Examen des relations Arménie-OTAN
« Réexaminer les relations entre l’Arménie et l’OTAN n’est plus un choix mais une nécessité », déclare l’analyste politique Narek Minasyan, expert au Centre d’études sur les politiques de sécurité.
Dans son article sur les liens de l’Arménie avec l’Alliance de l’Atlantique Nord, Minasyan souligne que le pays n’a jamais eu pour objectif d’adhérer à l’OTAN. Il ne voit pas non plus de demande d’adhésion dans les cercles politiques ou publics aujourd’hui. Dans le même temps, il note que les événements récents ont créé un « terrain favorable » pour élargir les relations avec l’alliance.
« Dans le contexte des changements régionaux, de l’inaction de l’OTSC dirigée par la Russie et des programmes de réforme de la défense en cours, une coopération plus approfondie avec l’OTAN pourrait jouer un rôle clé dans le renforcement du système de sécurité arménien. Elle pourrait également contribuer à diversifier la politique étrangère du pays », explique Minasyan.
Évaluant le cadre de partenariat actuel, il conclut que l’Arménie peut aligner ses capacités militaires et civiles sur les normes internationales. Il souligne que pour y parvenir, il n’est pas nécessaire d’adhérer pleinement à l’OTAN, ce qui impliquerait des obligations contraignantes au sein de l’alliance.
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L’Arménie a rejoint le Conseil de coopération nord-atlantique en 1992. Depuis 1994, la coopération bilatérale s’est développée dans le cadre du programme « Partenariat pour la paix » et plus tard à travers un plan d’action de partenariat individuel. Ce cadre a établi un dialogue politique avec l’alliance sur les questions de sécurité, les réformes de la défense et la formation professionnelle des forces armées.
Depuis les années 2000, l’Arménie a principalement travaillé avec l’OTAN dans le cadre de missions de maintien de la paix en Afghanistan et en Irak. Le pays continue également de participer à la mission au Kosovo.
Commentaire d’expert
L’analyste politique Narek Minasyan affirme que la révision des relations de l’Arménie avec l’OTAN est motivée par de nouvelles réalités géopolitiques, un large éventail de menaces à la sécurité et la nécessité du pays de maintenir la stabilité régionale.
Selon lui, il y a suffisamment de raisons pour cette démarche :
- les réalités régionales, notamment le nouveau statu quo formé après la guerre de 44 jours et le nettoyage ethnique au Karabakh, la participation gelée de l’Arménie au bloc militaire de l’OTSC dirigé par la Russie et les positions affaiblies de la Russie et de l’Iran dans la région ;
- la diversification de la politique étrangère de l’Arménie ;
- réforme des forces armées.
L’analyste politique estime que la révision des relations entre l’Arménie et l’OTAN pourrait contribuer à équilibrer la coopération de l’alliance dans la région. Il note que l’engagement de l’OTAN avec l’Arménie reste actuellement à son niveau le plus bas.
Minasyan a expliqué que la Géorgie entretient les liens les plus étroits avec l’OTAN et détient le statut de candidat à l’adhésion. L’Azerbaïdjan, comme l’Arménie, est un pays partenaire. Cependant, grâce à son alliance avec la Turquie, l’Azerbaïdjan a réalisé des progrès significatifs dans la réforme de ses forces armées selon les normes de l’OTAN, sur le modèle turc.
L’expert ajoute que la révision des relations avec l’alliance pourrait devenir un élément clé des efforts de l’Arménie pour diversifier sa politique étrangère.
Parlant des « progrès significatifs » dans le processus de diversification de ses relations extérieures, Minasyan rappelle que l’Arménie a réussi à :
- établir une coopération militaro-technique avec la France et l’Inde,
- former des partenariats stratégiques avec la Géorgie, la Chine et les États-Unis,
- approfondir les relations avec l’Union européenne (notamment en accueillant une mission de surveillance de l’UE à la frontière avec l’Azerbaïdjan et en recevant un soutien via la Facilité européenne pour la paix).
Selon l’analyste politique Narek Minasyan, l’OTAN pourrait jouer un rôle crucial dans la réalisation des objectifs définis dans le concept de transformation de l’armée arménienne pour 2024-2035 :
« Un processus de révision des relations avec l’OTAN est en train d’émerger. En outre, cela pourrait soutenir la réforme des forces armées arméniennes, renforcer les capacités de cybersécurité, accroître la résilience face aux menaces hybrides et améliorer la gestion des crises. »
Dans le même temps, il souligne que, dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale, l’Arménie doit prendre en compte :
- les relations complexes de la Russie et de l’Iran avec l’OTAN,
- Le rôle central de la Turquie dans l’alliance et son partenariat stratégique avec l’Azerbaïdjan.
Minasyan soutient que l’Arménie devrait renforcer ses liens avec l’OTAN selon le principe « d’approfondir la coopération sans créer de nouveaux défis de sécurité ».
Il recommande aux autorités arméniennes de se concentrer sur les programmes conçus pour les pays partenaires. Il suggère par exemple de renforcer le partenariat de l’OTAN à travers le programme « Renforcement des capacités de défense ». Cette initiative apporte déjà un soutien à plusieurs États non membres, dont la Géorgie et la Moldavie :
« Cela peut servir de plate-forme clé pour améliorer l’efficacité des institutions de défense, moderniser les systèmes d’éducation et de formation, améliorer la transparence de la gouvernance et aligner les structures de sécurité sur les normes internationales. »
L’analyste ajoute que la coopération entre l’Arménie et l’OTAN dans le secteur de la défense devrait donner la priorité non seulement au soutien technique et expert, mais également au développement du capital humain. Il espère que cette approche garantira la stabilité et la résilience à long terme du système de défense du pays.
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Selon l’analyste politique Gurgen Simonyan, le Caucase du Sud revêt une « importance stratégique » pour l’Alliance de l’Atlantique Nord et l’Arménie pourrait s’attendre à des « opportunités de coopération prometteuses ».
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