Le commissaire du Conseil de l’Europe écrit au procureur de Géorgie
Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty, a envoyé une lettre au procureur général de Géorgie, Giorgi Gvarakidze. Il s’est dit préoccupé par l’absence de progrès tangibles dans les enquêtes sur les cas présumés de recours disproportionné à la force par les forces de l’ordre contre des manifestants et des journalistes fin 2024.
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La lettre fait référence aux conclusions du défenseur public géorgien. Ils soutiennent de nombreuses allégations de mauvais traitements infligés aux manifestants. Il s’agit notamment de rapports faisant état de torture et de menaces présumées de violences sexuelles contre des femmes.
Michael O’Flaherty exprime ses inquiétudes quant à l’efficacité des enquêtes lancées par le Service spécial d’enquête de Géorgie, puis transférées au bureau du procureur. Il note que des poursuites pénales sont ouvertes contre les manifestants et que des condamnations ont été prononcées. Dans le même temps, personne n’a encore été tenu pour responsable des violences présumées commises par des policiers.
O’Flaherty affirme également que l’utilisation d’agents chimiques pour disperser les manifestations doit faire l’objet d’une enquête approfondie. Il affirme que cela soulève de sérieuses questions sur la légalité, la nécessité et la proportionnalité du recours à la force. Ceci est particulièrement important étant donné la confirmation officielle que certaines substances chimiques ont été ajoutées aux canons à eau lors des manifestations.
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« Plus de 300 manifestants, dont la majorité ont été arrêtés, ont été victimes de violences et de tortures de la part des forces de l’ordre »

Le commissaire demande une enquête immédiate, approfondie, indépendante et efficace. Il demande instamment que toute personne responsable de violations des droits humains contre des manifestants soit tenue pour responsable et demande des informations actualisées sur les mesures prises.
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Arrière-plan
Le 18 décembre 2024, des organisations non gouvernementales géorgiennes ont discuté de ce qu’elles ont décrit comme des actes de torture et des traitements inhumains systématiques commis par des agents des forces de l’ordre à l’encontre de participants à des manifestations pro-européennes.
Selon des expertises, entre le 28 novembre et le 5 décembre 2024, le ministère de l’Intérieur a utilisé des substances chimiques ajoutées à des canons à eau pour disperser des manifestations pacifiques, ainsi que du gaz poivré, des gaz lacrymogènes et d’autres agents de contrôle des foules.
Le 1er décembre 2025, la BBC a publié un rapport affirmant que, sur la base des preuves recueillies, les autorités géorgiennes avaient utilisé des armes chimiques datant de la Première Guerre mondiale pour disperser les manifestations.
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SSG : « Le chlorobenzylidène malononitrile, qui n’est pas une substance interdite, a été ajouté aux canons à eau. Toutes les personnes interrogées par la BBC nient avoir dit quoi que ce soit sur l’utilisation de la substance toxique ‘kamit' »

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