À l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, des organisations non gouvernementales géorgiennes ont publié une déclaration commune accusant les autorités de permettre que la torture et les mauvais traitements deviennent un problème systémique et de les utiliser à des fins politiques.
Le communiqué indique que, malgré les engagements nationaux et internationaux de la Géorgie, l’État a passé des années à créer un environnement qui encourage la torture et les mauvais traitements. Les organisations affirment également que les autorités ne parviennent pas à demander des comptes aux responsables et ignorent les recommandations des organisations internationales et des groupes locaux de défense des droits humains.
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Selon les ONG, le problème est devenu particulièrement aigu lors des manifestations de novembre et décembre 2024. Elles affirment que les forces de l’ordre ont eu recours à la torture et aux mauvais traitements contre des manifestants pacifiques entre le 28 novembre et le 7 décembre 2024, ainsi que le 2 février 2025.
Les organisations affirment que la documentation collectée par les groupes locaux de défense des droits de l’homme soutient ces affirmations. Ils citent également les rapports du Défenseur public géorgien et des organismes de surveillance internationaux, notamment le Comité européen pour la prévention de la torture et le mécanisme de Moscou de l’OSCE.
La déclaration fait également référence aux manifestations du printemps 2024, lorsque des groupes de défense des droits ont également documenté des cas de mauvais traitements de la part des forces de l’ordre.
Les organisations attirent particulièrement l’attention sur l’utilisation d’équipements spéciaux lors des manifestations de 2024. Ils soutiennent que l’ajout de produits chimiques irritants aux canons à eau sans cadre juridique clair équivaut à l’utilisation d’armes expérimentales.
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Selon l’organisation, les autorités utilisent les institutions de l’État pour réprimer la dissidence.

Le communiqué cite également des chiffres du Défenseur public géorgien. Entre le 1er mars 2025 et le 20 février 2026, des représentants du bureau du médiateur ont rendu visite à 131 personnes arrêtées lors de manifestations. Parmi eux, 35 ont affirmé avoir été maltraités par la police, tandis que 17 présentaient des blessures visibles.
Les ONG évoquent également des cas dans lesquels des personnes arrêtées en 2025 ont déclaré que la police les avait forcées à se déshabiller complètement sous prétexte d’une fouille personnelle. Les organisations affirment que cette pratique porte atteinte à la dignité humaine et viole les normes internationales.
Les auteurs de la déclaration affirment que les audiences judiciaires tenues en 2025 et 2026 ont identifié au moins 17 cas dans lesquels des personnes détenues pour des raisons pénales dans le cadre de rassemblements de protestation ont allégué des mauvais traitements.
Les organisations affirment que le problème s’étend au-delà des manifestations. Ils citent l’agression collective présumée d’un civil par des policiers dans la ville de Gori en mai 2026. Ils font également référence à des images diffusées par TV Pirveli le 13 juin, qui montrent selon eux des violences contre des détenus à l’intérieur d’un commissariat de police.
Selon le communiqué, l’inefficacité des enquêtes publiques, la mauvaise classification des infractions présumées et l’impunité des responsables ont renforcé la pratique de la torture et des mauvais traitements. Les organisations affirment également que les policiers ne sont toujours pas tenus de porter des caméras corporelles, que les policiers manquent souvent de badges d’identification et que la suppression du Service d’enquête spéciale en 2025 a encore affaibli le mécanisme permettant d’enquêter de manière indépendante sur les allégations d’abus policiers.
Les auteurs critiquent également l’approche des autorités à l’égard de la société civile. Ils soutiennent que le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, tente de restreindre le travail des organisations non gouvernementales par le biais de lois restrictives, de désignations d’agents étrangers, de menaces de responsabilité pénale et d’autres mesures. En conséquence, disent-ils, les victimes présumées de torture se retrouvent sans soutien juridique, psychologique et autre.
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La Géorgie se classe également au deuxième rang européen en termes de nombre de prisonniers pour 100 000 habitants.

Les ONG concluent que la torture et les mauvais traitements sont devenus une pratique systémique et répandue en Géorgie qui sert à renforcer un régime autoritaire.
Les organisations terminent le communiqué par une série de recommandations à l’adresse des autorités. Entre autres mesures, ils demandent une enquête indépendante et efficace sur les allégations de violences lors des manifestations de 2024, la responsabilisation des responsables présumés et de leurs supérieurs, des caméras corporelles obligatoires pour les policiers, des badges d’identification obligatoires sur les uniformes de police, l’interdiction de la pratique consistant à forcer les détenus à se déshabiller complètement, une interdiction explicite d’ajouter des agents chimiques aux canons à eau, ainsi que la réhabilitation et l’indemnisation des victimes de torture et de mauvais traitements.
Déclaration d’ONG géorgiennes sur la torture en Géorgie