L’OSCE sur les lois en Géorgie
L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe a publié un rapport sur les lois du « Rêve géorgien » qui restreignent la liberté d’expression, déclarant qu’elles devraient être abrogées.
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Dans son rapport du 12 novembre 2025, l’OSCE a conclu que les amendements législatifs adoptés en Géorgie en octobre 2025 violaient le droit à la liberté d’expression consacré par le droit international.
Le rapport met en avant les amendements en vertu desquels le blocage d’une route ou le port d’un masque lors d’une manifestation peuvent entraîner une détention pouvant aller jusqu’à 15 jours, la récidive pouvant entraîner des poursuites pénales.
L’évaluation critique de l’OSCE indique que la détention de citoyens ayant participé à des manifestations pacifiques constitue une violation des obligations internationales de la Géorgie en matière de droits humains.
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« Les amendements adoptés en octobre 2025 soulèvent des inquiétudes quant au non-respect par la Géorgie de ses obligations internationales en matière de droits de l’homme, en particulier les articles 9, 19 et 21 du Pacte des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques et les articles 5, 10, 11 et 18 de la Convention européenne des droits de l’homme. Ces amendements devraient être abrogés », a conclu l’OSCE.
L’OSCE a déclaré que les politiques du gouvernement Georgian Dream contredisaient directement les normes internationales, qui exigent le respect de la proportionnalité et de la non-discrimination lors de l’imposition de sanctions pour des infractions.
« La criminalisation d’un comportement qui peut être licite au regard du droit international équivaut à une privation arbitraire de liberté, qui viole l’article 9 du Pacte des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques et l’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme », indique l’évaluation de l’OSCE.
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Le 17 octobre, le parti au pouvoir, le Rêve géorgien, a approuvé de nouveaux amendements répressifs visant les participants aux manifestations.
Modifications du code administratif
Ils complètent l’article 174, partie 10 du Code des infractions administratives, en vertu duquel un participant à une manifestation peut faire face à une arrestation administrative pour les actes suivants :
- couvrir le visage avec un masque ou un autre moyen ;
- possession de gaz lacrymogènes, d’agents neurotoxiques ou d’autres substances toxiques ;
- entraver délibérément la circulation des personnes ou des véhicules ;
- entraver l’ordre public et la sécurité maintenus par les policiers ;
- bloquer partiellement ou totalement une route lorsque le nombre de manifestants permet à la manifestation de se dérouler sans bloquer la route.
La violation de ces interdictions entraîne les sanctions suivantes :
- arrestation administrative pouvant aller jusqu’à 15 jours pour les participants ;
- arrestation administrative pouvant aller jusqu’à 20 jours pour les organisateurs.
Une arrestation administrative pouvant aller jusqu’à 60 jours s’applique si les participants :
- transporter des armes à feu, des explosifs, des substances inflammables, des matières radioactives, des armes blanches ou des pièces pyrotechniques ;
- transporter des objets ou des substances pouvant être utilisés pour nuire à la santé ou à la vie des manifestants ou d’autres personnes ;
- participer à une manifestation interdite par le ministère de l’Intérieur en vertu de l’article 13, paragraphe 1 de cette loi.
Modifications du code pénal
Les violations répétées des actions ci-dessus au cours d’une année sont punies pénalement :
- une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an ;
- jusqu’à deux ans d’emprisonnement en cas de récidive ;
- des amendes ou une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an pour les mineurs ;
- jusqu’à quatre ans d’emprisonnement pour les organisateurs si leurs actes entraînent des conséquences graves.
Une troisième infraction à l’article 173 du Code des infractions administratives (« Défaut d’obéir à un ordre légal de police ou insulte à un agent ») sera considérée comme une infraction pénale et punie de :
- une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an ;
- jusqu’à deux ans d’emprisonnement en cas de récidive ;
- des amendes, des travaux correctifs ou une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à un an pour les mineurs.
L’organisation internationale de défense des droits humains Amnesty International a déclaré que l’adoption de ces lois répressives menace les droits à la liberté de réunion et d’expression.
L’OSCE sur les lois en Géorgie