Bilan des changements à Tskhinvali
Selon le Centre de justice sociale, les développements survenus ces dernières semaines dans la région géorgienne de Tskhinvali, occupée par la Russie, suggèrent que la Russie est entrée dans une nouvelle phase d’annexion de facto de la région.
L’organisation souligne deux développements clés : un nouvel accord signé entre Moscou et Tskhinvali le 9 mai 2026 et la nomination de Marat Kambolov, représentant de l’Ossétie du Nord, d’abord comme Premier ministre de facto de l’Ossétie du Sud, puis comme président de facto par intérim après la démission d’Alan Gagloev.
L’organisation affirme que ces évolutions indiquent que Moscou ne se contente plus d’exercer un contrôle indirect sur la région et s’oriente vers un régime administratif direct par le biais des autorités de facto.
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Commentaire de Tamta Mikeladze, directrice du Centre de justice sociale
Le Centre pour la justice sociale affirme que l’accord du 9 mai sur « l’approfondissement de la coopération alliée » a lancé une étape qualitativement nouvelle dans les relations entre la Russie et l’Ossétie du Sud. Selon l’organisation, le document va au-delà d’une coopération plus approfondie en matière de sécurité et d’économie. Il permet également aux citoyens d’un camp d’occuper des postes dans les organes étatiques et municipaux de l’autre.
L’organisation affirme que cette disposition a permis de nommer Marat Kambolov, un fonctionnaire du système administratif russe, à l’un des postes les plus élevés du gouvernement de facto de Tskhinvali.
Le Centre de justice sociale affirme que la nomination de Kambolov ne doit pas être considérée comme un changement de personnel de routine ou simplement comme une réponse technique à une crise politique locale. Il affirme que Moscou a directement inséré l’un de ses propres responsables administratifs dans le gouvernement de facto de Tskhinvali. Selon l’organisation, cela reflète l’intention de la Russie de réduire sa dépendance à l’égard des élites locales et de prendre le contrôle direct de pans clés de l’administration de la région.
Le Centre de justice sociale analyse les développements actuels dans le contexte de trois accords signés depuis 2008 et affirme qu’ils font partie d’une politique d’annexion cohérente et progressive.
Selon l’organisation, l’accord de 2008 a établi le cadre juridique de la présence militaire et politique de la Russie. L’accord de 2015 a approfondi l’intégration dans les domaines de la sécurité, des douanes, de la politique sociale et de l’administration publique. L’accord de 2026, affirme-t-il, marque une évolution vers l’intégration directe des institutions étatiques.
L’organisation affirme que le dernier accord va au-delà d’un modèle standard de coopération. Il comprend des mécanismes visant à créer un espace économique commun, à harmoniser les règles juridiques, à aligner la législation du travail et la législation sociale et à intégrer progressivement les systèmes d’infrastructure.
Selon l’évaluation du Centre de justice sociale, ces mesures créent les conditions non seulement pour étendre l’influence politique de la Russie, mais aussi pour donner aux citoyens, aux capitaux et aux institutions russes un accès plus large au territoire occupé.
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Le Centre de justice sociale souligne que les accords signés entre la Russie et les autorités de facto de Tskhinvali ne peuvent modifier le statut juridique de la région de Tskhinvali en tant que territoire géorgien sous occupation russe, même s’ils entraînent des conséquences pratiques importantes.
Selon l’organisation, les accords renforcent le contrôle effectif de la Russie sur la région, limitent davantage les choix politiques offerts à la population locale et élargissent l’implication militaire, économique et administrative de la Russie. Selon elle, ces évolutions aggravent la réalité d’une annexion de facto.
L’organisation critique également la réponse du gouvernement géorgien, estimant que celui-ci n’a pas pris de position claire et précise sur les derniers développements. Le Centre de justice sociale note que le Parlement a également rejeté une proposition visant à adopter une résolution spéciale concernant l’accord du 9 mai.
Selon l’organisation, ce silence est particulièrement troublant car les développements dans la région de Tskhinvali vont désormais au-delà des changements individuels de personnel et pointent de plus en plus vers l’intégration institutionnelle du territoire occupé par la Russie.
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Cette décision fait suite à l’accord du 9 mai 2026 entre la Russie et l’Ossétie du Sud autoproclamée.

Selon le Centre de justice sociale, l’accord de 2026 et la nomination de Kambolov créent ensemble une nouvelle réalité dans laquelle les autorités de facto de la région occupée sont de plus en plus intégrées dans le système administratif russe.
Le Centre de justice sociale appelle le gouvernement géorgien à :
- Décrire clairement et publiquement l’accord de 2026 et la nomination de Kambolov comme une nouvelle étape dans la politique d’annexion de la Russie ;
- Intensifier l’engagement diplomatique avec l’UE, l’ONU, l’OSCE, le Conseil de l’Europe et d’autres organismes internationaux pour présenter ces développements comme une menace sérieuse pour l’intégrité territoriale et la sécurité régionale de la Géorgie ;
- Exhorter les partenaires internationaux à ne pas reconnaître et à condamner tous les soi-disant accords d’intégration mis en œuvre par la Russie dans les territoires occupés ;
- Renforcer le suivi des droits de l’homme dans la région occupée, notamment en ce qui concerne les droits de propriété, la liberté de circulation, les droits sociaux, la citoyenneté, l’évolution démographique et la participation politique de la population locale ;
- Élaborer une politique cohérente et fondée sur les droits de l’homme en matière de désoccupation et de réconciliation.
Bilan des changements à Tskhinvali