Dans une région rurale d’Espagne, un modèle agricole peu conventionnel est en train d’attirer l’attention d’économistes, d’agriculteurs… et même de gouvernements étrangers. Sans patron, sans hiérarchie classique, cette coopérative autogérée par ses membres connaît un succès économique inattendu.
Un fonctionnement horizontal… mais ultra-efficace
La coopérative, située en Andalousie, fonctionne sur un principe clair : chaque membre a une voix égale, peu importe son ancienneté ou sa fonction. Les décisions sont prises collectivement lors d’assemblées régulières, et les rôles sont tournants pour éviter toute concentration de pouvoir.
“Il n’y a pas de chef ici. Nous décidons ensemble, nous travaillons ensemble, et surtout, nous partageons les résultats”, explique Marta, membre active depuis 7 ans.
Une croissance qui fait réfléchir
Malgré l’absence de hiérarchie, les résultats économiques sont au rendez-vous. Mieux encore : le chiffre d’affaires a doublé en cinq ans, alors que de nombreuses exploitations agricoles voisines peinent à survivre.
| Année | Bénéfices nets estimés | Nombre de membres |
|---|---|---|
| 2019 | 240 000 € | 23 |
| 2024 | 520 000 € | 31 |
La coopérative mise sur des produits bio, une vente directe locale, et une transparence totale sur les coûts et les salaires.
Pourquoi ça marche ?
Plusieurs facteurs expliquent ce succès inattendu :
- Motivation collective élevée : chaque membre est aussi co-propriétaire.
- Répartition équitable des revenus : tous touchent un salaire identique.
- Aucune perte en “sur-management” : pas de coûts liés à une direction.
- Capacité à s’adapter rapidement grâce aux décisions prises ensemble.
Une exception qui inspire… ou un futur modèle ?
Si certains observateurs saluent une “bulle positive”, d’autres y voient un modèle d’avenir, en particulier dans les zones rurales où le renouvellement agricole est en crise.
L’université de Séville a récemment lancé une étude sur ce type de fonctionnement autogéré pour évaluer sa viabilité à grande échelle. Des groupes agricoles en France, au Portugal et même en Suède se sont déjà déplacés pour voir le modèle de leurs propres yeux.
Les membres ne veulent plus revenir en arrière
Pour ceux qui y travaillent, le verdict est sans appel : “On ne veut plus de chef. On veut juste que les décisions soient justes”, résume Antonio, l’un des fondateurs.
Et au vu des résultats, ils n’ont peut-être pas tort.
Souhaites-tu que je développe d’autres articles dans cette série sur des modèles alternatifs en Europe ?