finalement découvert que neuf ouvrages avaient été remplacés par des copies, avec des pertes estimées à 650 000 € (750 000 $). Bien que Mikheil Z. ait reconnu le vol, il a nié avoir travaillé en coordination avec les autres accusés, affirmant qu’il avait agi par intérêt financier et qu’il avait vendu les livres en Russie.
« Aux yeux des juges d’instruction, ces vols pourraient être liés à une volonté de rapatrier le patrimoine culturel russe à l’heure où les relations de Moscou avec l’Europe sont de plus en plus tendues suite à l’invasion russe de l’Ukraine », France 24 signalé.