Rapport sur les droits de l’homme : Géorgie 2025
L’Association des jeunes avocats géorgiens a publié son rapport sur la situation des droits de l’homme en Géorgie en 2025, soulignant que l’année a été marquée par des restrictions aux libertés.
Selon le rapport, la tendance vers l’autoritarisme amorcée en 2024 s’est poursuivie. Il souligne que l’une des principales cibles de la répression a été la liberté d’expression, tandis que la situation concernant le droit de réunion pacifique a continué de se détériorer.
Le rapport sur les droits de l’homme, publié chaque année le 10 décembre, décrit les tendances et les schémas liés aux restrictions importantes des droits de l’homme.
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Que dit le rapport ?
- En 2025, la Géorgie a connu une année marquée par des restrictions des libertés. La consolidation d’un régime autoritaire et la restriction des droits ont particulièrement affecté la liberté d’expression, ainsi que les droits de réunion et d’association, piliers essentiels d’une démocratie qui fonctionne.
- Le renforcement du régime autoritaire qui a commencé en 2024 s’est poursuivi cette année, caractérisé par une atteinte délibérée aux droits de l’homme et à la démocratie par diverses méthodes, notamment des modifications du cadre juridique, des violences physiques, des arrestations et des amendes arbitraires, des procès à motivation politique et des campagnes de désinformation.
- La liberté d’expression est devenue l’une des principales cibles de la répression. Le cadre juridique régissant la liberté d’expression s’est détérioré, avec notamment l’interdiction d’insulter des agents publics et des hommes politiques, un affaiblissement des protections du débat public en vertu des lois sur la diffamation, une interdiction totale du financement étranger des radiodiffuseurs et des restrictions sur l’activité des médias devant les tribunaux.
- La situation concernant le droit de réunion pacifique s’est également détériorée. Le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, a introduit une série d’amendements incompatibles avec les droits de l’homme au Code des infractions administratives, au Code pénal et à la loi sur les rassemblements et les manifestations, a créé de nouvelles infractions et a considérablement augmenté les sanctions. Tout au long de l’année, les manifestants ont été confrontés à des détentions administratives arbitraires, à de lourdes amendes et à des violences physiques.
- Le droit d’association s’est également considérablement détérioré en 2025. En plus d’adopter de nouvelles lois répressives, Georgian Dream a ciblé la société civile par le biais d’enquêtes à motivation politique, de gels de comptes et d’interrogatoires.
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- L’un des problèmes les plus graves est celui de la justice pénale à motivation politique. Le suivi de 69 affaires pénales devant les tribunaux de première instance entre le printemps 2024 et septembre 2025 a montré que le recours aux poursuites pénales contre des militants visait non seulement à prévenir des crimes potentiels spécifiques, mais également à supprimer les droits à la liberté de réunion et d’expression.
- Les traitements brutaux infligés aux manifestants se sont poursuivis en 2025. Les responsables des actes de torture systématiques commis en novembre et décembre 2024 restent impunis.
- La situation des groupes vulnérables s’est aggravée. Tout au long de l’année 2025, le discours, les lois et les actions des autorités ont continué de saper les progrès réalisés au cours des années précédentes en matière d’égalité des sexes, tout en favorisant le sexisme, l’homophobie et la transphobie.
- Dans le contexte de la répression politique actuelle, les droits économiques, sociaux et culturels restent largement ignorés. En 2025, les conséquences désastreuses de la crise actuelle dans le pays sur le droit à un logement convenable et le droit de vivre dans un environnement sûr sont devenues de plus en plus évidentes.
- Plusieurs décès ont été enregistrés en 2025, apparemment dus à la négligence de l’État dans la protection du droit à la vie.
« L’Association des jeunes avocats géorgiens a réussi à préparer ce rapport malgré les attaques des médias de propagande, une législation restrictive et des représentants du gouvernement », a noté l’organisation.
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