À l’occasion de la Journée internationale de l’enfance, le Partenariat pour les droits de l’homme (PHR) a déclaré que, malgré les garanties juridiques existantes, la Géorgie reste confrontée à de sérieux défis en matière de protection des droits des enfants.
La Journée internationale de l’enfance tombe le 1er juin. En 1989, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Convention relative aux droits de l’enfant, qui couvre toute personne de moins de 18 ans. La Géorgie a adhéré à la convention en 1994 et s’est engagée à faire respecter et à protéger les droits qu’elle garantit.
PHR a souligné que l’obligation de l’État de protéger les droits des enfants à la vie, à la santé, au développement, à l’éducation, à la sécurité, à la protection sociale et à la dignité découle à la fois de la législation géorgienne et des conventions internationales. Toutefois, l’organisation affirme que les autorités ne remplissent souvent pas ces obligations dans la pratique.
Dans sa déclaration, PHR a identifié la prévention de la violence contre les enfants et les réponses aux cas d’abus comme parmi les questions les plus urgentes. L’organisation affirme que les enfants victimes de violences restent souvent invisibles aux yeux des institutions chargées de les protéger.
A titre d’exemple, PHR a cité le cas d’une mineure victime d’abus sexuels. Les agences d’État n’ont eu connaissance de l’affaire qu’après que l’enfant a réussi à s’échapper de chez lui et à demander de l’aide de manière indépendante.
Près de 380 000 enfants enregistrés dans la base de données socialement vulnérables de Géorgie
Selon le rapport du médiateur, plus de 278 000 enfants reçoivent une allocation de subsistance
PHR souligne également la pauvreté des enfants comme une préoccupation majeure. Selon l’organisation, des milliers d’enfants vivent encore dans des conditions qui limitent leur accès à l’éducation, aux soins de santé, aux activités culturelles et aux services sociaux. Il indique que les enfants vivant dans les régions, ceux issus de familles socialement vulnérables et les enfants handicapés sont confrontés à des conditions particulièrement difficiles.
L’organisation de défense des droits humains critique également le traitement réservé par l’État aux mineurs qui participent à des rassemblements de protestation. Selon le communiqué, les enfants ont été victimes de violences et de détentions lors des manifestations au lieu de bénéficier d’une protection spéciale. PHR soutient que l’État a le devoir de garantir leur sécurité et de protéger leurs droits fondamentaux, y compris la liberté d’expression.
L’organisation a également exprimé son inquiétude face à l’approche de plus en plus restrictive du gouvernement à l’égard des mineurs. Il évoque le projet de créer un « Foyer de réadaptation et d’accompagnement pour mineurs en conflit avec la loi » pour les enfants âgés de 10 à 14 ans. Cette initiative permettrait aux autorités de restreindre la liberté des enfants qui n’ont pas encore atteint l’âge de la responsabilité pénale.
PHR soutient qu’une telle approche contredit les principes fondamentaux de la Convention relative aux droits de l’enfant, qui donne la priorité à l’intérêt supérieur de l’enfant, traite la privation de liberté comme une mesure de dernier recours et promeut des politiques fondées sur la réadaptation. L’organisation affirme également que la création d’institutions fermées va à l’encontre des normes internationales de désinstitutionnalisation.
La déclaration accorde une attention particulière à la situation des enfants handicapés. PHR cite des cas impliquant des enfants atteints de dystrophie musculaire de Duchenne, dont les familles ont passé des mois à exiger que l’État leur fournisse des soins médicaux vitaux. Selon l’organisation, lorsque ces enfants et leurs familles se rassemblent en dehors des institutions publiques, ce sont souvent les policiers qui les rencontrent à la place des fonctionnaires chargés de répondre à leurs préoccupations.
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Depuis un an, les parents d’enfants atteints d’une maladie génétique rare et grave demandent aux autorités d’autoriser l’importation de médicaments coûteux.

Le groupe de défense des droits humains a également rappelé une affaire dans laquelle les autorités avaient suspendu les versements d’aide sociale à un enfant handicapé alors que les comptes bancaires de sa mère étaient saisis. Selon PHR, cette décision a privé l’enfant de ressources financières essentielles à la vie quotidienne et a mis en péril la satisfaction de ses besoins fondamentaux.
PHR affirme que ces exemples ne représentent qu’une partie des défis auxquels sont confrontés les enfants en Géorgie aujourd’hui. L’organisation souligne également l’accès limité aux services de santé mentale, les niveaux croissants d’abus en ligne, le manque de services adaptés pour les enfants handicapés et les lacunes d’un système judiciaire adapté aux enfants.
« Le 1er juin rappelle les obligations que l’État doit remplir tout au long de l’année. Tant que chaque jour reste une lutte pour la survie des enfants en Géorgie, cette journée ne peut pas non plus être véritablement une fête », » dit PHR.
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Droits des enfants en Géorgie