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Visite de George W. Bush en Géorgie le 10 mai 2005


TENIR SUR L'ESSENTIEL, LÂCHER LE SUPERFLU
mercredi 11 mai 2005, par Mirian Méloua

L'adhésion de la Géorgie à l'OTAN se fera, car elle sert les intérêts des Etats-Unis en Afghanistan et en Irak, mais aussi dans toute l'Asie Centrale et au Moyen-Orient. L'évacuation des bases militaires russes de Géorgie reste à négocier en tête-à-tête entre Moscou et Tbilissi.

Qui croyait que Vladimir Poutine avait les moyens de s'opposer à l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN ? George W. Bush a rappelé le contraire à Tbilissi. L'oléoduc Bakou - Tbilissi - Ceyhan, qui devrait être mis en service dans quelques semaines, en aura bien besoin.

Qui croyait que George W. Bush aurait invectivé Vladimir Poutine pour des questions de détail ? Peut-être la Géorgie, qui de président en président, de ministre des affaires étrangères en ministre des affaires étrangères, d'ambassadeur à Moscou en ambassadeur à Moscou, s'échine depuis 1999 à essayer de renvoyer dans leurs foyers les quelques milliers de soldats russes basés sur son territoire.

Le 25 avril 2005, le tocsin a sonné. L'OSCE s'est félicitée. Les ministres des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, et géorgien, Salomé Zourabichvili, sont parvenus à un accord verbal pour une évacuation complète des bases russes d'Akhalkalaki et de Batoumi au 1er janvier 2008.

Le 3 mai, le président Saakachvili a rappelé qu'il était disposé à accepter les propositions qui permettraient de mettre fin à la situation actuelle avant la fin de son mandat, en 2009. Peut-être pour solliciter un second mandat. D'ailleurs, puisque les élections parlementaires se tiendront en 2008, une évacuation des bases avant le 1er janvier 2008 serait encore mieux.

Vladimir Poutine n'a pas voulu faire ce cadeau à son ami Mikhaïl Saakachvili. À moins qu'il ait cédé à son lobby militaire, encore traumatisé par le retrait accéléré de l'armée Rouge des pays de l'Est ... à l'instigation d'un certain Edouard Chevardnadzé !

En tout cas, le ministre russe de la défense, Sergueï Ivanov, a déclaré le 4 mai que quatre années au moins seraient nécessaires. Son chef d'Etat Major, le général Youri Balouevsky, a renchéri le 11 mai, en ajoutant que rien ne pourrait commencer avant 2006, et qu'il fallait disposer d'un budget de 300 millions de dollars. Donc pas de possibilité avant les élections parlementaires et présidentielles géorgiennes.

Dans ces conditions, le 6 mai, Sergueï Lavrov et Salomé Zourabichvili ont rompu les négociations, tandis que George W. Bush déclarait que la question était une affaire bilatérale entre la Russie et la Géorgie.

Le 12 mai, la présidente du Parlement géorgien, Nino Bourdjanadzé, a rappelé que les députés avaient voté une résolution fixant la date ultime des négociations au 15 mai. Passé ce délai, les visas d'entrée en Géorgie des soldats russes seraient refusés et l'accès aux bases d'Akhalkalaki et de Batoumi serait entravé.

Condoleezaa Rice a déclaré qu'elle reviendrait bientôt à Tbilissi, peut-être après un nouveau voyage à Moscou. Mikhaïl Saakachvili a déclaré à CNN qu'il serait patient pour l'évacuation des bases russes. Depuis deux siècles, les Géorgiens ont appris la patience avec les Russes. Ils l'apprennent aujourd'hui avec les Américains.

Mirian Méloua.



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